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Le Capital de Karl Marx en manga

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Pour expliquer l'œuvre de Marx, les studios "Variety Artwork" ont décidé de raconter la création d'une usine à fromage par le fils d'un artisan d'une fabrique de fromage. Le premier tome se divise en 4 parties : la marchandise, l'exploitation, la force de travail et la valeur qui décortique les mécanismes du capitalisme. A part quelques planches réussies, le dessin n'est pas extraordinaire. Mais l'analyse est là, claire et efficace. Si on croise de l'humour et Shakespeare dans le livre 1 du Capital de Marx, la lecture est parfois un peu ardue compte tenu des exemples et des démonstrations économiques chiffrées. Le tome 2 du manga est plus explicatif, le personnage d'Engels expose les théories de Marx qui suivent le déroulé de l'histoire commencé dans le tome 1. La scénarisation du tome 2 semble avoir été faite par une autre équipe, elle est assez moyenne, voir absente, elle suit la démonstration. Une démonstration qui me semble parf...

Une chambre à soi, Virginia Woolf

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À l'école on nous a fait lire du Voltaire, du Rousseau, du Maupassant, du Zola, du Flaubert... mais pourquoi ne nous a-t-on pas fait lire du Virginia Woolf ? Pourquoi a-t-il fallu que ce soit Bourdieu avec La domination masculine  puis Virginie Despentes avec  King Kong Théorie qui me mettent Virginia Woolf sous les mirettes ? Parce que tout de même c'est le genre de lecture dont on sort moins bête et mieux armé pour se confronter au journal des sports, aux soldes et à la vie en société. L'essai a pour base une réflexion sur les femmes et le roman, et traite de la condition de la femme avec une perspective historique et sociale. Virginia Woolf identifie certains éléments et effets de la domination masculine sur un ton qui n'est pas dénué d'humour et d'ironie. Le livre qui semble compiler des travaux pour des conférences est paru en 1929 en Angleterre, il faudra attendre 1951 pour qu'il soit traduit en France. À lire avant ou après Les belles images de S...

Le Silence des Agneaux, 20 ans après...

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Le vieillissement du film de Jonathan Demme, cette étrange patine qui se dépose sur les scènes, ne rend pas le Silence des Agneaux ridicule, au contraire, il le propulse au rang des classiques et on pourra avoir l'impression de regarder un Hitchcock. Autre chose entre en jeu dans le fait que ce film devienne un classique : il faudrait qu'un spécialiste du genre viennent nous en parler plus précisément, mais il semble bien que Le Silence des Agneaux ait été un film "séminal", je veux dire un film qui a entraîné tout un genre dans son sillage (voir notamment l'article de Geoffroy Domangeau Thilliez fait son cinéma dans L'Indic n°8). Sauf que l'originalité du livre (Thomas Harris) et du film (Jonathan Demme) semble bien s'être un peu perdue en route. Le jeu d'acteur de Foster et Hopkins est très bon et les scènes ne s'attardent pas trop, la musique n'en fait pas des tonnes et un équilibre est atteind même si le côté "psychopathe...

Madeleine Peyroux, Dreamland, Atlantic, 1996

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Propre mais pas lisse voilà ce que l'on peut dire. Un programme qui oscille nonchalamment entre blues et le jazz, de la guitare (dont Marc Ribot et Vernon Reid), James Carter pour le sax et la clarinette basse, Regina Carter au violon,  Marcus Printup à la trompette, Charlie Giordano aux clavier et à l'accordéon, Cyrus Chesnut au piano, Steve Kirby à la basse, Greg Cohen à la basse et aux marimba, Kenny Wollison et Leon Parker à la batterie et la voix de Madeleine Peyroux. Du beau monde et jamais tous à la fois. Rien de révolutionnaire mais on pourra piquer du nez dans la nostalgie d'un vieux gramophone sans craquement. Il y a de la profondeur et du moelleux, et peut-être que c'est tous les jours dimanche matin. Madeleine Peyroux , Walkin' after midnight

L'âge de regarder Rohmer

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Une affaire d'âge. Je me souviens très bien avoir essayé de visionner Automne, un des contes de Rohmer, à la sortie de l'adolescence et d'avoir dit du mal de Rhomer par la suite... des phrases comme "Rohmer on dirait une série américaine de M6 fait par un français... c'est un peu comme les feux de l'amour, quoi". Je n'ai jamais vu un épisode en entier des Feux de l'amour et je n'avais jamais regardé un Rohmer en entier, mais surtout je n'avais pas l'âge. C'est sûrement un truc qui arrive en vieillissant, on se rend compte qu'il y a des âges pour comprendre. À l'époque ma définition du cinéma était sûrement assez réduite et ce qui n'entrait pas dans cette définition ne me concernait pas. J'ai regardé Pauline à la plage et j'ai compris. Les dialogues sonnent un peu comme au théâtre. C'est très démonstratif de par cette "diction" et le côté "documentaire" : les acteurs montrent leurs sent...

Glissement de terrain

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D'après le Dictionnaire du français argotique (F. Caradec, Larousse), le polar est un terme d'argot qui se traduit par roman policier. Le roman policier désigne l'ensemble des littératures policières (roman noir, roman jeu/enquête, thriller (ou suspense), espionnage, polamour... souvent un roman policier peut se voir coller plusieurs de ces étiquettes). Sur le sujet je conseille la lecture de Boileau-Narcejac Le roman policier chez Quadrige/PUF. Boileau et Narcejac voient les littératures policières comme un pommier qui donne diverses pommes... Le roman noir (une certaine description du monde où la société industrielle est vue comme un échec et dont le roman noir décrit les maux) me semble bien en être une qui pousse dans la continuité du hard boiled américain (Cain, Chandler, Hammet...) et du néo polar à la française (Manchette, Amila, ADG...). J'aimerais travailler à un état des lieux du polar en France. Je suis aussi en train d'essayer de mettre en place un ...

Suttree de Cormac McCarthy

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J'ai découvert Suttree , en ponctuation de ma lecture de la La trilogie des confins. L’écriture et l’ambiance, différentes, s’attardent moins sur la nature et les paysages. Ils sont présents mais bien plus sombres, puisque pris dans la ville. S’il fallait trouver un lien de parenté à ce roman, parmi les autres ouvrages de McCarthy, je le rapprocherais d’ Un enfant de Dieu . Les rues de Knoxville, ses mendiants, ses « aboyeurs de Dieu » et toute une humanité infirme transparaissent par les yeux de Suttree, miséreux comme les autres (mais qui a quitté une famille que l'on suppose aisée), vivant dans sa cabane au bord de la rivière, à gagner quelques sous contre des poissons. Tennesse, dans les années 50 : « Campement des damnés. Alentours ou peut-être de suppurants lépreux rôdent sans clochette. (...) Un carnaval de formes dressées dans la vallée qui a tari la sève de la terre à des lieux à la ronde. » Une biture de temps en temps – difficile de faire autrement dans cette...