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Affichage des articles du mai, 2009

Amilanar se souvient de cet air.

En ce dimanche de fin Mai c'est Laurent "Amilanar" - webmestre du site Sous les galets la plage , chroniqueur chez Pol'Art Noir , L'indic et Le Cafard Cosmique - qui nous fait voyager en RFA avec un bon vieux tube d'INXS. Je me souviens… C’était en 1984. La commune où se trouve mon collège est jumelée avec une petite ville en RFA, à deux pas du « rideau de fer ». Tous les deux ans, les Français rendent visite aux Allemands, histoire de faire la fête, de resserrer les liens entre nation et tout le toutim. Le jumelage procure aussi aux élèves germanistes l’occasion d’améliorer leur pratique de la langue in situ. Cette année là, j’étais en classe de troisième. Je me rappelle le long voyage avant de parvenir à destination. Environ 1500 kilomètres, une des premières fois où je m’aventurais aussi loin à l’étranger. Dans l’habitacle se mêle l’odeur des pieds sales, des corps en transpiration, les relents de vomissures, le parfum acidulé des chewing-gums… Et pu...

Mark Lanegan, Whiskey for the Holy Ghost, Sub Pop, 1993

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J'avais pas dormi de la nuit alors je me posais des questions à la con du genre : combien de bouteilles de Zubrowka il faut boire pour avoir assez de brins d'herbe à bison et nourrir un bison pendant toute une journée. Voilà un disque où la jaquette est en parfaite adéquation avec le titre, le contenu et le chant rauque de Lanegan , genre de Jim Morrison de la génération Nirvana plombée à la musique irlandaise, emrobée de clopes, de whiskey, de bières, de sexe, de fumée d'avant et d'après le feu. Et puis et puis... ce fiddle qui déboulent dans Carnival . Les arrangements sont simples avec quelques surprises - comme ce saxophone sur Sunrise - qui viennent fissurer la gangue claire des guitares accoustiques. Mark Lanegan , Carnival
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Das Kapital de Viken Berberian Les éditions Gallmeister lancent ici une nouvelle collection, Americana, avec le deuxième roman de cet auteur libanais qui a grandi aux Etats-Unis et vécu en France. Un titre en référence à Marx, et une première traduction en français ; Berberian a déjà commis un premier roman, The cyclist (et son narrateur terroriste), qui n'est pas arrivé jusque chez nous. Das Kapital parle du monde et du marché financier. Ils sont deux hommes et une femme : Wayne, le trader New-Yorkais qui travaille pour Empiricus Kapital et n’aime les plantes qu’en plastique, prône la référence aux mathématiques plus qu’à la littérature et spécule sur les désastres du monde. Au contraire de ses collègues qui prient pour que le système résiste, lui veut le faire trembler. Pas par idéologie, pour gagner de l’argent. « Il y a une croissance exponentielle du désarroi en Corée, au-delà du standard de déviation historique, dit-il. (...) Il lui prit la main pour la première fois sans pe...

Lord Randall

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Lord Randall - aussi loin qu'on puisse remonter - semble être une "murder ballad" irlandaise dont il existe des variations dans toute l'Europe sous divers noms. Composée sous forme de dialogue elle raconte l'histoire de Randall qui a été empoisonné par sa bien-aimée. Bob Dylan en reprendra la structure pour sa tubesque et folk A Hard Rain A-Gonna Fall . O where have you been, Lord Randall, my son? O where have you been, my handsome young man? I hae been at the greenwoods, mother, make my bed soon. For I'm wearied wi' hunting, and fain would lie down. Martin Carthy donne une version particulièrement réussie de Lord Randall sur son album Shearwater (Pegasus, 1972). Il faut être armé d'une paire oreilles d'ogre pour pouvoir s'enfiler d'un seul coup l'album en entier... écouter Shearwater d'une traite c'est un peu comme si on te perçait la cervelle avec une perceuse à percuteur. A Hard Rain A-Gonna Fall , Bob Dylan ...

Alexandre Saada et les 3 questions du Dj Duclock

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Il y a peu votre docteur des oreilles chroniquait l'album Panic Circus d'Alexandre Saada qui pourrait bien ravir un grand nombre d'oreilles pour peu que l'on ne se cantonne pas dans des petites cases ; voici maintenant une petite interview avec le monsieur. Dj Duclock : Que lis-tu en ce moment ? Alexandre Saada : Je viens de finir de lire (il y a 2 jours) L e Loup des Steppes d'Hermann Hesse et je vais commencer un polar : La chair de l'orchidée de James-Hadley Chase. Le loup des steppes est vraiment une merveille, je dois être un des rares humains à le découvrir si tard, tu l'as lu? Dj Duclock : Oui, il y a longtemps. C'est le seul Hermann Hesse que j'ai lu, je ne suis pas sur d'avoir tout bien saisi à l'époque, mais il se dégageait quelque chose de fort de ce bouquin. Qu'écoutes-tu comme musique ces derniers temps, l'album qui tourne sur la platine ? Alexandre Saada : Comme musique, j'écoute beaucoup de classique...

The KLF, 3 a.m. eternal

The KLF, 3 a.m. eternal Tout cela est un peu embrouillé. Il y avait cette émission tard le soir sur M6 où on pouvait voir des trucs comme Public Enemy , Young MC ou Warren G et qui s'est très vite dégradée en passant des clip de rap de merde - déjà... - avec des filles en bikini au bord de la piscine... Je dessinais un peu partout le logo de PE, vous savez l'ombre de ce type prise dans un viseur et j'avais fait acheter à ma mère des baskets montantes noires et un jean large. Il y avait des clips à la télé. C'était juste avant Nirvana et un peu après The Power de Snap qui a bien y repenser pompait pas mal sur Public Enemy, avec un côté beaucoup plus facile à passer en radio. C'était avec plaisir que j'avais retrouvé ce tube dans le Fisher King de Terry Gilliam. Snap , The Power Pour The KLF, le clip autant que le groove m'avaient conquis comme un déboulé de Vikings sur la futur Normandie. Il se dégageait de là comme un air de révolte et d'...

Sophie Gavard se souvient de cet air...

En ce dimanche un souvenir, on ne quitte pas Caroline et cette fois c'est MC Solaar ; le soleil est là et avec Sophie on a les îles et les cocotiers ! C'était sous les cocotiers, en Guadeloupe en 1991, petit séjour avec mes parents, chez un ami. Avant de partir, "Caroline" d'Mc Solaar, passait en boucle sur les ondes métropolitaines et une fois arrivée, la même. Durant le séjour, nous avons fêté les 50 ans de ma maman, avec des langoustes grillées, pêchées du matin, on a fini en boîte de nuit, avec encore Mc Solaar. A l'époque j'avais appris le passage en créole de miss "Caroline", avec de beaux mâles créoles !!! J'ai gardé cet air dans la tête un sacré bout de temps. CAROLINE, MC Solar Sophie Gavard, 34 ans Guadeloupe 1991 MC Solaar , Caroline .
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Everybody Need A Compilation, Face C, Face D Comme le fait remarquer Hervé dans les commentaires sur Everybody Need A compiltaion Face A, Face B : le premier morceau de la compile a une grande importance, il détermine un peu la tonalité de la cassette. Et pas mal de ces cassettes servaient à alimenter les voyages en bagnole. La cassette pour la route était tout un art, un genre de bande son pour Road Movie. Il y avait aussi des compilations pour le dimanche matin, après une nuit de fêtes, de jeux de rôle ou de discussions avec les copains et les copines... Pour Face C, Face D il se pourrait bien que l'apéro commence vers 11 h 30... On y croisera des originaux des Vaselines et des Meat Puppets que Nirvana a repris en concert ; une chanson sur laquelle Dylan a pompé un de ses tubes ; du rock et du folk et du old time... Beaucoup de musiques anglo-saxonnes, indeed. Dj Duclock , Everybody Need A Compilation, Face C, Face D Psycho Girls & Psycow Boys / Solal, Sam Bush & Meloni...
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Kinky Friedman, tout à la fois chanteur de country, écrivain et héros d'une série de polar... Kinky est un grand amateur de cigare qui boit un ou deux verres de temps en temps : "Après un ou deux verres, je me suis senti beaucoup mieux que ça ne m'était arrivé depuis des années. Ca fait toujours cet effet-là pendant une heure environ." Dans son appartement New Yorkais il a une chatte avec laquelle il cause, enfin à laquelle il parle, mais elle ne répond jamais. Kinky (ça peut se traduire par fada / exentrique / Vicelard) est un peu un alter ego de Kinky "le Fank Zappa de la country" Friedman. Dans les romans de Kinky Friedman, Kinky fait beaucoup de blagues pas respectueuses et enquête un peu. On croisera des jeux de mot avec le Canadian Mist (un cocktail à base de whisky que l'on peut traduire par Brouillard Canadien ) et A Canadian I missed ( une canadienne qui me manquait ) qui pourrait bien être une chanson de country... puisque que Kinky - l'é...
Roxy Music, Ladytron et Can't Stand Losing You de The Police Si après le visionnage de ces vidéos ci-dessous vous ne sentez aucun changement dans votre humeur, je vais me boire une deuxième 1664. Si vous sentez que des choses changent je vais me boire une 1664 pour fêter ça. NB : Ces extraits vidéos proviennent d'un live "at the" Old Grey Whitle Test pour la BBC et datent de 1972 et 1978. Le Old Grey Whistle Test (OGWT) était un show télé de la BBC... L'émission s'est arrêtée en 1987. The Police Can't Stand Losing You , 1978 Roxy Music Ladytron , 1972
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Un été ardent avec Andre Camilleri Puis il resta à lire jusqu'à 11 heures du soir un beau roman policier de deux auteurs suédois qui étaient mari et femme et où il n'y avait pas une page sans une attaque féroce contre la social-démocratie et le gouvernement. Montalbano le dédia mentalement à tous ceux qui dédaignaient de lire des polars parce que, selon eux, il ne s'agissait que d'un passe-temps du genre énigme. Je suis loin de dédaigner le polar, ou le roman noir ou qu'importe le nom, mais j'étais jusqu'ici passée à côté de Montalbano, la plume de Camilleri et la traduction de Quadruppani. Sacré chaud mélange avec un goût de reviens-y. L'Italie continuait à être servante d'au minimum deux maîtres, l'Amérique et l'Eglise, et la tempête était devenue journalière à cause d'un pilote ch'era megliu perdirlu ca truvarlu, qu'il valait mieux le perdre que le trouver. Certes, les provinces dont l'Italie était femme s'élevaient ma...

Et le Hard Rock est entré dans les oreilles du Dj Duclock.

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J'ai appris à aimer les jaquettes d'Iron Maiden avant même d'écouter leur musique. J'avais le T-Shirt. Un T-Shirt génial pour un môme de 10 ans, noir à manches très courtes avec Eddy sabre au clair et le drapeau anglais plein de trous et un canon derrière. Un de ces canons du 19ème siècle. Je m'étais déjà pas mal forcé pour apprécier AC/DC... Alain m'avait prêté cette cassette de If You Want Blood You've Got It où Angus s'enfonce une guitare dans le ventre. Je l'avais mise un peu fort dans le lecteur de cassette et ma mère qui préparait la soupe m'avait demandé si j'aimais ça, cette musique ? Bien sûr j'avais répondu oui, mais j'étais terrifié par tout ce bruit. J'avais du mal à y distinguer quelque chose, mais ça m'attirait aussi beaucoup - plus tard ça me ferait la même chose avec le jazz puis l'opéra, cette impression au début de ne rien distinguer, de ne rien comprendre - et je regardais le vu mètre saturer à mort. Al...

Jean Hugues Oppel se souvient de cet air

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Aujourd'hui c'est l'écrivain Jean Hugues Oppel qui se souvient de cet air. Mon papa et ma maman sont divorcés. Je vais à l’école en France avec maman et passe toutes les vacances scolaires avec papa en Suisse. C’est plus simple que la garde alternée et moins onéreux que des allers-retours en train un week-end sur deux. Mon papa habite Neuchâtel, au bord du lac éponyme ; Montreux est au bord du lac Léman ; pour aller au concert, je fais du stop avec un ami autochtone, fan comme moi des forçats du booggie. Deux autres potes font la route de leur côté (à quatre le pouce levé, bonjour le handicap), rendez-vous dans la salle. Pour l’anecdote, entre la première et la deuxième voiture, les flics nous contrôlent avec la courtoisie policière helvétique de rigueur. Nous ne sommes pas majeurs mais avons plus de seize ans, nous avons nos billets en règle et fumons des cigarettes normales, tout va bien. Nous arrivons à destination sans trop de problème, quoique largement après l’ou...
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Everybody Need A Compilation Face A, Face B Elle est loin l'époque où on faisait des compilations sur cassette. L'art d'enchaîner les morceaux avec cette fêlure au milieu : Face A & Face B. Mon format préféré, c' était la 60 minutes, mais la 90 pouvait aussi servir pour les longues ambiances. Quelqu'un va bien faire un émulateur de ces bonnes vieilles bandes - le son n'était pas plus dégueulasse qu'un MP3 - avec enregistrement du Tchack caractéristique de quand la bande arrivait à la fin. Combien de fois ai-je transpiré en regardant la bande magnétique défiler et en me disant "ça va passer, ça va passer, ça DOIT passer !" alors que le dernier morceau de la compilation tournait. Maintenant il me faut bien une heure de course à pied pour arriver au même résultat... On en parlera prochainement ici même, mais la lecture de Bande Originale de Rob Sheffield m'a remis le temps des compiles dans la tête. Tout ça a bien changé, les ordinateurs so...
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Mélancolies de Patrick Mosconi Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce livre publié au Seuil Roman Noir... le titre, Mélancolies , des fesses d’homme agrippées par des mains de femme... Quelque chose brouille l’identification. En plus, je n’ai jamais lu Mosconi. Deux femmes vont se croiser, une anesthésiste infidèle ; une malade, peintre et dans le coma. Violeta fantasme cette femme inconsciente, cette Mariane qu’elle ressent de manière incompréhensible comme une soeur. Existerait-il des connexions cachées entre elles ? Mariane, la vie en suspend, exprime ses cauchemars en parlant de manière inconsciente. Violeta navigue entre son vieux mari et son jeune amant. Deux vies, deux fils avec leurs angoisses réelles et imaginaires. Au milieu l’amant, Tristan l’infirmier aphasique, recueille les confessions de Violeta, ses obsessions. Car de manière évidente, chercher à comprendre un autre amène à s’explorer soi-même un peu. Dans les dédales de ces histoires et de ces cerveaux, le le...
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Béla Fleck and the Flecktones , Warner Bros, 1990 Le banjo est souvent caractérisé par un jeu à la fois fluide et haché. Il semble ici que l'ensemble des instruments suive cette manière de jouer, même la basse de Victor Lemonte Wooten qui reprend de temps en temps les rolls du banjo. Béla Fleck roll parfois à la vitesse de la lumière ce qui n'est pas étonnant au vu de la jaquette intergalactique (dessinée par Mark Fox ). Le son de l'harmonica donne un petit air désuet, Howard Lévy possède un jeu technique et expressif assez époustouflant ; il se débrouille aussi très bien au clavier. Les compositions sont très structurées, presque mathématiques. L'unité de ton de l'album installe une certaine ambiance. Ce doit être la première fois que Roy "Futur Man" Wooten apparaît avec sa Drumitar, un instrument qu'il a lui-même mis au point. Sunset Road sonne un peu bateau, surtout pour la partie piano... L'ensemble de l'album est un peu froid. Béla Fleck...

Alexandre Saada, Panic Circus, Promise Land, 2009

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C'est en écoutant les Doors à 14 ans que j'ai appris ce qu'était un solo de clavier. Mais j'écoute aussi beaucoup de classique et je ne vois pas la différence entre ces deux genres. J'y trouve la même énergie, la même implication. Le classique c'était la pop de l'époque. Comme le Jazz du temps des standards. Alexandre Saada lors d'une table ronde publiée dans Jazz Magazine n°602 , Avril, 2009. Le jazz et le rock, le rock et le jazz... on en a déjà causé par ci par là sur Dj Duclock et voilà qu'Alexandre Saada y insuffle un air pop. Né en 1977, le gazier fait partie de cette génération - tout comme votre docteur des oreilles - qui peut passer de Morton Feldman à Eminem via Nirvana en moins de 7 secondes. Si de nos jours le jazz oublie bien souvent qu'il fut une époque où il se dansait, Panic Circus se souvient que les phrases musicales de Thelonious Monk peuvent se siffler dans la rue. Et le morceau Like Trees and Stars - on notera au pa...

Joe Zawinul, Zawinul, Atlantic, 1971

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Miles voulait tellement être sur ce disque... Je lui ai dit qu'il était important pour moi de faire ma musique et que le plus beau cadeau qu'il pourrait me faire serait d'écrire un texte de pochette. Extrait d'une entrevue entre Joe Zawinul et Laurent de Wilde dans Jazz Magazine n°585, Septembre 2007 repris dans l'indispensable Weather Report, Une histoire du jazz électrique de Christophe Delbrouck aux éditions Le Mot Et Le Reste. L'enregistrement de l'album Zawinul s'est fait en deux sessions : une le 6 Août 1970 pour Doctor Honoris Causa et In A Silent Way et l'autre le 10 Août pour Arrival In New York , His Last Journey et Double Image . Les musiciens changent selon les sessions. Le 6 Août 1970 Billy Hart et David Lee (batterie) ; Miroslav Vitous et Walter Booker (basses) ; Geroges Davis (flûte) ; Earl Turbinton (saxophone soprano) ; Woody Shaw (trompette) et Herbie Hancock (Fender Rhodes) se réunissent sous la houlette de Joe Zawinul. ...
Geoffroy se souvient de cet air... Geoffroy se souvient de cet air et ça sent bon l'été avec un brin de nostalgie. J'ai plusieurs chansons qui me ramènent à des périodes de ma vie et pas forcément à des moments, mais il y a cette chanson "Lemon Tree" de Fool's Garden qui me rappelle mes derniers jours d'étudiant à Angers. Cette dernière soirée, pas vraiment d'adieu mais presque, qui s'était terminée dans un champ, de nuit, à faire une "chasse aux lapins". Mais la chanson me rappelle plutôt le petit matin, où on était un peu tous dans un état vaseux, personne n'avait dormi, mais on était tous bien réveillés par un soleil généreux, en train de déjeuner sur une table en bois au bord d'un ruisseau dans un parc, au jus d'orange, à la bière et aux pains au chocolat. Je revois Pascal mimant un joggeur, courir après une voiture une bière à la main. La voiture de Cyril, une "Toyo", et son célèbre autocollant sur le pare-brise a...
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Bernard Lavilliers, Samedi soir à Beyrouth , Barclay, 2008 "Les distances se rapprochent, les hommes se touchent, les races se croisent, les produits les plus divers sont échangés partout. La vitesse des moyens de locomotion ressere l'étendue ; la matière s'anime ; les chemins tourbillonent sur des machines plus rapides que la fumée ; le Dieu de l'industrie hurle dans l'espace et trouble le monotone recueillement de la nature." Ernest Coeurderoy (1825 - 1862), Jour d'Exils (1854). Bernard Lavilliers traite de sujets increvables : la géopolitique, l'amour, le voyage, la solitude, le travail... le tout sur des rythmes reggae branchés sur Kingstone - grosses basses ronflantes et cuivres - déjà déclinés sur certains de ses autres albums. Comme à chaque album Bernard invite du beau monde : Raul Paz pour un hommage à Ray Barreto, Jehro, Tryo et puis aussi Willie Mitchell le gazier de Hi Record qui doit bien avoir 80 balais. On prend son billet pour Beyrouth...
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Noir , Robert Coover Il ne faut pas attendre bien longtemps dans ce roman pour humer le détective privé ambiance film noir. Le bureau, la porte vitrée avec le nom écrit dessus, la secrétaire, cliente mystérieuse et fantasmatique, le chapeau et les ruelles sombres, un peu d’alcool... tout y est. « Une tapée de problèmes, cette fille, et si tu avais été malin, tu l’aurais envoyée promener. Mais il faut payer le loyer, tu n’as pas assez de boulot pour refuser un client. Et puis en plus, elle avait de belles jambes. Alors, même si son histoire t’était connue avant même qu’elle te la raconte, la chronique inéluctable du sexe, de l’argent, de la trahison (mais qu’est-ce qu’il a, ce putain de monde, de toute façon ?), tu lui as demandé de la raconter. Depuis le début, as-tu dit. » Et moi aussi, j’ai l’impression de la connaître cette rengaine, façon images sur grand écran. Robert Coover se place pile dans cet univers. Son détective se nomme Phil M. Noir, il le tutoie et signale l’hommage. « A...
Barry White & Lloyd Chambers, I'm gonna love you just a little bit more En 1973 Barry White chante I'm gonna love you just a little bit deeper - avec son superbe riff de film à suspense - que l'on retrouve sur son premier album I've got so much to give (20 th century, 1973). Grosse voix, piano et violons sont au rendez-vous et c'est un rendez-vous très bien arrangé. Barry White , I'm gonna love you a little bit more En 1974 Lloyd Chambers reprend le I'm gonna love you just a little bit more en y insufflant un rythme reggae chaloupé qui va en faire chavirer à la toque. Lloyd Chambers , I'm gonna love you a little bit more

Lockwood, Top, Vander, Widemann, Fusion, JMS, 1981

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De la Fusion à la française made in JMS. En Août 1981 Didier Lockwood, Jannick Top, Chistian Vander et Benoît Widemann enregistrent l'album Fusion édité par le label JMS. Notons au passage que JMS avait sorti Amir (le premier album d'Henri Texier) en 1975 ; "Fusion" peut sûrement être entendu aussi en titre d'album qu'en nom de groupe, même si la durée de la formation fut plutôt éphémère. Toujours sur le même label Daniel Humair, François Jeanneau et Henri Texier avaient enregistré le titre - très Weather Reportien - Akagera qui se retrouvera sur l'album du même nom en 1980. Didier Lockwood est aussi chez MPS À l'époque de l'enregistrement de Fusion , Lockwood a un peu plus de 20 et il est aussi sur le mythique label allemand MPS dont les disques vinyl tardent à être réédités. Nous parlerons prochainement ici même de la réédition d'une compilation de morceaux de Rolf Khün par Universal. Lockwood qui avait déjà créé une formation jazz Rock e...
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Macbeth de Shakespeare, le remord rend fou En prévision de l'étude et de l'écoute attentive du Macbeth de Verdi (et sûrement, plus tard des version d'Ernst Bloch puis Emile Goué) lisons donc le Macbeth de Shakespeare dans la traduction de Pierre Jean Jouve aux éditions Flammarion (quoi qu'Yves Bonnefoy en a aussi fait une éditée en poche). Les dialogues de la pièce de théatre, écrite à la fin du XVIème ou tout début du XVIIème siècle, sont particulièrement évocateurs et une ambiance très forte s'en dégage. Le thème du remord destructeur, du Mal - oui avec un grand M - qui ronge ceux qui s'y sont adonné est particulièrement bien rendu. Macbeth et Lady Macbeth s'épaulent et s'enfoncent dans un bourbier qui leur tape sérieusement sur le système nerveux. Johann Heinrich Füssli, Lady Macbeth somnambule , 1781-84 (221X160cm) La tragédie de Shakespeare aborde des thèmes qui semblent intemporels, malgré les personnages étranges des sorcières. On a ici le remo...

Nadine se souvient de cet air

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Voilà, c'est Nadine qui ouvre la série Je me souviens de cet air qui va ravir les lecteurs de Dj Duclock pendant un bon bout de temps. Merci à elle pour son texte ! Vous vous souvenez de vos premières surprise-party ? Il y en a une qui est restée gravée trente cinq années plus tard. Les parents d'une de mes copines, Martine, étaient partis pour le week-end, et leur maison, place Kléber sur les quais de Loire, était libre pour y faire la fête. La bande de copains s'était donné rendez-vous le samedi en fin d 'après-midi et il était prévu d'y dormir. Mais attention... autre temps, autre moeurs ! Maman était allée rencontrer les parents de Martine pour s'assurer de leur moralité ! Hors de question que je tombe dans un traquenard. Et si les filles regardaient les garçons, il ne s'agissait que de flirter. Quant aux boissons, je préférais encore le jus d'orange à la vodka ! Enfin, j'aurais bien aimé un peu d'alcool, mais maman me l'avait int...

Merger, Exiles In A Babylon, Ultra / Sun Star, 1977 puis CBS, 1979 et enfin réédition Makasound, 2009

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Makasound qui nous avait déjà régalé avec la remise à jour des Black Roots continue son travail de réédition pour le plaisir des oreilles et le retour du soleil. Dès le premier morceau de la galette : Understanding et ses envolées de guitare accoustique on est dans le bain, et c'est une bonne vieille eau, production anglo-jamaïcaine de 1977*. Sur African Lady , le deuxième titre, c'est au tour de la flûte de planer. Plus loin, on se retrouve à la course - une sacrée course de fond - tout au long de Massa Gana , son solo de guitare saturée et ses claviers étranges. Des claviers dont on se demande d'où ils viennent ? Comme sur Life Song, mélange particulièrement bien réussi de rythmique roots et de "piou piou whou tip tip tip" que Raymond Scott n'aurait pas renié. Les arrangements sont très bien travaillés et pas lassants - rythmes qui avancent et grosse basse rassurante - et ne sonnent pas proprets comme beaucoup de sorties reggae actuelles. Les thèmes tou...
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De derrière les fagots, Emmanuel Pons et Je viens de tuer ma femme Arléa le ressort en poche, si vous ne l'avez pas lu corrigez cette erreur. Ce premier roman entre humour et cynisme nous est raconté par un homme qui s’appelle Emmanuel Pons. Je viens de tuer ma femme , il nous le dit dans le titre, qui est aussi la première phrase. On craint que la douce loufoquerie du début ne devienne lassante. Que les cadavres s’accumulent sans que rien ne vienne donner corps à l’histoire. Et bien non. L’auteur réussi à trouver le bon équilibre, une dure noirceur faisant retomber le lecteur des envolées dans laquelle l’outrance l’avait projeté. L’histoire va plus loin que l’anecdote et le crime. Elle nous plonge dans les relations de voisinage, la vie d’un petit village à l’abri du fonctionnement de la grande ville. Le narrateur nous fait découvrir sa femme, grossissant le trait mais touchant souvent juste sur les petites manies de la vie de couple. Notre rapport à la mort, ou tout simplement l’...