Alors on danse, Stromae
mardi 15 mai 2012
Stromae, ce côté dérisoire qui fait mouche
Sur la pochette de Cheese Stromae ressemble aux personnages d'une ancienne pub Beneton, en plus dérisoire.... ça le rend intriguant (le côté dérisoire, pas Beneton). C'est pareil pour les chansons, il plane quelque chose de
désabusé / joyeux / fin du monde / techno / belge. Cette house music est un peu froide,
parfois proche du supermarché rayon cornichon, mais je dois vous avouer que j'aime bien
aussi Tourist (Blue Note 2000) de Saint Germain. L'album Cheese fonctionne très bien et c'est
tout à fait le genre de rengaine que je peux faire tourner plusieurs
fois par jours (il est possible que je développe pas une
allergie / overdose au bout d'un certain temps), mais jusqu'ici tout va bien.
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Libellés : chanson française/francophone, techno
vendredi 11 mai 2012
Twixt, pas un chef d'oeuvre...
... et c'est ce qui le rend tout à fait plaisant. Dès les premières images la volonté de construire un chef d’œuvre semble écartée ; le choix de la façon de filmer, d'appuyer quelques traits du genre (film d'épouvante) de façon un peu trop décalé nous met à l’abri de tout tape à l’œil et de démonstratif. Cette simplicité dans l'image et la narration participe à la réussite du film. Twixt propose le confort d'une vieille paire de chaussons. Quelques scènes sont très réussies, d'autres sont un peu bancales mais elles dégagent un parfum de film de genre des années 80 revisités 30 ans plus tard.
On pense à Tim Burton en plus épuré (Edouard aux mains d'argent), aux frères Coen (The Barber), à John Carpenter (L'antre de la folie) et à David Lynch (Twin Peaks). Le film aborde plusieurs thèmes : la perte d'un être aimé (un enfant), le processus de création artistique (traité avec un recul plaisant et une dose d'humour), le rejet d'une autre communauté/d'une autre génération (les jeunes de l'autre côté du lac) ; le temps qui passe, qui vient et qui est passé ; les fantômes. Le personnage central (un écrivain médiocre) est particulièrement bien joué par Val Kilmer et les rencontres avec Edgar Allan Poe (Ben Chaplin) sont un réel plaisir.
On ne ressort pas subjugué de Twixt, on peut même avoir ce sentiment, qu'il manque quelque chose au film... et pourtant il me semble que ce quelque chose coulerait l'étrange équilibre et la beauté légèrement gothique qui plane sur le film. Twixt propose des pistes sans les pousser trop loin, à nous de faire le chemin (ou pas). Il me semble que Francis Ford Coppola est arrivé à faire ici ce qu'il n'avait pas atteint avec son Dracula de carte postale. Twixt est aussi une carte postale, mais c'est une image qui possède déjà la patine (et le charme à venir) de notre époque. Un film jouissable sur lequel je me pencherai à nouveau lors de sa sortie en DVD.
Francis Ford Coppola, Twixt (USA, American Zoetrope Film, 2012)
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Libellés : cinéma
jeudi 10 mai 2012
Coda ou le règne de la cassette
J'avais un Walkman bleu - cadeau de noël - avec des écouteurs de taille moyenne recouverts de mousse. Pas facile de s'endormir avec, mais j'ai usé la bande de Coda jusqu'à la moelle. À l'époque je ne savais pas que c'était une compilation et non un album. Je sentais confusément que cela manquait un peu de cohérence et j'aurais préféré écouter Led Zep IV, mais je ne l'avais pas.
Les décharges de We're gonna groove m'emmenaient loin, le rythme de batterie de Poor Tom, un peu pop, me causait et j'avais un énorme faible pour Bonzo's Montreux (les solos de batterie nous impressionnaient beaucoup alors...). I can't Quit You Baby fonctionnait bien ; les autres tounes... je ne me souviens plus vraiment. Elles passaient comme passent les trains dans lesquels on ne monte pas.
Led Zeppelin partout
Comme autre cassette j'avais The Police et If You Want Blood You've Got It d'AC/DC (oublié sur un banc dans une banlieue du Havre). À l'époque (et après avoir découvert qu'on pouvait monter dans le bus sans payer) j'aimais rien tant que parcourir la ville bringuebalé par les transports en commun la musique à fond dans les oreilles. Je descendais n'importe où pour une balade et je remontais plus loin sur le réseau... c'était partout ma musique qui m'accompagnait dans la ville, mon monde, un genre de cocon protecteur. Coda reste aussi indéniablement accroché à La Baule, pas de promenade en bus là, mais le bord de mer et l'odeur des pins. Assurément le Walkman portait bien son nom.
Et maintenant Walter's Walk, Ozone Baby, Darlene & Wearind and Tearing ?
Ces chansons passent. Ce ne sont pas de mauvaises tounes, mais je les écoute d'une oreille distraite, je peux taper un peu du pied ou faire un peu de air guitar près des enceintes (sans trop de conviction tout de même...), mais on est loin de la présence et l'envoutement de morceaux comme Whole Lotta love (pour n'en citer qu'un). Je me souviens qu'Ozone Baby avait un peu tendance à m’énerver. J'éprouve le même sentiment maintenant, le refrain à quelque chose de moi je connais une chanson qui énerve les gens et le break façon La Bamba n'arrange rien. Sauf que parfois il fait bon regarder passer les trains.
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mercredi 9 mai 2012
Aftermath, ça tient à quoi qu'un disque ou un morceau nous suive, parfois toute une vie ?
C'était une cassette achetée par mes parents et c'est le titre qui m'a immédiatement causé : Aftermath. Je savais que cela avait à voir avec une catastrophe et il en fallait pas plus pour que j'adhère au premier abord. Les titres de chansons ensuite, pas musicalement, rien que les titres : comment ils sonnaient quand je les lisais à voix haute avec mon accent de frenchy boy. Mother's Little Helper (l'association des mots, juste l'association des mots), Lady Jane (parce qu'il y avait Lady dedans), Under my thumb (thumb pour moi, à l'époque, ça voulait dire tombe), Flight 505 (j'étais un peu passionné par les avions de la deuxième guerre mondiale, ce qui m'a valu d'écouter en boucle Même si j'y reste de Francis Cabrel) et puis Going Home parce que déjà le mythique Home anglais me causait, comme si j'avais perçu tout ce qu'il y avait derrière ce mot HOME.
Étrangement ça fonctionnait avec la musique : les titres qui me causaient à la sonorité ont tout de suite plu à mon oreille. Mother's Little Helper et ses trois foutues notes de guitare c'est aussitôt retrouvé sur les compiles cassettes, rapidement suivi d'Under My Thumb. Les Rolling Stones, pour moi, étaient devenus un home au même titre qu'Iron Maiden et Bérurier Noir.
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mardi 8 mai 2012
Blue Öyster Cult, Heaven Forbid
Cela faisait depuis un bon bout de temps - 10 ans si l'on exclut Cult Classic qui propose des réenregistrements de classiques pour la BO du film Stand - que le Blue Öyster Cult n'avait pas fait parler de lui. En règle générale les rappers deviennent inintéressants vers le troisième album, pour le hard rock les papys sont quelques-uns à continuer la route depuis la fin des années 80 avec plus ou moins de bonheur...
Heaven Forbid s'ouvre sur un morceau entre Motörhead (pour la voix) et Metallica (pour les riffs et la rythmique). Le deuxième morceau (Harvest Moon) renoue avec un rock FM plutôt moyen... on les a connus plus fringants dans ce genre d'exercice, mais le morceau a l'avantage d'avancer (même si on est pas sur les chevaux d'Astonomy) et on l'adoptera facilement au bout de deux ou trois écoutes. Les frères Bouchard ne sont plus là et la musique semble plus prévisible que d'habitude. Et l'album sonne plus début 90 que fin 90.
Alors quoi qu'est-ce qu'on fait ? On retourne écouter Imaginos comme s'il ne s'était rien passé ?
Bon... il y a un peu de fraîcheur tout de même et (toujours) des idées dans la construction et ça cravache pas mal côté métal (Hammer Back, See You In Black). Il y a quelques essais plus ou moins heureux : X-Ray Eyes sonne un peu fusion, mais dans l'ensemble certaines parties solos ont déjà vieilli (mais peut-être que ça reviendra à la mode ?). Quelques morceaux de bravoure peuvent rendre l'album attachant : Damaged vient en contrepoids à X-Ray Eyes (une fusion plus réussie avec les Red Hot Chili Peppers dans le bois). Real World est dans la même veine fusion rock funky. In Thee, chanson à guitare sèche façon feu de camp pour kids, fait mouche...
Il y a du changement chez le BÖC et ce n'est pas facilement acceptable pour les aficionados qui pourront tout de même se consoler avec Power Underneath Dispair, Cold Gray Light Of Dawn et Live For Me. Pour ma part je vais sûrement mettre quelques chansons sur mon disque dur et revendre l'album à 1 Euro sur un vide grenier... Mais entendons-nous, Heaven Forbid est un album tout à fait jouissable. Il peut devenir un compagnon de route (ou pas). Pour les textes, le BÖC continue dans la littérature : l'écrivain / scénariste John Shirley se trouve associé à la plupart des chansons.
Blue Öyster Cult, Heaven Forbid, Steamhammer, 1998
Blue Öyster Cult, Real World
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dj duclock
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