vendredi 10 juillet 2009

Thierry Marignac À quai

1995, des clandestins de tous les pays, entassés à Hambourg sur un bateau à quai, en attente de jugement. Une micro-société entre coursives et cabine, pont supérieur et cale, s’organise à coup de jeux clandestins, alcool de contrebande, allocations et troc de cigarettes pour survivre. L’horizon n’est pas très vaste, l’espoir repose sur quelques avocats intermédiaires avec la justice, un toit et un rêve d'emploi.

« Ces Allemands si respectueux des lois l’avaient fourré dans un wagon flottant à l’arrêt sur une voie de garage charriant des kilomètres cubes d’eau trouble à chaque battement de coeur. À gros débit sous le ponton métallique, le courant du fleuve dans son flux perpétuel rappelait à toute heure que la vie s’écoulait, que le temps battait aux tempes, que le mouvement était nécessaire. Une donne comme une autre, se répéta Zoran qui jeta sa cigarette pour respirer un peu d’air nocturne avant d’entrer dans la cabine et son atmosphère confinée. »

Zoran le Yougo, sa femme Zina et leurs deux enfants sont la chair de l’histoire. Zoran qui cherche l’évasion sur le tripot du pont supérieur, Zina qui trouve la force de tenir à coups d’anti-dépresseurs. Et puis « l’EuroConscience » envoie ses commissaires sur ce grand navire, Pelletier, Simmons et le traducteur, l’Occidental, pour une mission d’observation.

« Savoir de quel type de plombiers, d’équarisseurs, de programmateurs, de violoncellistes, et même de joueurs ou de gangsters on a besoin. Oui, un pays prospère a aussi besoin de gangsters, Pelletier, c’est la loi de la concurrence qui veut ça. Il faut bien les choisir, c’est tout. »

L’univers de l’administration Européenne, les absurdités de son fonctionnement ; l’univers de Thierry Marignac aussi, ses portraits de femmes et toujours un narrateur en errance ; on retrouve tout ça et surtout l’écriture, sa façon d’en dire beaucoup sans effet d’épate, ses phrases parfois sans verbe, un brin d’humour grinçant et la noirceur qui fait retomber l’espoir comme un soufflet. Sec et à la fois plein de sentiments.

Vous pouvez aller voir le bien qu'en dit dj duclock chez PolArtNoir, et poursuivre avec Renegade Boxing Club, le dernier roman de l'auteur.

Thierry Marignac, À quai, Rivages/Noir, 7,50 euros, 223p.

jeudi 9 juillet 2009

Eric Clapton, (no reason to cry), Polydor, 1976

C'est par Sign Language que je suis venu à écouter (no reason to cry). Un routard du blues et du rock, qui m'avait déjà piégé avec la superbe valse dylanienne de New Morning, m'a demandé un jour : " Et de Dylan, tu connais Sign Language ?" Je lui ai dit que non, mais que Dylan il en avait fait des albums et que parfois... Il a tout de suite clarifié la situation en me disant que cette chanson de Dylan n'était pas sur un album de Dylan, mais sur un disque de Clapton sorti en 1976. C'est ça la belle vie, on en apprend tous les jours.

Sur la jaquette Clapton est assis devant diverses bouteilles d'alcool. Je suis reparti avec le disque à la maison. Il y a du beau monde là-dedans, les gars du Band, et Ron Wood aussi qui venait d'être engagé par les Stones. Si Sign Language est de loin le meilleur morceau de l'album et que parfois, comme dans la chanson Black Summer Rain, Clapton sucre un peu trop les arrangements, il reste que la galette est tout à fait écoutable, on pourra même faire tourner en boucle des titres comme Carnival sans se lasser. County Jail est aussi une belle réussite, même si la voix manque un peu de background par rapport au thème. Le duo de voix colle pile poil à All Our Past Time. Hello Old Friend avec son rythme qui semble venir des îles se tient pas loin de Sign Language. Je voudrais remixer Trouble Double en un peu plus épuré... oh trois fois rien, un peu moins de piano peut-être. Ca fait 33 ans que (no reason to cry) est dans les bacs et les rides qu'il a pris lui vont bien, il prend de l'âge, mieux que beaucoup de choses très lisses dont on nous bassine les oreilles en ce moment. Et très vite l'album devient un compagnon de route.

Eric Clapton, Sign Language




mercredi 8 juillet 2009

Little Bird de Craig Johnson

Voici un nouvel auteur chez Gallmeister, un qui s’attache autant à ses personnages qu’à leur lieu de vie, ici l’Etat du Wyoming jouxtant le Montana de Crumley, dans le grand Ouest américain.

Prenons contact avec Walter Longmire, shérif de la ville de Durant, plus tout jeune, assez déprimé par la mort de sa femme et l’éloignement avec sa fille. Classique dans les faits, mais souligné par une façon d'écrire, de mener l’histoire, de la poser dans un environnement... une alchimie réussie, qui ne donne aucune envie de lever le nez de ce chouette voyage. En plus, Craig Johnson possède un humour fort-à-propos, présent comme il faut au long des 400 pages. Il y a donc ce shérif dans sa petite ville et cet immense paysage de montagnes, et puis la Réserve indienne. Les chasseurs, comme Omar l’énigmatique, le seul à viser juste à 400 mètres avec une vieille carabine. Et le pote de Walt, Henry l’Indien surnommé l’Ours. Le bar qu'il tient est signalé par une enseigne de poney rouge clignotant. « Henry, c’était le chien qui refusait de rester sous le porche. » Bien sûr une femme viendra perturber notre shérif, dans une histoire qui tend vers le noir bien plus que l'eau de rose.

Craig Johnson y va à l’économie de description des sentiments ou pensées. Il est plutôt de l'école "des faits, rien que des faits". Le lecteur fait son propre chemin dans ce qui est pour lui, français bien loin de ce vaste paysage, un nouveau monde. Il devient un habitant de Durant. Il en oublie presque cette histoire d’enquête sur le meurtre de jeunes garçons, lié au viol d’une jeune indienne deux ans auparavant. Il est avec Walt, dans sa vie, avec ses co-équipiers, avec en main la fameuse Carabine des Morts, entouré des fantômes des Vieux Cheyennes, perdu dans les montagnes... et puis l’auteur nous rappelle que, quand même, il nous raconte depuis le début une histoire policière, avec son retournement final. La souffrance et la vengeance ne sont pas loin. Une note noire qui laisse Walt dans sa maison en chantier inachevé, à l'image de son état moral précaire. On est assez pressé de retourner voir comment il va.

Je vous laisse avec ces quelques mots échangés par Henry et Walt.

« - Les pères fondateurs disaient que l’équitation favorise la digestion. - Quels pères fondateurs ? - Les miens. Les tiens n’avaient même pas de chevaux avant d’en voler aux Espagnols... »

Little Bird (A cold dish en VO) débute une série de 5 romans déjà parus aux Etats-Unis, dans de très belles couvertures que l'on peut admirer sur le site de l'auteur.

Craig Johnson, Little Bird, Gallmeister, 2009

mardi 7 juillet 2009

Charlie Haden, Liberation Music Orchestra, MCA Records / Impulse, 1970

Dès l'introduction de l'album on sent que la maîtrise est là et qu'il va souffler un vent de liberté sur les chants de combat du Liberation Music Orchestra qui semble à la fois être le nom de l'album et le nom du big band que l'on trouve là, sous la baguette de Charlie Haden : Gato Barbieri, Carla Bley, Don Cherry, Perry Robinson, Dawey Redman, Mike Mantler, Roswell Rudd, Bob Northern, Howard Johnson, Sam Brown, Andrew Cyrille et Paul Motian ; 14 musiciens en liberté qui rappellent parfois les polyphonies de l'Art Ensemble Of Chicago, si la guitare espagnole s'étaient pointée chez les gars de Lester Bowie. Les interludes qui jaillissent des morceaux sonnent comme la voix d'un vieux gramophone... à la fois touchantes et lointaines. Les arrangements de Carla Bley n'y sont surement pas pour rien. Une grosse réussite quelque peu hypnotique.

Charlie Haden & Music Liberation Orchestra, Sandino (ce morceau ne figure pas sur l'album dont nous parlons ci-dessus, les petits craquements que l'on entend au début disparaissent par la suite).




dimanche 5 juillet 2009

Thierry Marignac se souvient de cet air

Nous avons déjà parlé de Thierry Marignac sur Duclock pour ses romans Fasciste et Renegade Boxing Club. Et ça risque fort de continuer. Il est aussi au programme du numéro 3 de L'Indic, notre numéro de l'été particulièrement désaltérant. Laissons-nous entraîner dans un rade de Paris... avec Alan Vega et son hymne au rythme binaire.

Le juke-box était dans un coin du bar et tous les disques d'Iglésias étaient rayés. Quand une fan de l'étoile ibère mettait un de ses morceaux, le plus proche de l'engin lui mettait un coup de pompe.
L'air qu'on aimait démarrait mine de rien la nausée des matins où on commandait une bière - libres pour la journée. Le son grêle d'une guitare, bientôt hypnotique, soutenue d'une boîte à rythme. La voix était un hoquet gueule de bois sur des sonorités rauques - rares éclairs de la veille - dérapant vers la dissonance, brisée, entre la chute en vrille et le pas cadencé. Aussitôt recouverte par le ressac du son artificiel.
Dents de scie.
Plus tard, dans les premières flambées d'alcool, tout devenait mirifique, l'air connu prenait un autre sens, aussi obsédant : danse et possession de la silhouette guettée avec fièvre au coin du bar, roulement de hanches sur une volte chancelante :

Juke box babe, juke box babe, hum, hum hum.


Nom et Âge : Thierry Marignac, 51 ans
Titre de la chanson et interprète : Juke Boxe Babe, Alan Vega
Lieu et année du souvenir : Paris, Le soleil de la butte, 1980

Alan Vega, Juke Box Babe


samedi 4 juillet 2009


Faites vos jeux ! avec Christopher Brookmyre

Après ses deux premiers romans parus à la Série Noire, Faites vos jeux ! est le troisième roman de Christopher Brookmyre, publié aux éditions de l'Aube. Sûre de passer un bon moment avec, je me le gardais dans un coin depuis un certain temps. Et je n’ai pas été déçue !

Un poil en dessous du Petit Bréviaire du Braqueur, mais au-dessus de Petite Bombe Noire, Faites vos jeux ! est un divertissement de qualité. Incrédules des situations rocambolesques, des cascades cinématographiques à la James Bond et des bluettes, passez votre chemin. Par contre, si vous avez envie de vous éclater en compagnie d’une ménagère écossaise de 46 ans qui s’ennuie dans une vie bien rangée, et d’une équipe d’opérations commando avec à sa tête un mystérieux chef charismatique, foncez. Cette histoire est de celle qui vous laisse collé dans le transat toute la journée.

Il ne faut pas bouder son plaisir ; pour les grandes envolées littéraires, et la profondeur du propos, il y a plein d’autres livres pour autant d’autres occasions. Là, il n’est question que de sensations fortes, rebondissements et humour au milieu d’un complot dans le domaine de l’armement. Casino, yacht, château, hélicoptère, micros cachés et combats dans des scènes jubilatoires et jouissives, entre Glasgow et Nice.

Christopher Brookmyre, Faites vos jeux !, Editions de l'aube, 2008, 12 euros, 558p.


Christopher Brookmyre a accepté de répondre à mes questions par mail, il s'y est prêté rapidement et facilement, un gros merci à lui. L'occasion d'apprendre que son prochain roman sort en France à l'automne, et qu'il a écrit une suite à l'excellent Petit Bréviaire du braqueur.

Christopher Brookmyre, les 3 questions de duclock et plus

Comment avez-vous commencé votre carrière d'auteur ? Est-ce que ça correspondait à une envie profonde, est-ce que ça a été dur ?

Je veux être écrivain depuis que j'ai appris à écrire à l'école. À l'âge de six ou sept ans, j'écrivais des histoires pour m'amuser, et j'ai même dessiné leurs couvertures. Au collège, mes devoirs préférés c'était les rédactions en cours d'anglais. On nous donnait toujours 3 choix : écrire une nouvelle, un passage descriptif ou une rédaction argumentée. Je choisissais à coup sûr la nouvelle, bien qu'elles aient rarement été courtes : j'écrivais vraiment presque dix fois plus que mes camarades, et c'était très indulgent et encourageant de la part de mes professeurs de ne pas protester contre cet abus.

Pourquoi avez-vous choisi le genre polar pour vous exprimer ?

Quand j'ai grandi, il n'y avait pas le large choix de fictions destinées aux enfants et adolescents qu'il y a aujourd'hui, donc à l'âge d'onze ou douze ans je suis passé directement de la BD d'Asterix à Ian Fleming et Robert Ludlum. Pour moi, les romans comportaient toujours les gentils et les méchants, des plans diaboliques et des scénarios bizarres, donc il n'y avait jamais de questions mais ça, c'était le genre de bouquin que je voulais écrire.

En France, seulement cinq de vos douze romans ont été traduits et publiés : Quite ugly one morning (Un matin de chien - Série Noire), Country of the blind (Le royaume des aveugles - Série Noire), A big boy did it an ran away (Petite bombe noire), The sacred art of stealing (Petit bréviaire du braqueur) et le dernier, que je viens de lire : All fun and games until somebody loses an eye (Faites vos jeux !). Vous êtes un auteur prolifique, vous trouvez facilement des sujets pour vos histoires ?

On conseille toujours aux aspirants auteurs d'écrire sur ce qu'ils connaissent, et en même temps que j'approuve celà, je voudrais ajouter qu'on doit toujours écrire sur ce qu'on aime, ou aime détester. Ainsi, j'ai été amené à écrire des histoires posant des problèmes qui m'ont mis en colère (comme les fraudes perpétrées par les voyants et mediums dans Attack of the Unsinkable Rubber Ducks qui sera publié en France cet automne), ou reflétant mes passions et enthousiasmes (comme la magie de scène, que j'ai explorée dans Petit bréviaire du braqueur et sa récente suite A Snowball In Hell).

Jack Parlabane, Angelique de Xavia, Bett, Zal, Simon Darcourt... vous avez créé une grande famille autour de vous ! Avez-vous un personnage favori ?

J'ai préféré écrire sur Angelique et Zal, et j'ai trouvé ça particulièrement satisfaisant de les retrouver cinq ans après quand j'ai écrit A Snowball In Hell, mais c'est toujours excitant de créer un nouveau personnage et de voir comme il ou elle se développe, souvent de façons que je n'anticipe pas.

Je pense que vous êtes un très bon entertainer, qui crée des histoires à rebondissements, mais pas trop, de bons personnages, attrayants, avec un contexte social, de la musique... Vous lire c'est comme regarder un bon film. Mais vous, en tant qu'auteur, quel est votre but ?

On me décrit souvent comme un auteur de roman noir, comme un satiriste et un observateur de la société, mais je me vois principalement comme un auteur de divertissement. Bien que j'aime montrer les dessous de la société dans laquelle mes histoires ont lieu, je veux surtout transporter mes lecteurs dans un autre monde, agréable, dans lequel leurs monstres ont péri et les amoureux se retrouvent à la fin.

Que lisez-vous en ce moment ?

The Romantic Stage d'Alicia Finkel, qui est une histoire des décors de l'ère théâtrale Victorienne.


Qu'écoutez-vous, qu'est ce qui tourne sur la platine actuellement ?

Glasvegas, Muse, Jimmy Eat World, Billy Franks, The Twang, Don McGlashan, Manic Street Preachers.

Qu'est-ce qui vous a surpris dernièrement ? Quand avez-vous été surpris pour la dernière fois ?

J'ai été agréablement surpris quand St Mirren, l'équipe de foot que je soutiens, a éliminé le Celtic de la coupe d'Ecosse de cette saison. Malheureusement je n'étais pas là pour le voir, je parlais à un festival de romans en même temps, mais j'ai eu le souffle coupé quand on m'a envoyé le résultat par texto.

Photo : Internet

All fun and games till somebody loses an eye with Christopher Brookmyre

After his two first novels edited by Série Noire, All fun and games till somebody loses an eye is Christopher Brookmyre's third novel, edited by Editions de l'Aube. Sure to have a good time with it, I kept it on the back burner. I haven't been disappointed.

A little bit under The sacred art of stealing, but a level above A big boy did it and ran away, All fun and games till somebody loses an eye is a quality entertainment. If you stay sceptical in front of incredible situations and cinema stunts in a James Bond way and romances, go your way. But if you want to have fun with an 46 years old scottish housewife who is bored in her well-ordered life, and a commando operation team with a charismatic and mysterious boss, go for it. This story is among those who leave you gobsmacked, all day long on your deckchair.

Don't deny yourself pleasure ; for big litterary flights, or depth of thought there are many other books for many other opportunities. Here, it's a matter of thrills, twist and turns and humour in the middle of a plot in armament. Casino, yacht, castle and helicopter, hidden microphones and fights in jubilant and awesome scenes, between Glasgow and Nice.

Christopher Brookmyre agreed to answer my questions by mail, and did it fast and easily, many thanks to him. The opportunity to learn that is new novel will be published next autumn in France, and that the excellent The Sacred Art of Stealing has got a sequel.


Christopher Brookmyre, the 3 questions of duclock and more

How did you begun your writer career ? Was it a deep wish, was it hard... ?

I wanted to be a writer since I learned to write at school. From around the age of six or seven, I wrote stories for my own amusement, and even designed covers for them. At secondary school, my favourite work assignment was always the essay in English class. We were always given three choices: write a short story, a descriptive passage or an argumentative essay. I unfailingly chose the short story, though it was seldom short: I used to write quite literally ten times as much as my classmates, and it was both encouraging and indulgent of my teachers not to object to this imposition.

Why did you choose crime/action novel genre to express yourself ?

When I was growing up, there was not the range of fiction aimed at older children and teenagers that there is today, so I went from Asterix comics straight to Ian Fleming and Robert Ludlum at around the age of eleven or twelve. To my mind, novels always had good guys and bad guys, devilish schemes and outlandish scenarios, so there was never any question but that this was the kind of book I would want to write.

In France, just five of your 12 novels have been translated and published : Quite ugly one morning (Un matin de chien), Country of the blind (Le royaume des aveugles), A big boy did it an ran away (Petite bombe noire), The sacred art of stealing (Petit bréviaire du braqueur) and the last one, that I've juste read : All fun and games until somebody loses an eye (Faites vos jeux !). You are a prolific writer, you easily find subjects for your stories ?

Aspiring writers are always advised that they should write about what they know, and while I would agree with this, I would add that one should write about what one loves – or loves to hate. Thus, I have been driven to write stories addressing issues that have made me angry (such as the frauds perpetrated by psychics and mediums in Attack of the Unsinkable Rubber Ducks, which will be published in French this autumn), or reflecting my passions and enthusiasms (such as stage magic, which I explored in The Sacred Art of Stealing and its recent sequel A Snowball In Hell).

Jack Parlabane, Angelique de Xavia, Bett, Zal, Simon Darcourt... you've created a big family around you ! Do you have a favorite character ?

I most enjoyed writing about Angelique and Zal, and found it particularly satisfying to return to them after five years when I wrote A Snowball In Hell, but it is always exciting to create a new character and see how he or she develops, often in ways I had not anticipated.

I think you are a great entertainer, creating stories with twists and turns - but not too much - great characters - attractive - social context, music... Reading you is like watching a good movie. But you, as a writer, what is your purpose ?

I am often described as a noir writer, as a satirist and as a social commentator, but I think of myself primarily as a writer of escapist fiction. Though I like to reflect the backdrop of society against which my stories take place, I principally want to transport my readers into a gratifying other world in which their monsters are slain and the lovers find each other in the end.

What are you reading now ?

The Romantic Stage by Alicia Finkel, which is a history of Victorian-era theatrical set design.

What do you listen to, these days ?

Glasvegas, Muse, Jimmy Eat World, Billy Franks, The Twang, Don McGlashan, Manic Street Preachers

What is your last surprise, the last time you were surprised by something ?

I was pleasantly surprised when St Mirren, the football team I support, knocked Celtic out of the Scottish Cup this season. Unfortunately I wasn’t there to see it, as I was speaking at a book festival at the time, but it took my breath away when someone texted me the result.

vendredi 3 juillet 2009

Changer le son de cloche

Dans « ces chanteurs que l’on dit poètes » paru en 1970 à l’Ecole des loisirs, l’auteur C. Hermelin remarque « On pourrait dire, en schématisant un peu, que la carrière de Winter* a été fabriquée par la mode, alors que la mode s’empara des chansons de Moustaki faites sans tenir compte de ses désirs et de ses besoins. » Et Hermelin de constater « Tout se passe comme si le mot « chanson » recouvrait deux réalités différentes, deux types de chanteurs, deux types de public. » Plus loin il distingue « la chanson de consommation » où l’on entend plus que l’on écoute et la « chanson d’expression » où l’écoute est plus exigeante et soutenue.

À l’heure actuelle, où des émissions télé essayent de faire croire qu’un chanteur se fabrique en six mois et quelques cours de scénographie suivis de l’interprétation de deux ou trois tubes, il semblerait bien que le déséquilibre entre les deux chansons atteigne un sinistre sommet et que les auteurs compositeurs comme Jacques Bertin, Bernard Joyet, Al, Philippe Marlu et tant d’autres qui travaillent depuis des années ne trouvent pas leur place dans ce que l’on appelle les grands médias… Il ne tient qu’à nous de changer le son de cloche. Aussi chez Duclock, on va intensifier le côté chanson française et francophone.

Alain Leprest, C'est peut-être


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*David Alexander Winter se place troisième au Hit Parade en mars 1969 avec « Oh Lady Mary », qui pour ma part m’est totalement inconnu. Quoi que l’on m’informe à l’instant que monsieur Winter est le père d’Ophélie Winter…