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Affichage des articles du juillet, 2009

Des savons pour la vie, Harry Crews

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Des savons pour la vie me semble être un excellent choix pour prendre connaissance avec cet auteur incontournable. J’avais auparavant lu Le roi du KO , qui m’avait plu sans m’avoir emballée. Ici, la verve des dialogues ping-pong entre Hickum le vendeur de savons et l’impétueuse Gaye, donnent un sel tout particulier à l’écriture. Abracadabrante, portée par des personnages au top de la galerie des loufdingues, l’histoire égratigne au passage l’univers de l’entreprise et le monde des commerciaux, pointant le laïus à la gloire des employeurs et les techniques du super vendeur tout entier voué à la cause. Harry Crews met dans la bouche de ses personnages des séries d’insultes que l’on notera dans un coin pour les replacer à l’occasion. - Seigneur Dieu, t’es fabriqué comme un oignon, toi. À chaque fois qu’on enlève une couche, y en a une encore plus pourrie en dessous, dit Hickum. Je ne vous livre que le point de départ de cette histoire : tout bascule quand Hickum se retrouve dans la rue e...

Patrick Gauthier, Bébé Godzilla, Cy Record, 1981 réédité au Japon par Captain Trip en 2007

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On retrouve Patrick Gauthier aussi bien aux côtés de Didier Lockwood, d'Aldo Romano, de Mano Solo, de Youssou N'Dour qu'au sein de groupe tel qu'Heldon, Weidorje ou Alien. Notons aussi que Gauthier tient les claviers dans le groupe Magma. En tant que leader il publie Bébé Godzilla en 1980 où bouillonnement et effervescence sont au rendez-vous. Du Prophet 5 au mini moog, avec Benoît Widemann, Jean-Philippe Goude, Jean-Pierre Fouquey et Jean-François Gauthier, les claviéristes se taillent un belle tranche. Christian Vander, Aldo Romano et Kurt Rust se partagent la batterie. Plus d'une vingtaine de musiciens participent au projet. Les morceaux paraissent branchés sur une certaine science-fiction des années 70 où tout semblait alors possible aussi bien dans la création de nouveaux mondes que de nouvelles technologies. Une pulsation rock - parfois un peu bop - charpente le tout. Bébé Godzilla, le premier titre, prend directement l'auditeur en main ; le clav...

En français dans le texte

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Il y aurait carrément une étude sociologique à faire sur ce phénomène : souvent les auditeurs qui écoutent de la musique anglo-saxonne ne traduisent pas les paroles, ou très peu, et peuvent ainsi coller un imaginaire très fort derrière des phrases où quelque mots ressortent "Down the road", "deep inside", "dark side", "going home"... La voix devient alors un instrument peu connoté, comme une guitare, un banjo ou un saxophone. Quand les paroles deviennent compréhensibles, le message - le sens dégagé par le texte - devient prépondérant et l'auditeur a tendance à faire passer les paroles au tout tout premier plan et il peut alors lui sembler que le champ musical se rétrécit... aux paroles. La part d'imaginaire ayant été aussi rognée en partie par le sens "plus clair et plus fort" donné par des paroles plus connues. Jacques Bertin , Trois bouquets Il faudrait aussi se pencher sur la façon dont les textes francophones sont tra...

Une Cantate pour Robin Cook

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"- Que voyez-vous maintenant ? - Je vois Truesafe qui commence à gagner de l'argent en faisant des choses que le contribuable a déjà payées à l'Etat qui devait s'en charger. - Vous voulez dire le travail de sécurité ? - C'est ça mais ne parlez pas si fort. (Il a frappé la table du bout de son index.) Désormais, les agences de sécurité sont les points forts de la Grande Bretagne et nous devenons chaque jour plus forts - de toutes les industries de l'Occident, c'est la nôtre qui connaît la croissance la plus rapide. Je connais la valeur des chiffres. Pour ne prendre qu'un seul exemple, mises ensemble, les grosses agences comme la nôtre peuvent mettre sur une affaire un quart de million d'hommes - et la police ? Et l'armée ? Mis ensemble ? - Je ne saurais le dire comme ça. - Un peu plus de la moitié - environ cent cinquante mille, tout compté. Et il faut dire que nos hommes ne sont pas les premiers venus - vous êtes bien placé pour le savoir. Ils r...

Stephane Prat se souvient de cet air

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Stéphane Prat est poète et on ne sera pas sans reparler de son oeuvre sur Duclock avec L'ardoise parue aux éditions Asphodele. Sachez aussi que Stéphane Prat a ouvert les pages Aveux dans le n°1 de L'Indic . Le voilà qui nous parle d'une ville qui m'est chère.

Le Déchronologue de Stéphane Beauverger

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Décidément quand il s’agirait de chercher querelle territoriale ou généreuse raison d‘empoigner son voisin, les mêmes alibis avariés seraient éternellement resservis. Si les couronnes d’Europe n’avaient pas tant brûlé d’envie de venir planter leurs dents dans la couenne caraïbe, le lynchage et l’exécution de quelques colons français mal débarqués en domaine anglais n’aurait jamais trouvé si vibrant écho. Les trônes ont ceci de commun avec les baquets d’aisance que leurs usagers les souillent dès qu’ils s’y posent. Extrait de Stéphane Beauverger , Le Déchronologue , La Volte, 2009 Un siècle après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, les européens n’ont de cesse de guerroyer pour se partager le gâteau. Sauf que là le temps s’en mêle… Je ne vous en dis pas plus sur cet excellent roman de science-fiction pirato-caraïbe, nous en parlerons plus en détail dans le prochain numéro de L'Indic qui verra le jour en Novembre 2009. Mais sachez d'ores et déjà que les sauts ch...

Eric Clapton, Slowhand, Polydor, 1977

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Je me souviens très bien avoir écouté en boucle Cocaïne , la version d'Eric Clapton, et avoir trouvé ça foutrement bon sauf que je me disais : "bon sang c'est mal la coke, pourquoi ce type parle de ça ?" Mais ce style lent et relâché, nonchalant, me rendait dingue. Je découvrirais plus tard la toune de J.J. Cale. Le reste de Slowhand ressemble d'ailleurs parfois un peu à du J.J. Cale dans la lenteur, sans les notes rondes ni l'étrange pulsation de Cale qui donne l'impression qu'il va toujours de l'avant comme un torrent des montagnes. Eric Clapton sucre pas mal ses chansons et il est plutôt embourbé dans le chemin, mais subtil, le gars finit par arriver à destination, Lay Down Sally est un bel exemple de ballade particulièrement réussie. Eric Clapton , Lay Down Sally

Le creux de la vague, RL Stevenson

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Trois Blancs sur une île, trois miséreux sur la plage à Papeete, le ventre vide sous les ondées tropicales, tels sont les personnages que l’on découvre au début du roman. Des êtres humains au plus bas de la dégringolade sociale : Herrick l’ancien employé médiocre, Davis l’ancien « loup de mer Yankee » et Huish lui aussi ex-employé de bureau. "(...) Capitaine, juste un mot : pourquoi tous les pauvres gens ne sont-ils points voleurs de grands chemins ? - Pas la moindre idée, dit le Capitaine. - Ils doivent avoir le bien sacrément chevillé au corps, s’écria Herrick. Il y a là quelque chose qui me dépasse." Une possibilité va s’offrir à eux : mener une goélette vers l’Australie et échapper à la mendicité. La cale du navire, dont « Capitaine, second, plus un homme d’équipage, tous morts de la petite vérole », est pleine de champagne de Californie qu’il faut livrer à bon port. À partir de cette situation, les décisions des uns et des autres vont être intéressantes à observer. Cha...

U2, Wide Awake In America, Island Records, 1985

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U2 a vendu des dizaines de millions d'albums. Il y a peu je causais de ça avec Je Notule ; le disque est une industrie et on est des millions à avoir frémi sur le Smell Like Teen Spirit de Nirvana ou sur One de U2... du frisson industrialisé en quelque sorte. Mais c'est à chaque fois comme si la chanson avait été écrite pour vous. C'est l'effet que ça me fait parfois quand j'écoute U2, notons que ça me le fait beaucoup plus souvent avec, par exemple, Bob Dylan ou Gérard Manset. Sur ce mini album qui comporte 4 morceaux il y a à chaque fois quelque chose qui me cause, une ligne de basse d'Adam Clayton, la guitare cristalline de The Edge, la batterie mat de Larry Muller Junior ou le chant de Bono. Les deux premiers titres sont des prises live, très propre, très pro avec ce lyrisme qui caractérise le groupe dans la première partie des années 80. De quoi transformer votre habitacle de voiture en stadium. Les deux autres titres sont des B-Side issus des singles de ...

Maxime Le Forestier, Polydor, 1973

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Une voix immédiatement identifiable, un phrasé aussi, des textes en vrai, avec même des chansons sans refrain, des arrangements qui tiennent au corps, une pointe de jazz pour servir Parlez-moi de saison , une réussite qui quoi que classique sonne très bon. Une complainte pacifiste et beau temps qu'il fait avec les filles avec Entre 14 et 40 ans . Un slove un peu jazzy avec un clavier et des montées aux cuivres, une orchestration lyrique à souhait, Maxime en fait un peu trop et on se demande ce que ça aurait donné s'il était né en mer, ce gamin dont il a bien connu la mère. Et il y a plusieurs chansons où l'on pourra sûrement trouver qu'il en fait un peu trop le Maxime, mais comme c'est juste un peu trop et comme la musique est bonne, il suffit qu'on se décale un peu, il suffit de plonger un peu - on peut aussi boire un verre de bon vin - se laisser aller et là... il se pourrait bien que tout sonne juste. Et puis voilà de l'humour générationnel avec Dialogue ...

Mark Kerjean se souvient de cet air

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Mark Kerjean habite Brest, une ville du bout du monde où il fait beau plusieurs fois par jour. Les curieux pourront croiser ça et là les poèmes et les nouvelles de Mark ainsi que son roman Les corps sont plus lourds que les coeurs brisés paru aux éditions Goater. Aujourd'hui il nous emmène voir passer le train avec Interlude . L’enfance nous parait toujours émettre d’un temps révolu comme une étoile morte dont la lumière nous parviendrai toujours. Cette lumière lointaine nous éclaire aussi de sons oubliés. Gamin, je me plantais souvent devant la télé, et plus que les images, c’est la lumière qui me fascinait, cette lumière qui palpitait jusqu’à ce que la neige recouvre l’écran de son bruissement magnétique. Avant que celle-ci n’apparaisse, les images qui défilaient m’emmenaient toujours faire un tour de manège. Je ne savais pas lire, mais le petit train aux wagons peints de lettres qui servait de générique de fin d’émission, ou d’interlude, racontait une histoire en mus...

Hugh C. Rae, Skinner, Rivages/Noir, 1999 puis 2001

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"Maintenant il y a du verglas sur la route. C'est peut-être la raison pour laquelle Arno conduit lentement en quittant le village où se trouve l'hôtel. Mike, lui, s'est remis à biberonner la bouteille de gin. Je sais que d'ici cinq ou dix minutes il va être K.O.: quand ça lui arrive, il s'éteint comme une chandelle. Les bas-côtés sont noir comme le diable et il n'y a presque pas de voitures qui passent. Je ne sais vraiment pas où on est. La neige n'a pas été enlevée et j'entends le bruit que ça fait sous les pneus, et dans les virages je vois le jaune des bordures quand les phares les éclairent. Nous n'avons pas fait dix kilomètres quand MacNally s'effondre. J'entends le bruit de la bouteille qui est tombée, je vois Arno se pencher pour la ramasser, remettre le bouchon dessus, sans quitter la route des yeux." Hugh C. Rae, Skinner , Rivages/Noir, 1999. Skinner est un roman à plusieurs voix, comme Tandis que j'agonise de Faulkn...

Le rock des années 90, ça va faire 20 ans que ça a commencé

Disons la vérité vraie, celle qui ne ment pas trop, je n'arrive plus vraiment à écouter Nirvana. Je connais les chansons par coeur et elles sont tellement pleines de souvenirs et de vécu qu'elles craquent de partout. Alors j'hésite à les mettre sur la platine ; bien sûr quand j'en mets une elle passe très très bien. Il suffit de me dire un titre pour que je le déroule dans ma caboche, oui même les D-7 et autre Return of the rats . A la grande époque Nirvana, 24 albums s'alignaient dans mon étagère à disques : les 5 officiels - le live électrique n'était pas encore sorti - et 19 pirates allant de Kurt Cobain chantant dans sa salle de bain à la tournée avec le violoncelle sur scène. Aujourd'hui il m'en reste 5 et puis aussi ce disque the "Priest" they called him de Kurt et William Burroughs. J'ai une version de Polly avec de la batterie jouée à toute berzingue. Pour retrouver cette athmosphère de liberté et de monde réél, loin des gonzess...

Chattanoogie Shoeshine Boy de Red Foley

C'était en 1949 aux USA, le morceau Chattanoogie Shoeshine Boy se plaçait premier dans les classements Hot Country Songs et Billboard hot 100 . Chattanoogie Shoeshine Boy par Red Foley en 1949

Opale de Stéphane Lefebvre

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Opale n’est pas exempt de défauts. Connaître, même virtuellement, l’auteur, ne m’a pas empêchée de les voir. Mais je ne crois pas avoir apprécié le roman par indulgence. J’ai fini le dernier tiers sans décrocher. Ce qu’il faut faire, d’ailleurs : lire quasi d’une traite. Du fait des quelques faiblesses, je pense que le roman ne supporterait pas une lecture trop morcelée. Stéphane Lefebvre opte pour un univers bon enfant, empli de boutades et métaphores souriantes, l’envie de détendre les choses en toutes circonstances, à l’image de son personnage de journaliste, Robin Mésange (tellement vrai et proche de chacun d’entre nous, une réussite). Même face à l’ennemi avec à ses côtés la femme de ses rêves et lui sur le point de se pisser dessus, il faut qu’il trouve le bon mot. Cette omniprésence crée une distance entre l’histoire et le lecteur, qui a bien conscience de lire une fiction, un roman, une aventure qui l’égaye mais prendra fin la dernière page tournée. Opale séduit par ce ton lé...
Les McCormick Brothers imitent très bien les poulets La preuve. McCormick Bros , Red Hen Boogie ,78 rpm Hickory Records

Antoine Grangier se souvient de cet air

On a rencontré Antoine Grangier du côté de Rennes un soir où on était allé voir Bad Lieutenant dans un cinéma de quartier. Après ou peut-être c'était avant, je ne me souviens plus très bien, on a mangé des kebab gros comme ça. Vous pouvez retrouver Antoine sur la toile . Toi je suis sûre que tu écoutes ça, je suis sûre. Et il avait acquiescé. Nous étions disposés par grappes dans la salle, pendant cet intercours ; moi, plus ou moins assis sur ma table, jouant inconsciemment à perdre l’équilibre, rêvassant. La fille ne me plaisait pas, sa phrase aurait pu aller s’imbriquer dans les autres, masse sonore à laquelle tous les élèves travaillaient, chacun piaillant, chacun s’escrimant à la rendre plus dense. Je suis sûre ; et il avait acquiescé. Un peu plus tard ce jour-là, nous étions lui et moi à l’internat, dans sa chambre. J’avais prononcé le nom du chanteur, pas tout à fait au hasard, d’autres pensées avaient pourtant eu le temps de s’intercaler, j’avais gardé la phrase de la fill...

Foxy Lady et Rollin' Over

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En ce début d'année 1968, les Small Faces louent des bateaux sur la Tamise pour écrire les textes de leur nouvel album. Au passage ils empruntent un des riffs de The Jimi Hendrix Experience. The Small Faces , Rollin' Over

Thierry Marignac À quai

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1995, des réfugiés de tous les pays, entassés à Hambourg sur un bateau à quai, en attente de jugement. Une micro-société entre coursives et cabine, pont supérieur et cale, s’organise à coup de jeux clandestins, alcool de contrebande, allocations et troc de cigarettes pour survivre. L’horizon n’est pas très vaste, l’espoir repose sur quelques avocats intermédiaires avec la justice, un toit et un rêve d'emploi. « Ces Allemands si respectueux des lois l’avaient fourré dans un wagon flottant à l’arrêt sur une voie de garage charriant des kilomètres cubes d’eau trouble à chaque battement de coeur. À gros débit sous le ponton métallique, le courant du fleuve dans son flux perpétuel rappelait à toute heure que la vie s’écoulait, que le temps battait aux tempes, que le mouvement était nécessaire. Une donne comme une autre, se répéta Zoran qui jeta sa cigarette pour respirer un peu d’air nocturne avant d’entrer dans la cabine et son atmosphère confinée. » Zoran le Yougo, sa femme Zina et l...

Eric Clapton, (no reason to cry), Polydor, 1976

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C'est par Sign Language que je suis venu à écouter (no reason to cry) . Un routard du blues et du rock , qui m'avait déjà piégé avec la superbe valse dylanienne de New Morning, m'a demandé un jour : " Et de Dylan, tu connais Sign Language ?" Je lui ai dit que non, mais que Dylan il en avait fait des albums et que parfois... Il a tout de suite clarifié la situation en me disant que cette chanson de Dylan n'était pas sur un album de Dylan, mais sur un disque de Clapton sorti en 1976. C'est ça la belle vie, on en apprend tous les jours. Sur la jaquette Clapton est assis devant diverses bouteilles d'alcool. Je suis reparti avec le disque à la maison. Il y a du beau monde là-dedans, les gars du Band , et Ron Wood aussi qui venait d'être engagé par les Stones. Si Sign Language est de loin le meilleur morceau de l'album et que parfois, comme dans la chanson Black Summer Rain , Clapton sucre un peu trop les arrangements, il reste que la galette est...

Little Bird de Craig Johnson

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Voici un nouvel auteur chez Gallmeister , un qui s’attache autant à ses personnages qu’à leur lieu de vie, ici l’Etat du Wyoming jouxtant le Montana de Crumley, dans le grand Ouest américain. Prenons contact avec Walter Longmire, shérif de la ville de Durant, plus tout jeune, assez déprimé par la mort de sa femme et l’éloignement avec sa fille. Classique dans les faits, mais souligné par une façon d'écrire, de mener l’histoire, de la poser dans un environnement... une alchimie réussie, qui ne donne aucune envie de lever le nez de ce chouette voyage. En plus, Craig Johnson possède un humour fort-à-propos, présent comme il faut au long des 400 pages. Il y a donc ce shérif dans sa petite ville et cet immense paysage de montagnes, et puis la Réserve indienne. Les chasseurs, comme Omar l’énigmatique, le seul à viser juste à 400 mètres avec une vieille carabine. Et le pote de Walt, Henry l’Indien surnommé l’Ours. Le bar qu'il tient est signalé par une enseigne de poney rouge clignota...

Charlie Haden, Liberation Music Orchestra, MCA Records / Impulse, 1970

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Dès l'introduction de l'album on sent que la maîtrise est là et qu'il va souffler un vent de liberté sur les chants de combat du Liberation Music Orchestra qui semble à la fois être le nom de l'album et le nom du big band que l'on trouve là, sous la baguette de Charlie Haden : Gato Barbieri, Carla Bley, Don Cherry, Perry Robinson, Dawey Redman, Mike Mantler, Roswell Rudd, Bob Northern, Howard Johnson, Sam Brown, Andrew Cyrille et Paul Motian ; 14 musiciens en liberté qui rappellent parfois les polyphonies de l' Art Ensemble Of Chicago , si la guitare espagnole s'étaient pointée chez les gars de Lester Bowie. Les interludes qui jaillissent des morceaux sonnent comme la voix d'un vieux gramophone... à la fois touchantes et lointaines. Les arrangements de Carla Bley n'y sont surement pas pour rien. Une grosse réussite quelque peu hypnotique. Charlie Haden & Music Liberation Orchestra , Sandino (ce morceau ne figure pas sur l'album dont nous par...

Thierry Marignac se souvient de cet air

Nous avons déjà parlé de Thierry Marignac sur Duclock pour ses romans Fasciste et Renegade Boxing Club . Et ça risque fort de continuer. Il est aussi au programme du numéro 3 de L'Indic, notre numéro de l'été particulièrement désaltérant. Laissons-nous entraîner dans un rade de Paris... avec Alan Vega et son hymne au rythme binaire. Le juke-box était dans un coin du bar et tous les disques d'Iglésias étaient rayés. Quand une fan de l'étoile ibère mettait un de ses morceaux, le plus proche de l'engin lui mettait un coup de pompe. L'air qu'on aimait démarrait mine de rien la nausée des matins où on commandait une bière - libres pour la journée. Le son grêle d'une guitare, bientôt hypnotique, soutenue d'une boîte à rythme. La voix était un hoquet gueule de bois sur des sonorités rauques - rares éclairs de la veille - dérapant vers la dissonance, brisée, entre la chute en vrille et le pas cadencé. Aussitôt recouverte par le ressac du son artificiel. De...

Faites vos jeux ! avec Christopher Brookmyre

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Après ses deux premiers romans parus à la Série Noire, Faites vos jeux ! est le troisième roman de Christopher Brookmyre, publié aux éditions de l'Aube. Sûre de passer un bon moment avec, je me le gardais dans un coin depuis un certain temps. Et je n’ai pas été déçue ! Un poil en dessous du Petit Bréviaire du Braqueur , mais au-dessus de Petite Bombe Noire , Faites vos jeux ! est un divertissement de qualité. Incrédules des situations rocambolesques, des cascades cinématographiques à la James Bond et des bluettes, passez votre chemin. Par contre, si vous avez envie de vous éclater en compagnie d’une ménagère écossaise de 46 ans qui s’ennuie dans une vie bien rangée, et d’une équipe d’opérations commando avec à sa tête un mystérieux chef charismatique, foncez. Cette histoire est de celle qui vous laisse collé dans le transat toute la journée. Il ne faut pas bouder son plaisir ; pour les grandes envolées littéraires, et la profondeur du propos, il y a plein d’autres livres pour a...

Changer le son de cloche

Dans « ces chanteurs que l’on dit poètes » paru en 1970 à l’Ecole des loisirs, l’auteur C. Hermelin remarque « On pourrait dire, en schématisant un peu, que la carrière de Winter (1) a été fabriquée par la mode, alors que la mode s’empara des chansons de Moustaki faites sans tenir compte de ses désirs et de ses besoins. » Et Hermelin de constater « Tout se passe comme si le mot « chanson » recouvrait deux réalités différentes, deux types de chanteurs, deux types de public. » Plus loin il distingue « la chanson de consommation » où l’on entend plus que l’on écoute et la « chanson d’expression » où l’écoute est plus exigeante et soutenue. À l’heure actuelle, où des émissions télé essayent de faire croire qu’un chanteur se fabrique en six mois et quelques cours de scénographie suivis de l’interprétation de deux ou trois tubes, il semblerait bien que le déséquilibre entre les deux chansons atteigne un sinistre sommet et que les auteurs compositeurs comme Jacques Bertin , Bernard Joyet ...