Art Blakey & The Jazz Messengers, The Freedom Rider, Blue Note, 1961

"Art avait l'habitude de nous dire : "Chacun pour soi!" Tout le monde avait quelque chose à raconter. Quand à la direction, elle était... auto-dirigée ! Nous savions que le jazz, en tant que véhicule de l'expression de soi, était une voix difficile."

Wayne Shorter dans Jazz Hot n°355 (Novembre 1978)

C'est en me penchant sur Weather Report que je me suis penché sur Wayne Shorter, dont j'avais beaucoup apprécié Footprint Live! (Verve, 2002). A l'époque (le tout début des années 60), Joe Zawinul a enregistré une cinquantaine de titres pour Dinah Washington dont Rockin' Good Way en tant qu'arrangeur. Miles Davis ne cesse de demander à Wayne de venir le rejoindre pour tourner, mais le saxophoniste n'a pas trop envie, semble-t-il, de quitter Art Blakey. Tout au moins pour l'instant.

L'orchestre d'Art Blakey en a vu passer des pointures en devenir (de Clifford Brown à Terence Blanchard en passant par Keith Jarret) et sur l'album n°21287 de chez Blue Note (avec Lee Morgan à la trompette, Bobby Timmons au piano et Jymie Merrit à la basse) Wayne Shorter tire bien son épingle du jeu avec un saxophone lyrique et puissant, même que du coup, sur certains titres, la trompette de Morgan semble être un peu en retrait... Timmons est tout en délicatesse. Les Jazz Messengers rentrent d'une tournée au Japon où ils ont fait un tabac immortalisé avec le disque A Day With Art Blakey 1961 (Baybridge, 1961). En Mars ils ont enregistré une partie de The Witch Doctor (Blue Note, 1961) et Pisces (Blue Note, 1961) et les sessions s'enchaînent rapidement puisque c'est en Mai que The Freedom Rider est définitivement mis en boîte. Faut dire que l'année 1961 verra sortir 16 disques avec Wayne Shorter en sideman, dont 12 avec les Jazz Messenger.

The Freedom Riders contient un thème de Shorter : El Toro, très évocateur. La composition Petty Larceny de Lee Morgan est particulièrement swinguante tout en restant bop. The Freedom Rider est dédié à Art Blakey et sa batterie solo, même si on se demande s'il n'en a pas deux ou trois pour le coup... Pisces (Lee Morgan) entremêle saxophone tenor et trompette sur un rythme cool. Blue Ching (Kenny Dorham) rappelle un peu la tubesque Moanin'... qui entre en résonnance avec le So What de Miles Davis sur au moins deux notes biens appuyées.

Art Blakey and The Jazz Messengers interprètent The Blues March (qui ne se trouve pas sur The Freedom Rider) à Paris en 1959.


Commentaires

  1. Art Blakey ou sans doute le plus chatoyant porte drapeau de la cause hard-bop :)

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  2. Avec les beaux jours qui reviennent je me fait toujours quelques remontées bop... qui vont aller petit à petit vers le jazz fusion... Rah bon sang, le "Heavy Metal Be-Bop" des fréres Brecker pour écouter en promenade le long du bord de mer... on va en causer bientôt.

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  3. Je possède une interview de Blakey datant de 61 ça intéresse quelqu'un ?

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  4. Ah ben c'est bien possible oui, elle est sur un support audio, vidéo ou écrit ? Vous pouvez me contacter à djduclock - AT - gmail - POINT - com

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