The city de Vangelis, il s'en passe des choses dans les chambres d'hôtel

Si l'on en croit les notes de livret, l'album The City a été enregistré dans une chambre d'hôtel à Rome. Vangelis travaillait alors sur la bande originale du film Bitter Moon de Roman Polansky. L'équipe était en tournage dans la ville. Vangelis joue de tous les instruments, uniquement des synthétiseurs et des boites à rythme. Les parties vocales (aucune chanson, juste quelques mots et des bruits de pas) sont issues de prises sonores pour le film. 

La jaquette signée The Red Tiger! (a.k.a. Vangelis) annonce la couleur

Le concept de l'album c'est la ville et ses ambiances. Une ville de la fin des années 80, de l'aube à la nuit, où jazz, rock et new-age cohabitent. Les boucles rythmiques activent la nostalgie de cette époque, même pour celles et ceux qui ne l'ont pas connue. La nostalgie de ce que l'on pas connu, c'est la magie de l'art. 

La froideur du quotidien

L'album commence avec un couple qui veut acheter les journaux du matin, en ville. Les tires parlent d'eux-mêmes : "rues secondaires", "content de te voir", "feu rouge"... on est dans le quotidien, l'ordinaire, la répétition des petits gestes et des lieux communs avec une esthétique portée par les synthétiseurs d'après les années 70 ; le gros grain est laissé de côté, le sampling de sons urbains est propre. Une déambulation sans accrocs ? Non, pas tout à fait, il y a cette froideur du quotidien et de l'époque qui, étrangement, réveille la nostalgie. Une expérience à faire.     

Emeric Cloche.




Posts les plus consultés de ce blog

Bob Dylan, Empire Burlesque, Columbia, 1985

Repos court, repos long & Points de Vie (Donjons & Dragons)

Héros, Gérard Manset et David Halliday

Donjons & Dragons, Le Bonus de Maîtrise

J'avais raté Spread Eagle

Moonspell, pas si loin de Dieu

Invocation Ritual, 34 minutes à l'os

On n'y voit rien de Daniel Arasse

12 Symphonies de Franz Ignace Beck par La Stagione Frankfurt