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Affichage des articles du septembre, 2009

RJ Ellory, Seul le silence, MiCkey [3d] et Olivier Dahan

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Seul le silence est conté par un narrateur qui agonise et revient sur les évènements l’ayant mené où il est. La force de ce roman, à mon sens, c’est de mélanger une histoire de serial killer d’enfants à la peinture d’une petite ville américaine de Georgie. Les peurs des gens refermés sur eux, leur hypocrisie, leur solidarité et leur haine à la fois. « On y prônait la religion, la tolérance et l’abstinence, mais les bars étaient bondés, et quelque part à la périphérie de la ville se trouverait une maison appartenant à une femme célibataire, une maison dans laquelle il y aurait deux ou trois filles. (...) Les gens de Stone Gap abhorraient la violence, mais chaque homme possédait un pistolet et chaque femme avait plongé les mains dans le sang d’un porc égorgé. » Certains passages vantent légèrement un passé meilleur opposé à un monde qui devient fou, mais sans trop appuyer, d’une manière qui n’est pas sans rappeler Cormac McCarthy. Nous sommes au début de la seconde guerre mondiale, évè...

Elvis en sésame

"Le Nom seul est un sésame. Dès que la conversation retombe ou que les conteurs d'histoires se perdent en digressions, j'ai appris à sortir Elvis de ma manche comme un dernier atout et à attendre tranquillement une réponse réflexe - une lèvre supérieure qui s'ourle, quelques mesures de "Jailhouse Rock", une pose de karaté, une blague éculée, un bout de souvenir. Il est, avant tout, la clef de la mémoire." Nik Cohn , Anarchie au Royaume-Uni, Mon équipée sauvage dans l'autre Angleterre , Éditions de l'Olivier, 2000. Elvis Presley , Words un enregistrement en concert fin Août 1969 lors de son grand retour à L' International Hotel de Las Vegas dans le Nevada.

Des mots pour la semaine.

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Tony Truand, l'infatigable amoureux de la langue française, nous propose d'enrichir un peu notre vocabulaire. Ainsi pendant quelques temps il sera proposé sur Duclock une présentation succincte de quelques mots (dont les définitions ont été piochées dans "Turlupinades & tricoteries : Dictionnaire des mot obsolètes de la langue française" de chez Larousse) suivis d'exemples originaux et classieux. A vous ensuite de les placer dans la conversation et pourquoi pas de venir nous raconter comment cela s'est passé. Voici donc autre chose que des petits poids pour dîner. Tony à toi l'antenne... Voici une collection de mots tombés en désuétude mais dont l’absence de synonymes milite en faveur d’une réhabilitation. A Dieu va donc ! Et l’on me pardonnera si, pour être ici publié, j’ai dû parfois sacrifier au style indu de ce lamentable blog pour adolescents. Nonobstant ce petit calcul, j’espère que vous apprécierez ce répertoire de mots obsolètes glanés au hasar...

Jean Louis Murat, Cheyenne Autumn, Virgin, 1989

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La voix de Murat est parfois un peu malhabile, moins riche et moins ample que sur ses prochains albums. La batterie électronique, façon Indochine, de te garder près de moi est assez agaçante et ce premier album dans son ensemble a plutôt mal vieilli (mais peut-être que ce genre de sonorité reviendra, je sais pas vous, mais je supporte de mieux en mieux le son des années 80 peut-être que c'est à force d'écouter des morceaux de jazz-rock). Une chose me semble sûre, les textes et le style de Murat sont déjà là, un genre de blues français rampant sous une rencontre improbable entre des poètes de la Renaissance et une musique pop années 80... au fil des albums tout ça va s'arranger. Jean Louis Murat , Si je devais manquer de toi en concert très rétro... mais avec un bon solo d'harmonica (trop court).

Lo que mi guitarra quiere decir

Continuons notre série What my guitar wants to say avec la guitariste Ana Vidovic et Asturias une célèbre pièce pour guitare du compositeur Isaac Albéniz (1860 - 1909). Ana Vidovic joue Asturias d' Isaac Albéniz

Dune & Toto

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C'est le groupe de rock Toto, celui d' Africa  qui - accompagné pour la réalisation de l'Orchestre Symphonique de Vienne et les choeurs de l'Opéra de Vienne - composa la Bande Originale du film Dune (1984) de David Lynch tiré de l'oeuvre romanesque de Frank Herbert. Un genre de rock symphonique planant... Un titre cependant, Prophety Them , devait être composé et interprété (avec l'aide de Daniel Lanois et Roger Eno) par Brian Eno. Toto , Dune's Soundtrack, Big Battle

Malevil de Robert Merle

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Malevil faisait partie de mes souvenirs de lecture d’adolescence. Un temps fort -un peu comme la première fois où j'ai réalisé que mes parents mourraient un jour - qui m’a fait découvrir les romans de fin du monde. Le goût évoluant en même temps que les critères de jugement, je craignais de relire ce livre. J'ai cédé au plaisir cet été, à la montagne. Cadre parfait pour coller à l’ambiance de l’histoire. La relecture de Malevil ne m'a pas déçue, le souvenir n'était pas enjolivé par le temps passé. J’ai retrouvé Emmanuel, Noé dans son arche de pierre, échantillon de civilisation survivante en pleine campagne ; victime et modèle pour ce fantasme absolu et puissant : la vie disparaît de la surface de la terre. Insectes, maisons, immeubles, êtres humains, téléviseurs et champs de fleurs... rien, il ne reste rien. On est au milieu des années 70 et une bombe nucléaire a explosé. Que reconstruire ? La communauté repart à zéro, préoccupée par l’essentiel : sa survie. Pouvoir ...

Fabrice Colin et les 3 questions du Dj Duclock

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Fabrice Colin au Flesselles à Nantes le 18 septembre dernier pour la présentation de La Brigade Chimérique Il va y avoir plusieurs occasions de parler de Fabrice Colin dans les semaines à venir notamment pour son travail sur la bande dessinée La Brigade Chimérique qui sort ces jours-ci chez L'Atalante et puis prochainement au sujet d'un bouquin qui causera d'un fan de Radiohead. Mais voici d'ores et déjà une petite interview réalisée lors d'une rencontre où Gess, Lehman et Fabrice Colin présentaient leur série de BD qui mêle habilement héros de fiction et personnages réels dans une Europe décalée des années 30. Une Bd avec des super héros européens dont on ne sera pas sans recauser dans le prochain numéro de L'Indic qui devrait voir le jour en Novembre 2009. Dj Duclock : Fabrice, qu'est-ce que tu lis en ce moment comme bouquin ? Fabrice Colin : En ce moment je lis des romans de littérature générale en fait, parce que je travaille pour un site qui s'a...

Philippe Marlu se souvient de cet air

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Nous avons déjà causé de Philippe Marlu sur Duclock . Aujourd'hui il nous présente son souvenir musical... Je me souviens bien d'un air, sur quelques notes, juste une phrase... "Vous qui avez bon coeur, brave gens, ayez pitié des pauvres truands". Rien de plus. Ma mère chantait ça, bien avant Internet. Et elle ne savait déjà pas d'où ça sortait. Quand elle en avait marre de chanter, elle la sifflait, la mélodie, lancinante... elle prenait des libertés, elle mettait des points d'orgue n'importe où. "Vous qui avez bon coeur, brave gens, ayez pitié des pauvres truands", ou quelque chose comme ça... "ayez pitié des pauvres mendiants". Je suis même pas sûr des paroles. Peut-être que ça vient des Mystères de Paris, Kosma... ? L'Ortf, le noir et blanc. Ça sent comme ça, en tout cas. "Vous qui avez bon coeur, brave gens..." Je suis même pas sûr que je voudrais en savoir plus.

Les Felice Brothers sont dans un camion

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Cela fait maintenant 2 ou 3 ans et 5 albums - dont un qui n'est distribué qu'après leurs concerts - que les Felice Brothers traversent les States dans leur camion blanc. À des kilomètres des niaiseries folk ou folk rock débitées par de jolies filles proprettes ou de beaux gosses à belle voix dont on nous râbache les oreilles et dans la même lignée que les Two Gallants, les Felice Brothers me paraissent indispensables pour accompagner coup de blues, moment de fête, canettes de bières, eau gazeuse ou verres de rhum. Nous ne serons pas sans en reparler plus en détail, disque par disque, mais en attendant voici la preuve par l'image et le son avec Frankie's Gun ! tiré de leur 3ème album paru en 2008 chez Team Love. The Felice Brothers , Frankie's Gun

Les Allusifs font dans le 3/4 polar

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Cette maison d’édition a été fondée à Montréal en 2001. Elle se lance cette année dans une collection ¾ polar, étrennée par Gabriel Trujillo Munoz avec ses romans - plus proches de la novela - Tijuana City Blues , suivi de Loverboy et Mexicali City Blues . Ils ont pour personnage récurrent un avocat des droits de l’homme, Miguel Àngel Morgado, qui oeuvre à Mexicali, ville de Basse Californie au nord du Mexique. Je n’ai pas lu le premier opus mais les deux suivants de la collection, et il faut reconnaître que ces histoires ont du sel. Trafic d’organes dans l’un, trafic de drogue dans l’autre, l’avocat se trouve embarqué dans des enquêtes toujours plus compliquées qu’elles n’en ont l’air. Violence et onirisme se côtoient, appuyés par cette ambiance propre aux hispaniques. Jamais bien loin, le puissant voisin américain a toujours un lien, pesant, avec les drames vécus par les protagonistes. Le format, très court, laisse peu de place au développement des personnages et des thèmes. Avec l...

Awol One & Factor, Owl Hours, Fake Four Inc, 2009

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Le hip hop est bouffé par les bodybuildés et les nibards siliconés ; les paroles sont aux ras des pâquerettes et la musique enfile cliché sur cliché ; il est de plus en plus difficile de trouver des morceaux qui sortent du lot. Tout ça semble sortir de l'industrie du porno et en copie les codes robotatifs. Je me souviens au début le son de cloche était "le rap ne tiendra pas la route, c'est pas de la musique c'est une mode qui va passer". La mode - tellement moche qu'il faut la changer tous les 6 mois comme disait l'autre - remodèle le hip hop, en faisant un produit industriel - facile à reproduire - pour les gamins. Comme le dit si bien Nik Cohn dans Triskta : L'économie du hip-hop que l'on prétendait être le son de la noirceur, était depuis longtemps guidée par le dollar blanc. Et avec le style gangsta, elle avait trouvé la plus riche des mines d'or. L'appétit des jeunes américains blancs jouissant d'un pouvoir d'achat pour le go...

Tzetan Todorov, L'Esprit des Lumières

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"Après la mort de Dieu, après l'effondrement des utopies, sur quel socle intellectuel et moral voulons nous bâtir notre vie commune ?" C'est sur cette question que s'ouvre L'Esprit des lumières de Tzetan Todorov. Une question qui tombe à point nommé au moment où il me semble bien que nous vivons une situation quelque peu dangereuse - voire schizophrénique - quand l'on nous dit, entre autres discours contradictoires, qu'il faut travailler plus tout en allant vers une société de loisirs... Je ne résiste pas à vous présenter la photo de l'édition de Ouest France du 1er Septembre 2009 accompagnée de son "supplément gratuit". Elle parle d'elle- même. Une société ainsi écartelée ne prend-elle pas le risque de sombrer dans la folie ? Voici donc une tentative de résumé, émaillée de quelques citations et remarques qui font suite à la lecture de L'Esprit des Lumières de Tzvetan Todorov. "Ayant rejeté le joung ancien, les hommes fixer...

Ludovico Einaudi, Divenire, ponderosa, 2007

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Parfois je me dis c'est aussi bon que du Ennio Morricone, une bande originale qui aurait été écrite rien que pour mon canapé et moi, ou un voyage en bagnole avec la nuit et moi. Un truc de solitude, une bande son pour se sentir bien, seul. Et parfois je me dis que ça ressemble à une cassette de sophrologie ou que ce piano à la Köln Concert de Keith Jarret, que les petits effets de boucles à la Royal Canin (elle en aura fait du mal cette pub à la musique), que les deux notes piquées à Chopin... tout ça, c'est trop ; un chouïa trop beau . Alors je sors le disque. Je le mets dans la pile de disque à vendre et puis... non. Au moment de descendre le refourguer chez le disquaire d'occasion, je le garde, je le remets dans ma discothèque à côté de Philip Glass. Et quand je me le repasse, quand c'est au bon moment, je me dis bon sang, même s'il y a un ou deux passages qui ressemblent à une cassette de sophrologie à cause d'une nappe de violon tourbillonante, même s'...

Luc Cloche se souvient de cet air

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Il semble bien que Luc Cloche ait été quelque peu indiscipliné durant sa jeunesse, les choses ont-elles changé ? Ah, et bien écrire un bon vieux souvenir, ou une bonne vieille rédaction du style « Racontez, un moment de musique qui vous a marqué » cela remue des vieux casses-têtes où il fallait se dévoiler, en brut ou en nuances pour choper une note potable... C'est terrible d'y retourner, à moins de partir dans la franche rigolade, vous savez, celle du plaisir d'une bonne vielle frasque, ou du moins, fait-on semblant (?) de la croire ainsi. C'est comme cela, qu'avec les copains en 64 ou 65, on a contourné les consignes du prof d'Allemand, qui pour le dernier cours avait autorisé un Tépaz, et de la musique, à condition qu'elle soit aussi douce et mélodieuse que la langue de Goethe... Terrible, à doubler, alors, comme j'étais bon en dessin, avec quelques congénères, on a immaginé le coup du siècle, ou au moins de l'année : Cela consisterait...

The Police, Live At Zellerbach, Sniff Records 03, 1980

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Le Live at Zellerbach de The Police a été enregistré lors d'un concert à Berkeley, California, USA le 04 Mars 1979 pour une radio et édité en vinyl de manière tout à fait illégale par Sniff Records. Le son est bon pour un bootleg. Le groupe est déchaîné et Sting tente de bonnes vocalises sur Can't Stand Losing You . Le So Lonely est joué façon punk avec choeur légérement en canon et solo dévastateur à la moitié de la chanson. Comme chez Metallica, ce solo donne l'impression d'avancer ce qui on en conviendra n'est pas donné à tous les solos de guitare. Follow The Leaders (Fall Out) a quelque chose des Doors et des Sex Pistols secoués dans un shaker. Born in the 50's risque de filer un coup de vieux à pas mal de monde. Hole in my life , sa guitare avec effet flanger et sa rythmique donne un côté un peu science-fiction. Be My Girl - Sally , sonne comme un tube rock britannique des année 90 qui tenterait d'imiter du punk rock californien en mieux, mais ça ne ...

Ceci n'est pas une pipe

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Il semblerait que la mode soit à la recherche de l'authentique en littérature et au cinéma. Les estampilations "tiré d'une histoire vraie", "témoignage d'un ancien voyou", "témoignage d'un ancien flic", "fait avec des vrais gens" etc... sont de rigueur. Tout cela tente de faire oublier que la littérature et le cinéma sont des ARTS et que "ceci n'est pas une pipe". Le "vrai" ou "l'authentique" dans l'art n'est pas forcément dans le "documentaire". Ainsi, "La Route" de Cormac McCarthy - roman de science fiction post apocalyptique - est vrai dans toutes ses scènes et apporte une importante réflexion sur la fragilité et l'humanité si on veut dégager ces deux thèmes parmi les autres. Il est authentique (sincère et vrai), bien plus que par exemple "Go Fast" "tiré d'une histoire vraie" avec "de vrais bouts de policier dedans" dont les ...

Une saison de scorpions, Bernardo Fernandez

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Un roman comme je les aime. Qui ne traîne pas en longueur et raconte une bonne histoire, avec tout le rythme et le style nécessaires. La quatrième de couv’ évoque Peckinpah et Tarantino ; pour une fois elle n’est pas mensongère. Il y a cette ambiance de gens sur le déclin, l’autodestruction au bout du chemin, E l Güero , le tueur dans sa vieille Impala, qui ramollit et voudrait bien remiser son flingue. Forcément l’histoire part en vrille, braquage, kidnapping et règlement de compte final façon duel de western ou encore scène à la John Woo quand 15 flingues s’entrecroisent. Côté forme, l'auteur a choisi de faire changer le point de vue à chaque chapitre, passant par le regard d'un des différents protagonistes, et adaptant le style en conséquence. Ça va vite ! Entre traficantes et princesse punk, le roman sent la chaleur et le désert, entre Mexique et Etats-Unis. Je n'en dis pas plus, le roman est bien assez court. Bon choix des éditions Moisson Rouge ! Bernardo Fernandez ,...

Barbey d'Aurevilly, L'Ensorcelée

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Barbey possède une écriture cruelle et marquante et l'on se souviendra longtemps du calvaire que les Bleus font endurer à l'abbé de La Croix-Jugan. Comme dans l'oeuvre de Balzac le narrateur n'a de cesse de donner son opinion sur le récit qu'il fait. Les digressions du narrateur sont particulièrement réactionnaires (contre révolutionnaires et frappées du sceau du "c'était mieux avant") et l'auteur lui-même précise dans sa préface qu'il entend réparer le déni d'Histoire qui est fait aux Chouans. " L'histoire en effet manque aux Chouans. Elle leur manque comme la gloire, et même comme la justice. Pendant que les Vendéens, ces hommes de la guerre de grande ligne, dorment, tranquilles et immortels, sous le mot que Napoléon a dit d'eux, et peuvent attendre, couvert par une épitaphe, l'historien qu'ils n'ont pas encore, les Chouans, ces soldats de buissons, n'ont rien eux, qui les tire de l'obscurité et les préser...

McCoy Tyner, Guitars, Halfnote, 2008

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Jack Dejohnette frappe comme un dingue, Ron Carter le freine et assure la manoeuvre dans les virages. Pour ses 70 ans McCoy Tyner et son Steinway s'offrent un album de duos avec des guitaristes et au milieu des 6 cordes le banjoïste Bela Fleck roll à 220 kilomètres heure en balançant quelques picking bluesy. Marc Ribot vacille entre élégance, nonchalance et trash. Chaque invité apporte sa patte ; Derek Trucks (un jeune guitariste que j'ai découvert avec cet album) propose un Greensleeves particulièrement réussi ; John Scofield rond et très bop ; Bill Frisell est très très bon, voire même excellent avec ses incursions africaines. McCoy Tyner fait le liant, une sacré sauce. L'album est accompagné d'un DVD montrant les sessions d'enregistrements sous différents angles. McCoy Tyner , Trailer of the album Guitars

Tony Truand se souvient de cet air

Tony Truand était à Millau en l'an 2000, on retrouvera dans sa littérature un verbe et une verve qui se font malheureusement bien rare en ce début de siècle. HOMMAGE A FRANCIS CABREL Aussi loin que je cherche, je ne me souviens pas d'avoir vécu une expérience musicale plus poignante que lors du concert qui eut lieu à Millau à l'occasion de la sortie de prison de José Bové. L'estrade en bois avait été élevée au milieu d'un désert vallonné, sauvagement, et la terre froncée à l'entour semblait se plier au jeu d'étranges vibrations. Bertrand Cantat entama les réjouissances avec un enthousiasme d'autant plus effréné qu'il ignorait absolument que peu de temps après il se retrouverait en taule à Vilnius et Bové à Villeneuve les Maguelones (pffrt!). Sa musique généreuse déferlait sur la plaine, nous roulions dans une houle survoltée, les vallons répercutaient les sons comme des baffles à l'horizon. Le concert s'enfonçait dans la nuit, et nous finîmes...

Hervé Le Corre interviewé dans le n°49 de L'Ours Polar

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Il y a peu, Lire ou encore Le Magazine Littéraire faisaient parler d'eux pour leur dossier "Spécial Polar", marronnier de l'été. On aime on râle, n'empêche ces magazines titrent sur le genre une fois à l'occasion et récoltent échos et lauriers. Pendant ce temps, toute l'année, y'en a des plus petits et des pas distribués en kiosque qui triment, proposent d'excellents articles, et sont moyennement relayés. Exemple du jour : L'Ours Polar , qui dans son numéro 49 publie, en plus d'une interview de Craig Johnson, un entretien avec Hervé Le Corre, qui nous vaut cet excellent et intéressant extrait, écho à certaines pensées, certains constats, ou encore certains vains articles : " Mais je n'ai pas - plus - envie d'écrire des polars "d'intervention", pour parler comme Manchette je crois, ou de témoignage. Le néo-polar est mort, flingué à bout portant par le même Manchette, qui voyait bien l'impasse de ses proclamatio...

Prince, Sign O' The Times, Praisly Park Record, 1987

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Impressionnant mélange de rock et de funk, ce double album de Prince dégage une improbable atmosphère à la fois festive et profonde. Les paroles graves de Sign O' The Times, recueil de faits divers et de considérations qui s'égrainent sur un funk lourd ; le gospel blues The Cross ; le hip hop de Housequake ; la fête jazzy pop de Play In The Sunshine ; l'hommage à Joni Mitchell avec The Ballad of Dorothy Parker ; le funk déchiré de It plombé aux synthétiseurs ; la ballade survitaminée d' I Could Never Take The Place Of Your Man morceau pop puissant ; le beatlessien Starfish and Coffe ... Le slove de Slow Love fabuleux quart d'heure américain. C'est une alchimie de styles parfaite que Prince balance avec classe et on pense - un instant seulement - avec tristesse et agacement à tous les incapables imitateurs et imitatrices qui s'engouffrèrent dans la brèche en brandissant l'étiquette R'n'B. On notera l'apparition de Camille sur cet al...

Un prophète de Jacques Audiard

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On peut définir Un Prophète comme un film de prison, un film de gangsters, un film religieux (biblique et coranique), on sera encore loin du compte, l’imaginaire cadré. Audiard dit dans une interview qu’il voulait faire un film noir, et c’est plutôt ainsi qu’il faut le présenter à qui ne l’a pas vu. Oppressant et tendu, comme un miroir de notre société, le film surclasse largement, par exemple, un Mesrine (dont le scénariste, Abdel Raouf Dafri, a commis le scénario du Prophète...) et la pléthore de pâles films français sans imagination de ces dernières années. Audiard parle de film transgenre et c’est bien de ça qu’il s’agit. On est loin de l’évasion de prison ou de la présentation de l’univers carcéral, loin des Evadés (Frank Darabont, 1994) ou du Hunger de Steve Mc Queen (2009). Quand les anglo-saxons ont tant exploité le thème, de Midnight Express (Alan Parker, 1978) à American History X (Tony Kaye, 1999) en passant par La ligne verte (Frank Darabont, 1999) ou Animal Factory...