lundi 31 décembre 2007

On prend la voiture et on parcours la montagne...

avec ce bon vieux vrombissement rock-blues dans l'auto-radio façon Neil Young & le Crazy Horse.


Jean-Louis Murat Caillou extrait de l'album Taormina, V2, 2006. Le clip est signé par M/M.
Et en attendant une chronique de l'album voici de quoi découvrire Taormina.

dimanche 30 décembre 2007


Deportivo, deportivo, Village Vert, Barclay, 2007.

Du bon vieux rock des familles avec Louise Attaque, Noir Désir et Miossec dans l'arbre généalogique. A deux cent vingt kilomètres heure dans les descentes comme dans les montées, la tête dans le guidon, les Deportivo s'achètent parfois des freins le temps d'un I Might Be Late ou d'un Suicide Sunday. L'urgence est là, palpable, balancée en décharges électriques, en paroles entraînantes et désabusées avec des bosses. Et il suffit de lever la tête pour voir briller les étoiles un peu flou. On déguste sa bignouse en cadence et demain on sifflera les chansons. Gravées dans la caboche elles nous feront comme des poèmes, du carburant pour continuer la route. Des décharges rocks comme des décharges d'adrénalines. Absolument indispensable.


vendredi 28 décembre 2007


Olivier Louvel, Snoo, Nocturne, MFA, 2005

Olivier Louvel a tourné dans le monde entier. Pour preuve ses guitares déclinées en électrique, acoustique, saz, bouzouki, fretless, coral sitar... et sa musique aux influences multiples. Longues plages lumineuses pour les dimanches matins. Ses matins tendres, déjà mélancoliques où le temps est à nous et où la vie est belle. Alors on glisse Snoo sur la platine et c’est parti pour la promenade aérienne… Disons à hauteur d'abeille. Et le miel est là, subtil et goûtu. Mille fleurs de mille pays. Les saveurs finement entremêlées bâtissent un nouveau monde.

Il fait bon déambuler dans l'album Snoo. L’origine du projet est en relation avec le surprenant festival de Coutances Jazz sous les pommiers. On croise Diédérick Wissels au piano, Kathy Adam au violoncelle, Christophe Wallemme à la basse, Stéphane Huchard à la batterie, Laurent Paris aux percussions et, Ô joie, David Linx vient poser son inimitable voix au timbre subtilement voilé sur deux titres (On high et Tomorrow knows). Bendik Hofseth au saxophone et à la voix, planante sur Snoo, surprenante en phrasé rap sur un Frukt, possède un flow qui n’est pas sans rappeler le rappeur Ade Odukoya que l’on retrouve dans l'indispensable Majnoun, l'album du Schäl Sick Brass Band.


Olivier Louvel

Olivier Louvel est originaire de Caen. Après avoir étudié la guitare classique, il joue dans des formations rock et blues avant de rejoindre le Sunset Blues Band. Il travaille l'harmonie jazz avec les guitaristes Malo Lavois et Serge Lazarevitch. En 1991, il fonde le groupe Inlandsis avec Gilles Godefroy. Sylvain Boeuf sera invité pour l'enregistrement d'Aire Sud de Josapha. En 1995 il monte le groupe Koya avec Alain Debiossat, Youssef Boukella et Karim Ziad. Son premier album solo En attendant Julia sort en 1991, suivi de Snoo en 2005.

Parallèlement Olivier Louvel travaille et collabore en tournée et/ou sur album avec de nombreux musiciens issus de divers horizons géographiques et musicaux : Nana Vasconceslos, Safy Boutella, Rémy Chaudagne, Alma Rosa, Antoine Illouz, Georges Moustaki, Idir, Elisabeth Caumont, Jeanne Cherhal, Anne Ducros, l’Orchestre National de Barbès (ONB), Marc Berthoumieux, Geoffrey Oryema , Jaléo (Louis Winsberg), Eric Seva, SidjiMoon...

Sa musique le fait voyager un peu partout dans le monde. Ses nombreuses collaborations et voyages ne sont sûrement pas pour rien dans la création de son univers musical où il sait se faire discret, tout en donnant à la guitare un rôle central.

On notera aussi que l’on peut retrouver les compositions d’Olivier Louvel sur les bandes originales des jeux Time Machine, Fog, Jerusalem et Egypte III. Depuis 1998 il travaille à la composition de musiques de jeux vidéo en collaboration avec Benoît de Mesmay.

Site : olivierlouvel.free.fr

Discographie personnelle :
Inlandsis, Aire Sud de Josapha, 1991
En attendant Julia, Next Music, 2003
Snoo, Nocturne, MFA, 2005.

Olivier Louvel participe à de nombreux enregistrements dont on peut retrouver une liste non exhaustive ici même.

lundi 24 décembre 2007


Jaroussky, Carestini, The story of a castrato, Le concert d'Astrée dirigé par Emmanuelle Haïm, Virgin Classics, 2007.

L'histoire de Carestini me touche. Une grande partie de sa musique m'intéresse... Il y a là quelque chose d'un peu obsessionnel. On ne saurait pas expliquer... Ça tient aussi de la collection : ça fait huit ans que j'essaie de trouver de ses airs un peu partout... C'est peut-être à la limite d'une curiosité un peu malsaine. Je veux en savoir plus... Qui était-ce ? Etc. C'est une curiosité qui ressemble à celle que l'on éprouve pour le "people", mais pour un people qui viendrait du passé !
Jaroussky lors de l'interview donnée à Ramifictions.

Jaroussky a une voix de haute-contre, le genre de voix de tête qui s'approche le plus de la voix des castrats. Il marche ici, en faisant revivre son répertoire, dans les pas de Giovanni Carestini (1705-1760) rival de Carlo Broschi dit Farinelli qui possédait une technique de voix spectaculaire. Tous deux stupéfièrent les auditoires au XVIIIème siècle et travaillèrent avec divers compositeurs de l'époque. Carestini possédait un timbre de voix d'une pureté qui fit dire à Hasse (1699-1783) "Qui n'a jamais entendu chanter Carestini ignore ce qu'est la beauté du chant". Handel disait de lui que c'était "Une canaille"... Quand Jaroussky, 300 ans plus tard, monte dans ses gammes aériennes on dirait parfois un gosse qui se marre et quand il descend dans les graves il devient profond et s'approche des cavernes. Sacrée tessiture, même si on voudrait, sur certains passages, un chouïa d'émotion en plus. On est pas encore au niveau d'Andreas Scholl dans disons La Passion Selon Saint Mathieu de Jean Sebastien Bach dirigée par Herreweghe. Mais quand même, Jaroussky virevolte sur les morceaux rapides comme une toupie, parfois espiègle. Il se pose, faussement alangui, sur les morceaux lents. Et surtout, il n'en fait pas trop. C'est la première collaboration entre le haute-contre et Emmanuelle Haïm pour un récital enregistré sur CD. Les cordes, les cuivres, le luth, le clavecin et l'orgue du Concert d'Astrée portent très bien la voix du contre tenor. Là encore on voudrait un peu plus d'aspérités, disons le côté roots que Rolf Lislevand et l'ensemble Kapsberger savent insuffler. Le Scherza Infida de l'Ariodante, le Mi lusinga d'Alcina de Handel, le Se mai senti de La Clemenza di Tito de Johann Adolf Hasse, Le Ciel nemico de I fratelli riconoscuiti de Giovanni Maria Capelli sont des perles qu'on va caresser pendant longtemps et qui apaisent. Pour la tempête on se passera en boucle le Vo disperato a morte tiré de La clemanza di Tito de monsieur Hasse. Le Gluck, Sperai vicino il lido et les deux extraits de L'Orféo de Carl Heinrich Graun justifient à eux seuls que l'on se procure le disque dans les plus brefs délais... La voix de Jaroussky est mise en danger par le côté plus grave du répertoire et on oublie fissa les critiques sur l'émotion et le manque de punk dans les interprétations baroques contemporaines.

Le choix du récital de Jaroussky permet quelques découvertes avec la présence d'inédits. Nicola Porpora (1686-1768), Giovanni Maria Capelli (1648-1726), Leonardo Leo (1694-1744), Johann Adolf Hasse (1699-1783), Carl Heinrich Graun (1704-1759) côtoient Chrisoph Willibald von Gluck (1714-1787), George Frederic Handel (1685-1759).

Voici la publicité de l'album Carestini, The Story Of A Castrato durant laquelle on entend deux extraits du disque.


samedi 22 décembre 2007


Greg Szlapczynski, la part du diable, Souffle du Blues, Night & Day, 2002

Greg Szlapczynsky explore les possibilités de l'harmonica en mélangeant les genres. Les morceaux sonnent bien et Greg arrive a éviter le piège de l'harmonica mixé trop en avant, même s'il est parfois un chouïa trop propre. Il compose de manière éclectique et sobre. Le morceau la part du diable est un chef d'oeuvre d'inventivité qui n'est pas sans rappeler disons One Phone Call / Street Scenes de Miles Davis dans la façon de poser une ambiance. Et les ambiances de Szlapczynski elles vont du tango (La Boîte) à la guinguette (Valse à 30 ans) en passant par les balades dans les rues de Paris (Rue des lions), le blues rural (Vamper Boogie Jam), le rock planant (Blue Mountains), le jazz feutré (Faster Pussycat), l'électro (1962) et la Pologne (Czas Wyleczy z ran)...


vendredi 21 décembre 2007


Bugge Wesseltoft, New Conception of Jazz, Film Ing, Jazzland, 2004

Le swing se dansait, le bop aussi, il est pas inutile que le jazz s'en souvienne. Film Ing est le troisième album signé sous New Conception Of Jazz. Boucles electros funky ou moelleuses relevées par les percussions de Richard Gensollen et Paolo Vinaccia. La rythmique house de Moving est beaucoup moins présente. Bugge Wesseltoft, pas bavard, joue du piano mélancolique, du pianet hohner course-poursuite, du Hammond B3 et du Prophet 5 planant. Film Ing groove bon (Ingebrigt Flaten, Marius Rekjö sont à la basse, Anders Engen à la batterie) et quand il ne groove pas il promène comme disons un album de Jan Garbareck visité par la fée électro. Vidar Johansen (sax baryton) et Ole Jörn Myklebust (trompette) rajoutent des aspérités auxquelles on s'accroche facilement. Les samples de Jonas Lönna titillent l'oreille. On croise aussi le sax de Joshua Redman et la voix de Dhafer Youssef. Parfait pour le soleil froid de l'hiver où les fins de soirées d'étés avec un peu de fraîcheur.

jeudi 20 décembre 2007

On prend la voiture, une calèche avec des chevaux

et un auto radio qui supporte bien les basses avec de la place pour mettre les copines dedans avec des rêves de robes à frou-frou et de verres de vin...

Too Cold, Roots Manuva que l'on trouve sur l'album Awfully Deep, Big Dada/Banana Klan, 2005. Le clip est réalisé par Alastair Siddons.

mercredi 19 décembre 2007


Nik Cohn, Triksta, éditions de l'Olivier, 2006, réédition poche en Points, 2007.

A 60 ans, Nik Cohn continue de chercher le frisson dans la musique et partage sa passion avec une plume sincère et teintée d'autodérision salvatrice. En VO le livre est sous titré vie et mort du rap à la Nouvelle Orléans et c'est bien de cela qu'il s'agit, doublé d'une déclaration d'amour à une ville, la Nouvelle Orléans, autant qu'à la musique qui l'anime. L'histoire d'amour commence avec un bouquin sur Jerry Roll Morton et une carte. Après avoir marché avec les débuts du rock, Nik est pris par le bouillonement de la bounce "plein de sexe et de fureur, juste avant que l'industrie de la musique l'enchaine et en face une marchandise", la rage qui habite cette musique : "Le monde vous écrase la gorge avec son pied, et le hip hop est votre cri de défi. Le sentiment d'être attaqué n'a pas besoin d'être fondé sur quelque chose de réel, il peut être dû à votre paranoïa personnelle comme chez Eminen ou Kayne West ; cependant, il faut que, d'une certaine façon, ce soit authentique." Au fil des pages, on croise les labels de la ville, ceux qui font des millions de dollars : No limit, Cash Money, Cut throat, et les autres : Take Fo' avec lequel Nik Cohn va tenter de produire un disque pour DreamWorks. On rencontre les rappeurs locaux, Soulja Slim, Master P et Juvenile au loin, puis Choppa, Junie B, Che Muse que Nik va essayer de produire. En toile de fond, on croise ceux qui ont fait l'histoire du Hip Hop : The Sugarhill Gang, Public Enemy... Du hip hop des débuts jusqu'au Gangsta, une histoire indissociable de son tissu social et des lieux d'où elle a emergé. Nik Cohn cause aussi de ses doutes, de sa maladie, de l'écriture, un peu du passé, de Belfast, des Who... mais très peu, juste ce qu'il faut pour servir ces nouveaux amours : New Orleans et la bounce. On sait comment les histoires d'amours finissent en général... Après le passage de Katrina (décrit de façon magistrale par les rappeurs et Dj avec qui il est en contact) et la volonté des autorités et des puisssants d'en profiter pour se débarasser des noirs pauvres de la Nouvelle Orleans, il n'y a plus eu d'endroit où "jouer la musique qui avait été l'authentique bande son de la ville au cours des dernières décennies".* Cette musique soudain devenue écho d'un monde qui n'existe plus.

*Kalefa Sanneh in New York Times. cité par Nik Cohn dans Triksta.

Voici la vidéo du premier single de Juvenile : Ha, à un moment, y a un gamin qui passe la tête sur la droite vers la fin... C'est Lil Wayne.



Et le clip que Juvenile a tourné après le passage de Katrina : Get Your Hustle On.



mardi 18 décembre 2007


Bugge Wesseltoft, IM, Jazzland, 2007

J'ai voulu tester cet aspect acoustique qui, effectivement, peut paraître original dans la production de mon label Jazzland. Mais que l'on se penche sur mon œuvre électro : elle est toujours passée par les claviers! J'ai grandi avec l'orgue électrique. Le piano représente le vecteur majeur de mes idées.
Bugge Wesseltoft dans l'interview qu'il a donné à Openmag.fr.

Retrouvez l'interview de Bugge Wesseltoft par le dj duclock : Interview Wesseltoft.

Pour son 6ème opus qui arrive en même temps que les dix ans de son label norvégien, Bugge Wesseltoft, le patron de Jazzland, propose un album solo. Enfin pas tout à fait solo parce qu'on y croise la voix et les percussions de Mari Boine sur l'excellent morceau YOYK inspiré d'un chant traditionnel Sami, peuple nomade du Nord. Et puis il y a aussi ces samples sur WY : Georges W. Bush après le 11 Septembre, Zawadi Mongane qui raconte sur BBC Today ce qu'elle a subi au Rwanda. Le piano, en réponse aux questions que se pose Wesseltoft face à la guerre que l'on regarde de loin : What can I do ? What so I do ?
De la musique.
Un Groove minimaliste. Principalement du piano Steinway- un Fender Rhodes Suitcase Model 1971, un Prophet 5, un Bendir, quelques touches d'effets électroniques et de rythmiques- et Wesseltoft qui délivre, du bout des doigts, ses mélodies retenues. Ran Blake est pas loin, apaisé.

MINby,
de Bugge Wesseltoft enregistré en live à Oslo en Octobre 2007.


lundi 17 décembre 2007


Deportivo, parmi eux, village vert, barclay, 2005

Voilà, ça c'est trois vélos rocks. Z'ont déjà un peu servi à Noir Désir, Louise Attaque, les Pixies et Nirvana. Bon, y a qu'une vitesse : à fond-la-tête-dans-le-guidon! Alors ils prennent des gadins, reviennent les genoux niqués évidemment. Peu importe, dès la première toune on enfourche aussi les vélos et on oublie les freins. Par monts et vallées. A fond, à fond, à fond. Les virages à la corde, le vent dans les oreilles, les cheveux plaqués en arrière. On ressort de Parmi eux secoué et lessivé. Des étoiles plein la tête, de belles fleurs sauvages dans les cheveux, un trou à la culotte, des braises dans le ventre et un sourire aux lèvres. C'est du rock.

Paratonnerre, Deportivo.


samedi 15 décembre 2007


Thelonious Monk, Live at It Club, Columbia, 1998

Le It Club n'existe plus. Mais il reste les bruits de verres qui s'entrechoquent, la musique des 31 Octobre et 1er Novembre, les deux nuits de 1964 où Thelonious Monk (piano), Charlie Rouse (sax tenor), Larry Gales (basse) et Ben Riley (batterie) vinrent jouer les compositions de Thelonious, des morceaux immédiatement identifiables. C'est ça qui tire par l'oreille chez Monk. Ce type s'était fabriqué un univers musical. Il l'interprétait avec sa façon de passer le piano au hachoir, toujours surprenante et avec un swing d'enfer, capable de créer l'événement sur trois notes comme le Duke et son It don't mean a thing (if it ain't got that swing) que Monk interprétera dans l'excellent Plays Duke Ellington. Il suffit d'écouter une fois Well You Needn't pour la siffler le lendemain. Cela fait 5 ans que Rouse est aux côtés de Monk et ils font très bien la paire. Riley a été recruté en janvier pour les sessions d'enregistrement de It's Monk Time. Larry Gales était déjà à la basse sur l'album Monk, c'est Riley qui l'avait recommandé ; tous les deux ils groovent de manière élastique et Monk et Rouse font des merveilles là-dessus. Le It Club est immortalisé.

Blue Monk en Live pour la TV en 1957 avec Osie Johnson à la batterie et Ahmed Abdul-Malik à la basse.


vendredi 14 décembre 2007


Jon Hassel, Maarifa Street, Magic Realism 2, Label Bleu, Harmonia Mundi.

Le Magic Realism numéro 1 : Aka-Darbari-Java sorti en 1983 par Jon Hassell avait été présenté à l'époque comme le disque de la "musique classique du futur". Jon Hassell continue ici à explorer ce qu'il appelle la musique du quatrième monde. La rencontre de l'occident et de l'orient, de l'électronique et des instruments anciens. Stockhausen et Pandit Pran Nath dans le même bateau avec Terry Riley et LaMonte Young pour souffler dans les voiles... Comme Miles Davis, Chet Baker ou Dave Douglas il s'empare de la trompette et ne fait qu'un avec elle. Peter Freeman est à la basse, Rick Cox à la guitare, John Beasley aux claviers, Abdou Mboup à la batterie. Ils sont rejoints par Paolo Fresu et Dhafer Youcef avec qui Hassell a travaillé en concert. Les 7 morceaux qui composent l'album sont un mélange de prises issues de trois lives différents et de pistes travaillées en studio. On se cale peinard et on vogue tranquillement, tout un monde défile. C'est la promenade athmosphérique et comme toutes les bonnes promenades on sait qu'on va pouvoir se la jouer des milliers de fois. On pense aussi à Peter Gabriel.

Des infos sur le disque Maarifa Street.

jeudi 13 décembre 2007


D.O.A connaît la musique

Avec Citoyens Clandestins, son dernier bouquin paru à la Série Noire, DOA signe un pavé de 700 pages qui se lisent quasiment d'un trait. Une écriture précise et claire, nerveuse à souhait alors nous on reste haletant comme dirait l'autre... Le tout est servi avec une playlist alliant rock, rap, pop, electro et new wave d'Alain Bashung à Fatboy Slim en passant par Hendrix, Public Enemy, Depeche Mode, les Pixies ou encore les Chemical Brothers et Front 242 sans oublier monsieur Bowie (vous trouverez la playlist complète dans les annexes à la fin du livre). A l'écoute de ce que joue le I-Pod de DOA on se demande : à quand la prochaine Playlist de Lynx ?

Je n'ai pas encore pu rencontrer DOA sur un salon, je lui ai donc posé "les trois questions du Dj duclock" par l'intermédiaire d'Internet.

Dj duclock : Que lis-tu en ce moment ?

D.O.A : Cette semaine, je lis le recueil "Cercueil et Fossoyeur" de Chester Himes, qu'une très bonne amie m'a offert. Je ne connaissais pas cet auteur (j'ai encore d'énormes lacunes dans ma biblio noire, mais je les comble peu à peu) et pour le moment, j'aime plutôt. Je lis aussi "Huesos en el Desierto" ("Les os dans le désert") de Sergio Gonzalez Rodriguez. Glaçant.

Dj duclock : Qu'écoutes-tu comme musique ces derniers temps, l'album qui tourne
sur la platine ?

D.O.A. : Plusieurs artistes se relaient dans mon iPod, ces temps-ci, principalement electro et rock. Côté musique électronique, il s'agit de Nathan Fake et Boards of Canada. Côté rock, surtout les Dandy Warhols et Interpol. Plus soft, je me suis remis à Tom Waits, aussi.

Dj duclock : Qu'est-ce qui t'as surpris dernièrement... Quand as-tu été
surpris pour la dernière fois ?

D.O.A : Ce qui ne lasse de me surprendre, à mesure que l'actualité se déroule devant nos yeux, de jours en jours, charriant son lot quotidien d'énormités, c'est l'apathie et l'autocensure qui se manifestent à tous les niveaux. J'ai peur d'y deviner une lâcheté généralisée. J'ai parfois aussi peur de ne pas être très différent des autres, à cet égard.

Merci m'sieur DOA et pour la route...






On prend la bagnole, un genre de voiture de l'espace

On laisse en pilote automatique direction la planête Warp. Et bon sang, il se passe quelque chose là. Les pieds qui se mettent à bouger tout seul, les genoux qui tressautent et le cervaux qui se détend. Ce sont des signes qui ne trompent pas. On est tombé sur un miracle.

Tonto de Battles tiré de l'album Mirrored

mercredi 12 décembre 2007


Bob Dylan & The Band, The basement tapes, columbia, 1975

That's really the way to do a recording — in a peaceful, relaxed setting, in somebody's basement, with the windows open and a dog lying on the floor.
Bob Dylan.

Depuis 1968 des basement tapes circulaient sous forme d'album pirate de 14 titres Great White Wonder. En 1975 Columbia régularise la situation. Robbie Robertson du Band compile 24 morceaux avec quelques ajouts de piano, guitare, batterie sur quelques chansons... mélange un peu de sessions de The Band avec les sessions Bob Dyan. The Genuine Basement Tapes un coffret pirate de cinq Cd reprend plus fidèlement les enregistrements de cette période. On trouve aussi I Shall be released, Santa-Fe et Quinn the Eskimo (The Mighty Quinn) sur l'excellent the bootleg series 1-3.

On imagine bien la scène : une bande de gars qui ont tourné ensemble à travers le monde dans des conditions live pas forcément faciles : Lookheed déglingué de Grossman, speedball, concerts électriques, huées du public... Alors ils se reposent en musique dans la cave de la grosse maison rose louée 75 dollars par mois du côté de Woodstock. Pendant 7 mois comme ça, à la bonne franquette, ils composent peinard leurs tounes pour passer le temps sans se soucier de grand chose. Peut être quand même ils songent un peu à faire du fric avec en vendant tout ça à Columbia. Mais d'abord ils font ce qu'ils veulent : leur musique, des reprises de Johnny Cash, Hank Williams, John Lee Hooker... et puis des expérimentations aussi. Dylan & The Band se promènent entre blues, folk, rock'n'roll et pop. Ils font tourner le vieux magnétophone Uher quatre pistes, deux préamplis à lampe, quelques micros Neumann, Hamlet le chien de Dylan au milieu de tout ça et les perles s'enchaînent.


mardi 11 décembre 2007


David Peace, la Bande Son de 1974

David Peace a un style, un genre de Chandler au rasoir. On rangera facilement son bouquin à côté des Ellroy et des Pagan. Sacrée écriture qui peut écoeurer à la longue, mais qu'il est difficile d'arrêter de lire. Il a aussi un monde paranoaïque et corrompu, tous pourris dans un Yorkshire boueux et pluvieux avec sordides affaires de petites filles violées, torturées et tuées et magouilles politico-financières. Il a aussi une BO qui va avec son titre, la BO du début des années 70. Elton John, David Bowie, Rod Stewart, David Essex, Tom Jones, Bay City Rollers, The Israelites, Mike Oldfield, Paul Da Vinci... et une chanson récurrente et entêtante : The Little Drummer Boy qui débute puis referme le bouquin et qui s'y ballade tout le long de la longue descente aux enfers d'Edward Dunford.

The Slackers, Little Drummer Boy






The Little Drummer Boy est une chanson de Noël composée par Katherine K. Davis et arrangé par Henri Onorati et Harry Simeone. Elle raconte l'histoire d'un enfant trop pauvre pour offrir un cadeau de naissance à Jésus, alors il se met à lui jouer du tambour. On en trouve des versions un peu partout, des Boney M qui l'enregistrent pour leur Christmas Album à Bing Crosby et David Bowie en duo en passant par Harry Simeone.

dimanche 9 décembre 2007

Lundi matin on prend la bagnole et on reste calme.

C'est pas facile les débuts de semaine, un petit café avec Oldelaf et monsieur D devrait faire du bien, non ?
(clip réalisé par Emilie Tarascou et Stéphanie Marguerite. Produit par l'EMCA)


Talk Talk, Laughing Stock, Verve Record, Polydor, 1991

Laughing Stock fait valser les étiquettes, d'Ornette Coleman à Debussy en passant par le blues de disons Robert Johnson puisque c'est Mark Hollis qui le dit lui-même. Les orchestrations de Mark Hollis, Tom Friese-Green, Lee Harris et Phil Brown comportent toute une floppée de musiciens (pas moins de 18 dont 7 violons) et la voix fragile de Mark Hollis qui plane là-dessus, intense... c'est comme découvrir un Eldorado. Longues plages sonores planantes qui s'étirent à partir de quelques notes entre jazz, musique classique et rock pour cinéma intérieur. On ne repose les pieds sur terre qu'une fois les 6 morceaux passés et ça fait du bien par où ça passe. Reste un peu de nostalgie, les échos de l'orgue et du violoncelle, les silences.

Après moults écoutes, on peut aisément enchaîner Laughing Stock avec du God Speed You Black Emperor, le Kid A de Radiohead, In a Silent Way de Miles Davis ou ce Sting et le Gil Evans Band, Last Sessions. Et puis pourquoi pas les murs sonores du Loveles de My Bloody Valentine. Ou encore du Ravel, du Debussy, du Messiaen... et puis revenir à Laughing Stock.

jeudi 6 décembre 2007


Hey Hey My My, le disque des 1 an du blog

Le dj duclock qui commémore les un an du blog s'ouvre sur le John Brown interprété par Bob Dylan lors de l'unplugged de MTV en 1995. C'est la première fois que Bob propose ce titre sur une galette, alors qu'il l'a écrit en 1962 et qu'on le trouve maintenant sur Live at the Gaslight 1962. La toune raconte l'histoire d'un gars qui part à la guerre avec des images de médailles et de victoires plein la caboche. Il va vite déchanter. Dans Dani California, funk rock imparable, les Red Hot Chili Peppers nous servent un petit polar avec braquage de banque et misère. Latyrx, de l'excellent collectif Quannun (avec Dj Shadow), se pose là dans la très fine Storm Warning. Et la tempête arrive avec le Enter Sandman de Metallica en concert, porté à bout de bras par l'orchestre de San Francisco dirigé par Michael Kamen. Avec le temps si je ne devais garder qu'un seul Metallica, ce serait celui là. Dantesque. Le Lascia Ch'io Pianga de Haendel dont on cause ici vient calmer un peu le jeu, la voix de Cecilia Gasdia fait des merveilles et on peut enchaîner avec la fabuleuse Reflection Of The Marionette des Two Gallants qu'on ne présente plus. A song for our fathers est l'un des premiers morceaux d'Explosions In The Sky, les gars ont fait du chemin depuis, mais même avec leur imperfections du début ils composaient déjà de très très bonnes plages sonores pour films intérieurs. On continue le film avec le San Quentin des Soulsavers, le genre de morceau qui s'installe dans un coin du cerveau pour ne plus en sortir. Tout n'est pas bon dans la compile de raretés et de B-Sides des Killers, mais il y a quelques titres comme ce Tranquilize avec Lou Reed qui valent largement que l'on se procure Sawdust hélico presto. Freezing de Suzanne Vega et Philip Glass je me la passerais bien en boucle tous les matins d'octobre, novembre, décembre. On enchaîne sans transition avec Ilene Barnes que j'aimerais bien voir en concert, Time à la course. Mike Skinner fait pleurer les violons dans son tubesque Dry Your Eyes. Au début je voulais finir l'album là dessus et puis Caroline a ramené Tonight at the Arizona à la maison. Alors pour finir le Hey Hey Revolver des Felice Brothers dont il va falloir que je cause. La bande qui merde au début c'est normal, l'enregistrement de la chose est plutôt roots... imaginez le Sheakspaere Theatre abandonné d'une petite ville d'Arizona et la tempête qui s'amène...

Hope your enjoy.


1. John Brown – Bob Dylan

2. Dani California – The Red Hot Chili Peppers

3. Storm Warning – Latyrx

4. Enter Sandman – Metallica & The San Francisco Orchestra

5. Lascia Ch’io Pianga – Haendel, Cecilia Gasdia

6. Reflection Of The Marionette – The Two Gallants

7. A Song For Our Fathers – Explosions In The Sky

8. San Quentin Blues – Soulsavers

9. Tranquilize – The Killers & Lou Reed

10. Freezing – Philip Glass & Suzanne Vega

11. Time – Ilene Barnes

12. Dry Your Eyes – The Streets

13. Hey Hey Revolver – The Felice Brothers


mercredi 5 décembre 2007

Al Foul live in Nantes au Café Pop le 5 décembre 2007

Al Foul, live @ tucson roller derby vol I, recorded by Gary Mann, St Patrick Day 2007.

L'histoire de la musique américaine revisitée façon rock n' roll, disons depuis les pionniers jusqu'à lui : Al Foul avec sa guitare, sa grosse caisse, sa voix. Le peigne dans la poche pour se recoiffer les cheveux en arrière entre deux tounes. Cet enregistrement live contient des tubes comme Down hill, Ever been hit by flying saucer ou Maybe tonight composés par Al Foul lui-même, ou encore des traditionnels comme Frankie & Johnny... Mais surtout, surtout si Al passe en concert du côté de chez vous courez-y !

This is a bilingual review, I try to translate in english.

History of american music revisited in a rock n'roll style since pionner to himself : Al Foul with his guitar, his bass drum and stomparine. The comb in his pocket to do his hair between two songs. On this CD you can find some great hits like Down hill, Ever been hit by flying saucer or Maybe tonight composed by Al Foul himself or traditionnals like Frankie & Johnny... But, most of all, if Al plays tonight near your town, go see his show hurry hurry !

Ici on peut écouter quelques titres.
Here you can listen some tracks.

mardi 4 décembre 2007


Max Romeo & The Upsetters, War Ina Babylon, Island, 1976

It sipple out deh!
War inna babylon, tribal war inna Babylon

Let me tell, it sipple out deh

A wha' you seh, it sipple out deh, oh yeah
War inna babylon, tribal war inna Babylon
It sipple out deh, wha' you seh, it sipple out deh, oh yeah

War Ina Babylone Max Romeo & Lee Scratch Perry.

C'est le bordel en Jamaïque et les temps ne sont pas sûrs. Jeff Chang raconte ça très bien au début de son bouquin Can't Stop, Won't Stop, une histoire de la génération hip-hop, on en parle aussi dans les biographies de Bob Marley... Rita Marley reçut une balle dans la tête, Don Taylor cinq balles et Bob une balle dans le bras. Les partis politiques, le PNP, le JLP, la CIA, le FMI, les chefs de gangs, Rema, Concrete Jungle, Seventh Street, le feu. La Jamaïque déchirée, des centaines de morts. Alors bien sûr la musique en cause. Sur l'album, entre autres perles telles War Ina Babylone, One Step Forward ou Uptown Babies don't cry, on croise le tube imparable et médicinal Chase the devil. Pas étonnant que la chose ait fait un tel carton. Max Romeo et les Upsetters sont au top. Indispensable.






lundi 3 décembre 2007


Dj Logic, Zen Of Logic, ropeadope, 2006


Sur Zen Of Logic, Dj Logic mixe un univers mêlant jazz, rock et musique du monde. Scott Harding (qui bosse avec le Wu Tang Clan) fait le producteur, l’arrangeur et vient jouer (guitare, machines, claviers) sur plusieurs morceaux. L'afro Dub déboule avec Antibalas, le funk se pointe avec Medeski, une touche de jazz avec Charlie Hunter ou un sample de Sun Ra, du rap avec les rappeurs Subconscious & Creature. Ouverture rentre dedans et enchaînement réussi sur la guitare sautillante de Charlie Hunter avec monsieur Brown au Wrulitzer, puis tout l'album se déroule sans accroc. Deux platines et une mixette, quelques invités et leurs instruments de musique... c'est l'alchimie de Dj Logic. Les morceaux sont bourrés d'idées pas tape à l'oeil. Lors des premières écoutes, les rythmiques peut être mixées un chouïa trop fortes, peuvent paraître monotone, mais à l'usage ce petit désagrément disparait rapidement.


This is a bilingual review, I try to translate in english.


Dj Logic, Zen Of Logic, ropeadope, 2006


On Zen Of Logic, Dj Logic creates his own hip hop mood with jazz, rock and world music. Scott Harding (who works with the Wu Tang Clan) is on the production, he plays guitar, keyboards and machine on a few tracks. Afro Dub comes with Antibalas, funk is here with Medeski, a touch of jazz with Charlie Hunter or a Sun Ra's sample, some rap with Subconscious and Creature. After a strong ouverture and a mix with Charlie Hunter’s guitar and Mister Brown on Wrulitzer all the album runs easily. Two turnatables, a few guests with their instruments... This is the chemistry of Dj Logic. The tracks are full of good ideas. On first listening, maybe the rythmics are recorded too loud and it can sound repetitive, but after few listening this little problem disappears.


Voici le clip de Hope Road avec des pigeons qui rappellent ceux du Ghost Dog de Jim Jarmusch.