Articles

Affichage des articles associés au libellé basse

Meshell Ndegeocello, un patchwork

Image
  (Bilingual revew - English version below) Il me faut tout de suite vous avouer que je n'ai pas écouté ce que faisait Meshell Ndegeocello depuis la sortie de son EP The Article en 2006. Mais quand j'ai entendu le premier titre de The Omnichord Real Book (sorti en 2023) j'ai aussitôt reconnu sa façon de chanter et de composer. Des titres construits autour de plusieurs idées où plusieurs ambiances s'entrecroisent ; un groove continuel avec un côté sans queue ni tête, déroutant mais plaisant : voilà le style de Ndegeocello. Le tout funky et intimiste faisant parfois penser à Prince .  Le nombre de musiciens présents sur ce disque donne le vertige. Chacun d'eux vient colorer un morceau. C'est peut-être de là que vient l'impression de voyager dans la tête de quelqu'un, celle de Meshell en l’occurrence. L'artiste nous présente son Real Book à elle, son parcours de vie en musique.   The Omnichord Real Book est un album éclectique, c'est aussi un a...

Tapes from Nowhere de Simon Martineau Trio

Image
  Le guitariste Simon Martineau (oui presque comme Pat Martino ...) possède un jeu fluide et clair. Il vient de signer (Novembre 2023) un deuxième album en tant que leader chez Soprane Records. Une formule en trio permettant à chaque instrumentiste de s'exprimer. Le batteur Thomas Delor (avec qui Simon Martineau a enregistré et joué en tournée) possède un jeu léger et tranchant ( Mangrove ). Le contrebassiste Gabriel Midon (Martineau est présent sur son album Imaginary Stories ) creuse un lit de rivière pour l'imagination qui se déploie. Si cette section rythmique assure le rythme, elle se fait aussi mélodiste ( Le Tombant ). L’interaction est permanente entre les trois musiciens.   Tales from Nowhere propose onze titres courts, délicats et apaisants, joués avec style tout en gardant quelques passages de jazz traditionnel. La brièveté des morceaux n'empêche pas le trio de nous entraîner dans son univers de manière hypnotique (écoutez la reprise de John Coltrane : Count...

Chick Corea, The Song of singing

Image
Chick Corea (piano), Dave Holland (basse) et Barry Altschul (batterie) s'en donnent à cœur joie sur The Song of Singning . Le trio est une forme où chacun peut s'exprimer en même temps tout en gardant une cohérence sonore, et dès l'ouverture de l'album on imagine trois gamins géniaux se rencontrant dans une chambre pleine de jouets.    Les compositions de l'album sont à la fois légères et touffues, si elles s'inscrivent dans le mouvement free jazz  (1) de part leur spontanéité elles restent facilement assimilables (écoutez les Ballad I et III ). Le morceau Drone est une fantastique promenade sonore d'une vingtaine de minutes, un bijoux. Flesh rappellera l'ambiance du jeu  Boulder dash . Le phrasé du pianiste Chick Corea est immédiatement reconnaissable. L'album s'apprivoise en une ou deux écoutes. Quelque mois après l'enregistrement de  The Song of Singning (les 7 et 8 Avril 1970), le saxophoniste Anthony Braxton viendra se joi...

Goodbye Miles

Image
(Jazz Magazine n°698, détail) C'était en 1991 un 28 Septembre, Miles Davis se faisait la malle. Il a laissé pas mal de disques derrière lui, pas mal de vidéos, pas mal de souvenirs et pas mal de musiciens. Parmi eux, le bassiste Foley que l'on retrouve sur Amanda (Warner Bros Records, 1989).  Comme leader Foley n'a enregistré qu'un seul disque : 7 Years Ago.... Direction In Smart Alec Music (MoJazz, 1993). la chaîne YouTube  de takminister propose quelques vidéos de concerts avec le Chris Dave Trio. Il serait dommage de passer à côté.

Joni et Jaco

Image
Le bassiste Jaco Pastorius joue sur trois titres de l'album Hejira ( Coyote , Hejira et Black Crow) et à l'harmonica sur Furry sings the blues c'est Neil Young.

Archspire, The Lucid Collective (Season Of Mist, 2014)

Image
Archspire est un groupe canadien de Death Metal Technique. 

Bour-Bodros Quintet (Paker Prod, 2014)

Image
Cette musique avance par vagues et par cercles qui englobent rapidement l'auditeur.

Medeski Scofield Martin & Wood c'est l'incendie

Image
Hé bien... Ça joue grave. Bon en même temps celles et ceux qui suivent le Martin Medeski & Wood le savaient déjà, ces trois là sont branchés sur le secteur et font grimper l'intensité du réseau partout où ils passent. J'étais vraiment curieux de savoir ce que ça allait donner en quartet. Comment Scofield - pas la même génération tout de même - allez faire sa place dans le tourbillon ? Soit, c'était oublier que John Scofield en a vu d'autres... Je ne connais pas encore les albums studios qu'ils ont enregistrés ensemble ( A Go Go , Verve 1998 sous le nom de John Scofield) et Out Louder  (Indirecto, 2006 sous le nom de MSM&W) ; je m'étais préparé psychologiquement avec une 1664 millésime (celles qui ont un léger goût réglisse / vanille) et j'avais dégagé l'espace autour de la table du salon pour pouvoir danser. Le quartet à mis le feu. Je vous glisse un jeton dans le Juke Box pour 12 minutes de  Little Walter rides again... qui vous don...

La chasse aux pépites

Image
L'été arrive à grands pas et il va faire bon écouter un peu de musique peinard avec un petit rafraîchissement à portée de main. Au lieu de se fader les tubes à la mord moi le nœud que les marchands de soupe vont essayer de nous vendre, je vous propose un petit voyage au pays des pépites. Et pour commencer que diriez vous d'un peu de psyché africain (Ghana) des années 70 ? Viv à Vis , Obi Agye Me Dofo Et si la chose vous a causé n'hésitez pas à aller faire un tour du côté de chez Oro .

Didier Lockwood, Fasten Seat Belts, JMS, 1982

Image
Jamais deux sans trois... terminons notre évocation de Didier Lockwood chez JMS avec Fasten Seat Belt (JMS, 1982), considéré comme le premier album de violonniste avec son groupe façon Jazz Rock, un an après Fusion... Didier Lockwood avait déjà formé un groupe de jazz rock avec son frère avant de jouer avec Magma et Zao (cf Le Dictionnaire du Jazz chez Bouquins, Laffont) puis de se retrouver au sein de Fusion. Le voilà maintenant aux côtés de Kirt Kust (batterie), Francis Lockwood (claviers), Jean Michel Kadjan (basse) et Bob Malach en invité au saxophone ténor balance quelques merveilles bien senties. Si le disque est marqué par les sonorités ( Aldino ) et le rythme de l'époque ( He's Still around ) on pourra facilement se laisser entraîner par Fasten Seat Belt et son tempo lourd. Le voyage est tout à fait jouissable sur les 7'30 d' Aorta, un morceau planant tendance rock progressif... Boîte à musique qui clôt la face A du 33 tours est une petite perle discrète et f...

Didier Lockwood, Out Of The Blue, JMS, 1985

Image
Une fois qu'on a trempé les oreilles dans ce que Didier Lockwood faisait pour JMS (voire l'album Trio dont nous causions il y a quelques jours) il est difficile de s'arrêter alors je vous proposede mettre Out Of The Blue sur la platine. L'album sort en 1985 avec Billy Hart à la batterie, Gordon Beck au piano et Cecil McBee à la basse. Il y a un côté (personnel oblige) beaucoup plus américain dans la façon de jouer, c'est plus saccadé, plus be-bop, Gordon Beck cause pas mal au piano sur Legs le morceau d'ouverture, le ton est tout de suite donné, un peu comme si Monk avait mis les doigts dans la prise. Mais dès Cello Britten le violon s'emballe et on retrouve la touche de monsieur Lockwood qui s'envole complètement dans sa composition Martinique . Le morceaux Out Of The Blue est un condensé (moins de 4 minutes) de Lockwood  énervé. Notons au passage que le standard de Thelonious Monk Round about midnight est assez réussie. L'album se clôt sur u...

Une question

Image
Deux morceaux : Broadway 85 et Identity , voilà en quoi consiste cet Hommage à Jaco enregistré en concert les 6 et 7 Novembre 1995 au Pannonica de Nantes par Maurice Chevalier (basse et composition), Wilfried Chevalier (batterie), Geoffroy Tamisier (trompette) et Baptiste Trottignon (piano Fender). Mais qui va encore de nos jours - où la durée d'attention et de concentration d'un internaute doit difficilement tenir plus d'une minute - se coller les fesses dans le canapé pour écouter deux morceaux d'environ 30 minutes chacun ?

Sonic Youth, Nurse et The Eternal

Image
Les Sonic Youth ont une pulsation propre, une rythmique bien à eux. Je dois avouer que cela faisait très très très longtemps que je n'avais pas écouté un album de Sonic Youth, le dernier en date... hum... Dirty . Ah non, c'était Washing Machine ! Alors je ne savais pas trop à quoi m'attendre quand j'ai posé The Eternal sur la platine. Sacred Trickster , avec son ouverture à la guitare qui imite un piano de musique classique contemporaine, m'a conquis dès les premières mesures ; rien n'a changé sans pour autant tomber dans la nostalgie facile. La pulsation et les guitares frapadingues sont là. Antenna qui ouvre la face B, sonne comme si The Vaselines groovaient avec Kraftwerk ! Il y a toujours une accroche qui fait mouche dans les chansons : le petit solo de basse tout bête de What We Know bien porté par la batterie et puis ce Poison Arrow qui ouvre la face 3 de l'album. Malibu Gas Station , un titre à la Edward Hooper, comme du Soundgarden en bien !...

Miles Davis, Milestones, Columbia, 1958

Image
« Je voulais entrer en studio avec mon groupe. En avril, nous avons enregistré Billy Boy, Straight, No Chaser, Milestones, Two Bass Hit, Sid's Ahead et Dr. Jackle (présenté sur le disque comme Dr. Jekyll), pour Milestones chez Columbia. J'ai dû jouer du piano sur Sid's Ahead, Red s'étant mis en colère et étant parti quand j'avais essayé de lui faire une remarque. Mais j'adorais la façon dont l'orchestre sonnait, il avait quelque chose de spécial. Trane et Cannon jouaient vraiment comme des dingues et s'étaient maintenant habitués l'un à l'autre. Ça a été mon premier disque écrit dans une forme modale. » Miles Davis et Quincy Troupe, Miles, l'autobiographie , Infolio, 2007. Le titre de l'album déjà... Milestones ... comment traduire le jeu de mot ? Kilomètrepierres ? Le bop accorde sûrement beaucoup d'attention à la rythmique et le batteur Philly Joe Jones n'est jamais à court d'idées, c'est une vrai locomotive, un piston ...

91. Song For Mozambique, Archie Sheep

La jaquette de du CD avec son océan de faces dessiné à l'aquarelle m'avait attiré. Il y avait un long premier morceau et puis un piano discret, le saxophone d'Archie Sheep, la voix de cette fille, Bunny  Foy, la grosse voix qui cause de banjo et puis la grosse basse qui se pointait vers la moitié du morceaux aussi attendu qu'un solo de guitare des groupes de hard rocks que j'écoutais à l'époque... Song For Mozambique , Archie Sheep tiré de l'album A Sea Of Faces , Black Saint, 1975

Weather Report, Columbia, 1971

Image
Bien sûr dans le retroviseur on a In A Silent Way et Bitch Brew , plus quelques autres pierres... comme les albums solo de Wayne Shorter et de Joe Zawinul. On pense aussi à la liberté de l'Art Ensemble Of Chicago. Au moment où le Weather Report voit le jour Joe Zawinul vient de bosser pendant 9 ans avec Cannonball Adderley, et Wayne Shorter vient de quitter Miles Davis ; ils s'étaient déjà rencontrés - Shorter et Zawinul - en 1959, mais c'est après l'enregistrement du mythique In A Silent Way qu'ils décidèrent de faire un groupe avec le bassiste Miroslav Vitous. Le très jeune batteur Alphonse Mouzon et Aetro Moirera (percussions) se joignent à l'affaire. Barbara Burton et Don Alias sont aussi présents aux percussions lors des séances d'enregistrement mais il ne seront pas crédités. Ce premier album du groupe est un genre de cocon branché sur les étoiles, où les figures rythmiques se confondent avec la mélodie. L'album s'ouvre avec Milky Way , un d...

Return To Forever, Returns, Eagle Records, 2008

Image
En 2008, 30 années après sa dernière réunion, Return To Forever reprend du poil de la bête le temps d'une tournée. La bête semble très contente de faire sa promenade. C'est un gros alien clavier-basse-batterie-guitare qui n'en finit pas de parcourir la galaxie sur deux disques à grand renfort de longs solos alambiqués ; bien sûr on a bien l'impression de la connaître un peu avec son poil jazzy traversé de moments rock, funk et flamenco - épiques et parfois vertigineux. Le terme de virtuoses va bien à Chick Corea, Stanley Clarke, Al Di Meola et Lenny White. Notez cependant que si vous êtes sujet au mal de l'espace ou allergique aux sons des synthétiseurs, aux chorus solo solo pont solo chorus solo pont solo solo solo pont chorus solo vous risquez fort de passer un sale quart d'heure. Return To Forevers , Sorceress (1976)

Patrick Gauthier, Bébé Godzilla, Cy Record, 1981 réédité au Japon par Captain Trip en 2007

Image
On retrouve Patrick Gauthier aussi bien aux côtés de Didier Lockwood, d'Aldo Romano, de Mano Solo, de Youssou N'Dour qu'au sein de groupe tel qu'Heldon, Weidorje ou Alien. Notons aussi que Gauthier tient les claviers dans le groupe Magma. En tant que leader il publie Bébé Godzilla en 1980 où bouillonnement et effervescence sont au rendez-vous. Du Prophet 5 au mini moog, avec Benoît Widemann, Jean-Philippe Goude, Jean-Pierre Fouquey et Jean-François Gauthier, les claviéristes se taillent un belle tranche. Christian Vander, Aldo Romano et Kurt Rust se partagent la batterie. Plus d'une vingtaine de musiciens participent au projet. Les morceaux paraissent branchés sur une certaine science-fiction des années 70 où tout semblait alors possible aussi bien dans la création de nouveaux mondes que de nouvelles technologies. Une pulsation rock - parfois un peu bop - charpente le tout. Bébé Godzilla, le premier titre, prend directement l'auditeur en main ; le clav...

Stinking Lizaveta, sacrifice and bliss, monotreme records, 2009

Image
Je voulais écouter de l'opéra, des trucs qui déchirent comme disons le Salomé de Richard Strauss et je m'énervais à l'écoute du dernier Matt Bauer ( The Island Moved In The Storm , modulor, 2009)... monotonie du renouveau folk sans âme. Alors j'ai décapsulé une Murphy - les Murphy comme les Guinness ne font que 4 % vol, c'est pratique on peut en boire beaucoup sans être bourré - j'ai glissé le sacrifice and bliss du trio Stinking Lizaveta dans la platine et j'ai senti les coins de ma bouche monter vers le ciel au son de la guitare hard rock se trimbalant dans un décor décalé. Un peu comme si un affreux guitare-héros années 70 - mâtiné de Bucket Head - avait été plongé dans une grotte préhistorique où on l'obligeait à jouer du rock progressif très gras pour qu'il puisse s'échapper. On lui permet quand même de se reposer et il nous sert une ballade frapadingue où la guitare pleure pour de vrai dans un vrai blues rock qui tient la route et renvo...

Samuel Silvant trio, Le vent du soir, Rude Awakening, 2009

Image
On a déjà causé du label Rude Awakening et de leurs productions : Lenox Avenue de Bernard Santacruz, Mecanos Sonores et le surprenant Monotype de Jonah. La musique donne toujours à penser, parfois en boucle, en pulsions plus ou moins faciles. Ainsi je connais par coeur les sensations que vont me procurer le Appetite For Destruction des Guns n' Roses. Ce n'est pas gênant. Je n'écoute pas les Guns pour les même raisons que disons Thelonious Monk, quoi que... Le Samuel Silvant trio donne à penser et je sais que ce ne sera jamais le même paysage, la même idée, qu'on ne tournera pas en boucle. La richesse est là. Olivier Thémines est aux clarinettes, Bernard Santacruz à la contrebasse et Samuel Silvant à la batterie. Voyage garanti à qui sait s'installer dans un canapé et écouter.