The Undertaker, sauvé par la poésie

 

Au programme ce sera filles dénudées et filles mortes avec respiration bruyante de gros dégueulasse (comme dans l'iconique film Maniac de William Lustig sorti en 1980). Ce n'est pas la seule ressemblance avec le film de Lustig, on retrouve l'acteur Joe Spinell qui une fois encore brille par son jeu de pervers passionné. Joe (Roscoe) crève l'écran avec sa tête de saurien (il aurait fait un excellent profond dans une adaptation de Lovecraft). Un méchant qui possède quelque chose de Robert Mitchum dans La Nuit du Chasseur (Charles Laughton, 1955). L'actrice Rebecca Varon (Pam) tire aussi son épingle du jeu.

Comme souvent avec ce genre de film un peu bancal et cliché, la poésie va apparaître au détour d'une prise de vue, d'un paysage ou, plus rarement, d'un dialogue. Le scénario de The Undertaker tient du teen movie. Un bellâtre veut prouver à sa prof d'anthropologie que son oncle est un criminel. 

On pourrait s'ennuyer beaucoup et l'on s'ennuie un peu. Les poursuites et des filatures sont molles. Mais au moment où l'on se dit que l'on va arrêter, un nouveau décor (un bâtiment, une cuisine) nous tape dans l'oeil. Ah ces décors des années 80, avec ce grain de pellicule, ce parfum d'Halloween et de giallo italiens (sans la maestria de couleurs, ni les mouvements de caméra de Dario Argento) qui nous font rester devant l'écran. 

Comprenons-nous bien : The Undertaker vaut le coup d'oeil. Un mauvais film sans doute, mais avec un très bon acteur, drôle dans sa monstruosité de vieux dandy. Restez jusqu'à la fin de la séance, le final est - presque - surprenant.

Emeric Cloche.

Franco SteffaninoThe Undertaker, 1988, USA, 81 minutes