mardi 27 mai 2008



Du métal & des sorcières...

On continue notre série "pas pour les enfants" avec des images kitsch à souhait du groupe anglais Cathedral dans lequel Lee Dorian, ex chanteur de Napalm Death, officie avec classe. (Dites, vous avez remarqué le nombre de groupes que les gars passés par Napalm Death ont fondé ? Head Of David, Godflesh, Painkiller, Scorn et Cathedral, faudra faire un papier sur tout ça un de ces quatre). Le clip de la chanson Hopkins (The Witchfinder General) reprend des extraits du film Witchfinder General (Michael Reeves, 1968) tiré de la vie d'Hopkins, un chasseur de sorcières anglais qui écuma le Suffolk, l'Essex, le Norfolk et quelques autres comtés de l'est de l'Angleterre au milieu du XVII ème siècle. Sale temps pour les filles qui vivaient dans les bois.

Cathedral, Hopkins (The Witchfinder General) tiré de l'album The Carnival Bizarre, 1995


dimanche 25 mai 2008


Bob Wills & His Texas Playboys

Les Texas Playboys sont certainement un des meilleurs orchestres de Swing du Pays
Charlie Parker.

Bob Wills voit le jour le 6 mars 1905 près de Kosse, Limestone Country, Texas. Dès l'âge de 10 ans il remplace son père, dont l'état d'ébriété avancé ne lui permet plus d'assurer le violon, dans les soirées de danse locales. Il a son premier engagement avec un Medecine Show à Forth Worth en 1929. Il forme le Bob Wills Fiddle Band un an plus tard avec Herman Arnspiger, puis Milton Brown rejoint le groupe. Ils jouent pour les radios et en 1932 c'est le premier enregistrement d'album pour Victor à Dallas. Bob Wills et son groupe traversent des passes difficiles, mais malgré les interdictions de salle de concert pour "alcoolisme et atteinte aux bonnes moeurs", les refus du syndicat des musiciens à l'accepter car "ce qu'il joue n'est pas de la musique", il assoit son style et devient une référence. Créateur du Western Swing, Bob Wills mélangea les mélodies traditionnelles jouées au violon avec le jazz. Il eu une grande influence, dans les années 50, sur la country et le rock'n'roll. Avec ses Texas Playboys il enflamme les dancefloor d'Amérique jusqu'en 1968 où une première crise cardiaque le décide à stopper les tournées.

Le groupe Texas Playboys a vu défiler plus de 600 musiciens. Parmi ses membres beaucoup sont devenus célèbres : Tommy Duncan, Leon McAuliffe, Johnny Gimble, Smockey Dacus, Eldon Shamblin, Al Stricklin, Sleepy Johnson...

Bob Wills & His Texas Playboys, Lone Satr Rag



Bob Wills & His Texas Playboys apparaissent dans environ une vingtaine de films hollywoodiens de série B parmi lesquels The Lone Prairie (1942), Go West Young Lady, Riders of the Northwest Mounted (1943), Saddles and Sagebrush (1943), The Vigilantes Ride (1943), The Last Horseman (1944), Rhythm Round-Up (1945), Blazing the Western Trail (1945) et Lawless Empire (1945). Ces westerns chantant diffusés dans toutes les salles des Etats-Unis vont aider à assoir la notoriété du groupe.

Et voici Bob Wills & His Texas Playboys avec Tex Ritter dans le film Take Me Back To Oklahoma (Albert Herman, 1940).




Le premier succès national vient en 1940 avec New San Antonio Rose, puis un morceau de square dance tubesque Take Me Back To Tusla... Les tubes s'enchaînent. Une crise cardiaque en 1973, lors d'un dernier enregistrement avec les anciens du Texas Playboys auquel vient s'ajouter Merle Haggard, plonge Bob Wills dans le coma. Il n'en sort jamais et meurt 18 mois plus tard le 13 Mai 1975. Retrouvez sur le site officiel sur Bob Wills une vidéo où il interprète, toujours avec ses Texas Playboys, la chanson Ida. Le disque Bob Wills & His Texas Playboys 1932-1947 de chez Frémeaux & Associés est un excellent représentant de l'oeuvre versatile et pleine de swing de Bob Wills.

samedi 24 mai 2008


Melvins, Stoner Witch, Atlantic, 1994

Des morceaux de Black Sabbath, une toune dévastatrice à la Metallica (revolve), une ambiance jazzy (goose freight train), de l'expérimentation musicale (magic pig detective), un humour bizarroïde... Dans les tounes Shevil et lividity on retrouve les tonalités chères à Earth... Y a des bouts de tout dans le Stoner Witch des Melvins et ces bouts s'accordent tous ensemble pour un sacré bon breuvage. Le trio Dale C. (batterie, guitare, et chant), Mark D (Basse fender, basse, guitare et chant) King B. (chant, guitare et basse) pose tour à tour un tempo lent pour métal pâteux et une cavacade de 36 tonnes laché à toute berzingue dans une descente vertigineuse. Paul Dicarli se pointe pour jouer du Moog. Les Melvins ont influencé pas mal de monde : l'étiquette doom doit pas mal à leur style ; on se souviendra aussi que Kurt Cobain était leur roadie avant de devenir leur producteur pour Houdini (Atlantic, 1993). Il a dû tirer quelques enseignements des ritournelles melviniennes du temps où il trainait avec eux. D'ailleurs, le batteur des débuts de Nirvana n'est autre que Dale Crover l'excellent batteur des Melvins. Kurt a craqué un peu avant la sortie de ce Stoner Witch. Les Melvins continuent leur parcours musical sans trop se soucier des retombées médiatiques. Avec Stoner Witch vous tenez entre vos mains l'un de leur meilleur cru. Montées d'adrénaline et méditations poisseuses garanties.

Revolve par les Melvins, tiré de l'album Stoner Witch (Atlantic, 1994)

vendredi 23 mai 2008


Wattstaxx, Mel Stuart, 1972

I am somebody
I may be poor
But I am somebody
I may be uneducated
But I am somebody
I may be unskilled
But I am somebody
I may be on dope
I may have lost hope
But I am... somebody
I am... black... beautiful... proud
I must be respected
I must be protected
I am... God's child
What time is it?
Nation time

I am somebody, Jesse Jackson.


Hier soir un gars qui bosse en bibliothèque, frapadingue de polar rencontré par l'intermédiaire de Claude Mesplède, nous a emmené voir Wattstax (Mel Stuart, 1972) au Cinématographe. Ce cinoche possède la plus belle salle de Nantes avec murs en pierres apparentes, fauteuils confortables, place pour les jambes et rideau façon théâtre qui s'ouvre et se ferme, la grande classe. Le film cause du grand concert commémoratif des émeutes Noires de Watts en 1965. Le ras le bol de la population de ce quartier populaire Noir de Los Angeles, victime d'arrestations policières arbitraires et de bavures à répétition, pousse la population à se révolter. Pendant une semaine d'août la révolte gronde, la garde nationale est envoyée. 7 ans plus tard la communauté Noire fête les événements à sa façon. Sacré moment de musique ! Orgie gospel, blues, soul & funk. Entres les scènes de concert la caméra filme plusieurs personnes qui causent des émeutes, d'être Noir, des filles, des mecs, du chômage, des Blancs... avec un humour à la toc, de l'auto dérision et une sincérité qui fait chaud. Les chansons de Kim Weston, Carla Thomas, The Staple Singer, Albert King, The Emotions, Rufus Thomas, Isaak Hayes... portées par les guitares cocottes funky, les percus, les cuivres, les notes bleues et des paroles qui font mouche sont particulièrement bien filmées, de manière simple et nerveuse. Une sacrée puissance se dégage de l'événement et on a envie de danser. Un stade entier qui se remue pour s'en sortir, ça a de la gueule. Parmi ces moments, une danse, le Funky Chicken de Rufus Thomas, super bien sappé... Une bouffée d'espoir.

Rufus Thomas au Stadium de Los Angeles interprète son Funky Chicken.


jeudi 22 mai 2008


Ny:na Valès, L'atmosphère, prikosnovénie 2008

Ambiance tout à tour langoureuse et sautillante entre jazz, bossa nova et chanson francophone. Texte délicieusement érotique (L'androgyne, J'entends la nuit, L'atmosphère...). Au fur et à mesure de l'album se dessine tout un monde sensuel. A l'image de la chanson L'athmosphère on se laisse entraîner au son de la voix de Nathalie Carudel et des arrangements de Yann Savel. Des musiciens se joignent doucement à la fête étrange Jean Patrick Cosset aux claviers (orgue Hammond, Wurlitzer, Fender Rodhes, Clavinet) ; Léon Guilé à la guitare, la guitare slide et la basse ; Daniel Trutet au viloncelle, Stéphane Barbier à la batterie ; Jean Marie Goupil à la trompette et au bugle ; Aleth Pichon à la harpe ; Tiphenn Pocréaux au choeur. Yann Savel compose de petites phrases mélodiques accrocheuses qui se promènent entre baroque, jazz, bossa nova et funk et qui émergent d'une torpeur entraînante. Des tounes comme Je doute disons ont leur place dans un recueil de poésies. Le mot elfique, surtout en version concert, est un véritable tube. Il fait bon se lover dans De l'alcool aux étoiles dont le background fait penser à un morceau de Bach qui plonge dans le jazz... Mariage réussi ! Les amateurs de chansons francophones subtilement construites devraient se précipiter sur l'album.

On peut écouter quelques morceaux de L'athmosphère sur le MySpace de Ny:na Valès. Vous y trouverez aussi les dates de concerts en duo et en trio (avec Jean Patrick Cosset).




Ny:na Valès, l'interview


J'ai eu la chance de pouvoir jeter un oeil et les oreilles sur quelques morceaux des concerts à venir de Ny:na Valès alors qu'ils étaient - avec Jean-Patrick Cosset le clavier de Mix City qui va les accompagner lors des concerts en trio - en résidence d'artiste à l'Olympic sous la direction de Lydie Callier. Sur scène les lumières rouges/roses, ors et blanches et les éléments de décors : une table et un tabouret de cabaret, se marient très bien avec les ambiances des chansons de Yann Savel. Déjà, en répétition, des morceaux comme Le mot elfique sonnent drôlement bon. Après un petit trajet en voiture agrémenté d'une discussion sur les différences de vessie et d'estomac entre les garçons et les filles et un créneau époustouflant de Nathalie, on est allés se jeter quelques verres dans Bouffay.

Dj Duclock : D'où vient le nom du groupe ?

Nathalie : C'est l'anagramme de Yann Savel, comme c'est Yann qui est auteur compositeur... On s'est demandé comment construire un personnage féminin autour de son écriture.

Yann : C'est assez logique vu que c'est moi qui compose les chansons et c'est Nathalie qui interpréte... du coup c'est sympa, même par rapport à ce qui se passe sur scène. Nyna Valès c'est un prénom féminin donc c'est plutôt elle, mais en fond c'est moi qui fait les chansons de manière un peu caché. Moi je suis side man, comme on dit. Du coup il y a une cohérence.

Nathalie : Et puis par rapport à la pochette, Yann me dessine. Le projet à la base c'est ça. Yann dessine son interprète idéal.

Dj Duclock : Nathalie qu'est ce que tu lis en ce moment ?

Nathalie : Oh là là, je sais plus comment ça s'appelle... Je lis un bouquin d'une espagnole qui parle d'une famille sur plusieurs générations. C'est très très poétique. C'est sur une couturière et elle a de génération en génération des fils d'or, des fils de toutes les couleurs. Elle fait des costumes. C'est une copine qui m'a prêté ça...

Yann : Moi, je finis Souvenir de la maison des morts de Dostoievski. Il raconte, c'est pas de la fiction en fait, c'est un documentaire, sur son séjour en Sibérie. Où il devait passer 10 ans, il en a passé 5.

Dj Duclock : J'ai jamais lu Dostoievski, il faut que je m'y mette, par quoi je devrais commencer à ton avis ?

Yann : Faudrait commencer par Crime et Châtiment.

Dj duclock : Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment Nathalie ?

Nathalie : J'ai acheté le dernier album de Camille que j'ai refilé tout de suite à une copine pour qu'elle l'écoute. Ca m'a pas trop plus. Et Erykah Badu.

Dj Duclock : Et toi Yann ?

Yann : J'écoute pas mal de trucs en ce moment. Les sonates en trio de Corelli. J'adore.

Dj Duclock : Moi aussi, le baroque, ça me transporte.

Yann : Plus précisément les sonates d'église da chiesa donc les opus 1 et 3.

Dj duclock : Tu te rapelles par qui c'est joué ? Sur quel label ?

Yann : C'est joué par Tom Koopman, Hopkins... Je l'ai aussi joué par le London Baroque.

Dj Duclock : Quand as-tu été surprise pour la dernière fois ?

Nathalie : Aujourd'hui, avec ce qu'on fait en ce moment. Artiste en scène... Ya des fois ouch ! ça arrive et c'est très agréable. On a commencé. Enfin moi j'ai commencé un peu en me demandant : où je vais trouver les idées ? Faut faire ci, faut faire ça et en fait là, on a des pistes qui sont vraiment intéressantes.

Yann : Moi c'est aujourd'hui aussi. En faisant les chansons y a un habillage sonore différent, ça donne des éclairages nouveaux et puis aussi dans l'interprétation, notamment de Nath, je dois dire.

Nathalie : Oh ! il est chou.

Yann : Non, mais c'est vrai. Dans l'interprétation y a des trucs que j'ai trouvés vraiment cools. Du coup y avait une osmose. Et puis la toute dernière fois c'était avec Jean-Pat. Il est arrivé que cette après midi.

Dj duclock : Ah, le clavier est venu que cette après midi ?

Nathalie : Oui parce qu'en fait on a les deux formules : duo et trio.

Yann : Ouais et avec Jean-Pat on avait fait qu'une répète et ça faisait très longtemps qu'on avait pas répété et finalement il était super concentré, ça sonnait cool et j'étais super étonné.

Dj duclock : Oui, surtout le mot elfique qui était très très bien ré-orchestré. Une question subsidiaire : une chanson, ça se construit comment du début jusqu'à la fin. Je veux dire l'idée, tu la trouves où ? et comment ça finit par arriver sur scène ?

Yann : Oh là là là, là c'est chaud !

Dj Duclock : Je vais prendre un deuxième verre le temps que tu répondes...

Yann : Bon, donc, ça commence souvent, en ce qui me concerne en tout cas, par la mélodie. 95 % des fois c'est à la guitare, mais ça peut être au piano. J'essaie de trouver une autre mélodie correspondante pour faire une autre partie. Parfois je vais chercher dans mes archives... je transpose pour que ça aille bien avec. Une fois que je suis content. En même temps y a un thème et un ton qui commencent à venir au niveau du texte. Je note tout ça et puis après je me colle au texte. Un premier jet pour être un peu satisfait de l'ensemble. Et puis ensuite, le lendemain, je peaufine.

Dj Duclok : Tu as des influences ?

Yann : Les influences, elles sont multiples et variése. Y a les influences musicales, y en a plein...

Dj Duclock : Tu as un style de musique de prédilection ?

Yann : Y a la chanson française, le classique, le jazz, la pop, pleins d'autres styles... et puis au niveau du texte c'est mes lectures. Mais je trouve qu'on croit trop qu'on est influencé, quand on écrit, par les choses qu'on lit. On est un peu influencé bien sûr, mais pas tant que ça. En fait la véritable influence c'est la vie qu'on vit.

Nathalie : C'est peut-être dans la forme que tu es influencé par tes lectures, après les idées, c'est la vie qui te les donne.

Yann : Les influences c'est un peu tout. On est influencé par tout ce qui se passe. Les rapports humains, ça c'est le plus important.

Dj duclock : Donc là tu as la mélodie et la chanson.

Yann : Après je me la joue plein de fois pour la connaître par coeur. Je sais qu'au bout d'un mois je l'aurais oubliée, mais au moins, il y a eu un moment où je la connaissais par coeur. Ensuite sois je me la destine, auquel cas je la garde jalousement, soit je la livre en pâture.

Nathalie : Et là ça peut être radical.

Yann : Et puis ensuite on commence à l'orchestrer, j'ai déjà les idées, après on co-arrange et on la joue en concert. Si on en est content on peut la maquetter et si on a l'opportunité de sortir un titre... on peut la mettre sur le disque. Mais des fois elle est même pas jouée en concert, elle passe directement sur le disque.

Nathalie : Comme le mot elfique par exemple. Là c'est les première fois qu'on la joue en live.

Dj Duclock : Hé bien, elle sonne particulièrement bien cette chanson ! Tout à l'heure tu as parlé de livrer en pâture Yann, et toi Nathalie, là tu sautes sur la chanson.

Nathalie :
Pas toujours, des fois il m'arrive de refuser parce que ça me correspondait pas ou parce que je trouvais que ça ne correspondait pas à ce qu'on était en train de faire. Après concrètement on choisit la tonalité de la chanson. Souvent c'est pas la même donc on la change. Puis on la joue et au bout d'un moment on se dit tiens... plus ce rythme... C'est le rythme qu'on pose en premier et ensuite on va organiser : tiens on pourrait faire ça comme ça et puis voilà. Et après pour l'abum c'est autre chose. Il y a les arrangements pour la scène ; pour l'album c'est encore une autre façon de travailler.

Dj Duclock : En tout cas ça donne une très très belle alchimie.

Bêtement, après mes trois whiskys ingurgités en bonne compagnie dans le bar du Bouffay où s'est réalisé l'interview, j'ai oublié de prendre une photo de Nathalie et Yann. Vous en trouverez - ainsi que quelques morceaux de l'album à écouter - sur le myspace de Ny:na Valès. Notez qu'ils jouent au Violon Dingue le 23 Mai 2008 à partir de 20 h 30.

Acangelo Corelli, Sonata in G Opus 1, avec Tom Koopman, Jap Ter Linden, Alison Bury et Monica Huggett.


mercredi 21 mai 2008


Lil Wayne, We The Best, Groove Attack, 2008

Nick Cohn fait assez justement remarquer que les rappeurs assurent en général sur leur premier album et qu'ensuite, bourrés de pognon et de vie facile, ils s'enferment dans la guimauve. Bon sang c'est ce qu'il semble arriver à Lil Wayne (je vous colle pas là Lollipop le dernier single de Lil Wayne qui sonne aussi sucré que son titre) l'un de mes plus gros espoirs gangsta rap qui a pondu des perles comme Fireman, Skys the limit, Shooter, This is the Carter, I miss my Drawg... We the Best est une sorte de mixtape pot pourri qui réunit des titres que l'on trouve sur les albums de Rick Ross, Birdman et autres où Lil Wayne a fait du featuring, des remixes et quelques inédits qui auraient peut-être pu rester inédits. L'album s'ouvre comme un concert où se seraient pointés Birdman, Busta Rhymes, Plies, Webbie, Gorilla Joe, Flo-rida, Brisco, R-Kelly et Fat Joe avec le remix de Speedin' par Rick Ross qui envoie le steak assez loin pour qu'on ait hélico presto envie de se passer la toune dans l'autoradio le long du boulevard en remuant la tête comme des coqs. On trouve donc quelques morceaux qui tiennent la route (c'est l'avantage des compilations on peut y mettre du vieux) I'm Me (une autre version semble-t-il que sur 1000 Degreez), 300 avec Fat Joe où l'énergie est là et la production nerveuse à souhait accroche bien. On s'éloigne à un moment du hip hop New Orleans pour un peu de reggae avec Sizzla où Lil Wayne se débrouille particulièrement bien, mais la production reste un peu faiblarde ; on est loin des perles que pond Mannie Fresh. On a aussi le droit à un poème a capella Dr Carter, touchant ; Ya Heard Me, sa boîte à rythme de jeu vidéo et ses samples de violons qui titillent. Le remix de I'm a G et son orgue fait un peu penser, de loin et en moins groovy, au The Chronic de Dr Dre. Pour le reste un peu trop de titres sûrement : 100 Million avec Birdman, Young Jezezy & Rick Ross aurait pu être un morceau bourré d'adrenaline, mais le refrain est un massacre qui pousse la toune vers le r'n'b. Idem pour l'effroyable I won't tell avec J. Holiday et un sample consternant. On est loin de la série des Carter et on s'ennuie un peu. Le morceau Mind Right avec Snoop Dogg & Kaff Williams est plutôt gnangnan et sonne un peu comme un Eminem raté. Dommage. On retrouve les batailles de mots puérils entre les stars du gangsta rap dans 50 Cent's a Clown avec Fat Joe. Reste la voix de Lil Wayne... indispensable à mes oreilles. En attendant la sortie en France de The Carter III pour le 9 Juin 2008 et en espérant que Nick Cohn se trompe.

I'm Me, Lil Wayne


mardi 20 mai 2008


Who Watches The Watchmen, September Malevolence

Alors on monte en voiture, une diligence tirée par des chevaux avec dedans les September Malevolence pour qu'ils nous interprètent Who Watches The Watchmen ? Une perle rock entre God Speed You Black Emperor, Arcade Fire et Explosions In The Sky. Un régal de voyage parmi les guitares envoûtantes, cristallines et sales. Et la voix du chanteur, bon sang, on dirait bien qu'un fantôme chante avec lui...

La chanson Who Watches the Watchmen ? est tirée de l'album After This Darkness, There's a Next de September Malevolence (Tendervision Recording, 2008) - Photo tirée du Myspace de September Malevolence.