The Brecker Brothers, Heavy Metal Be-Bop, Arista, 1978



C'était du temps où j'étais abonné à Jazz Magazine. En Mai 2005 le numéro 559 arrivait. En couverture Miles Davis porte des lunettes bizarres et transparentes, un peu comme s'il allait faire de la soudure chirurgique ; dedans il y a une enquête sur le jazz fusion, aussi appelé jazz rock. Le dossier s'ouvre sur la tête de Miles Davis extraite de la pochette du Tutu et en bas à droite il y a la jaquette improbable - tout autant que le titre - de Heavy Metal Be-Bop. Je me suis dit que j'avais là une bonne représentation du mauvais goût, un type en simili armure médiévale et casque de moto et un autre en casquette franchouillarde lunettes de soleil, chaussure à talonettes (revenue à la mode il y a peu) barbe et moustache. Et ce titre de tous les dangers... Heavy Metal Be-Bop... Tudieu ! Les Brecker Brothers ont officié dans l'orchestre de Frank Zappa. C'est là qu'ils ont mis la main sur le batteur Terry Bozzio dont Frédéric Goaty* remarque à juste titre que le gazier, durant l'enregistrement, était "branché sur quelque centrale nucléaire avoisinante". Le disque s'ouvre sur un tonitruant East Rivers, le seul enregistrement studio de l'album. Le ton est donné. La fusion entre le bop et le rock débouche sur une ambiance funky traversée par de terribles solos. Indispensable pour les amateurs de jazz, de funk et de rock... ce qui devrait mettre pas mal de monde d'accord, ou pas.

*Dans ce dossier de Jazz Magazine Frédéric Goaty présente moult perles. C'est un sacré sézame pour qui veut entrer en contact avec le jazz rock.

The Brecker Brothers, East River

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