Cryptic Shift, retour vers Death

Visitations from Enceladus (sorti en 2020 chez Blood Harvest) m'avait tapé dans l'oeil avec sa jaquette d'album d'un autre monde, frappé dans les oreilles aussi avec sa musique de mathématiques de science-fiction. 6 ans plus tard il en va de même pour le nouvel album Overspace & Supertime

1 h 18 de changements de rythme (et de polyrythme), de breaks, de contrepoints, de ponts, le tout servant des compositions labyrinthiques en bois massif de meubles à tiroir ; alambiqué et cosmique le meuble (avec des morceaux de plus de 20 minutes), complexe mais avec des points d'accroche.

Il vous faudra plusieurs écoutes, plonger et replonger dans le magma pour appréhender l'album. N'en déplaise à Léon Tolstoï pour qui l'art doit être immédiat, répéter le voyage augmentera le nombre de sentiers parcourus, de couloirs et de pièces explorées. 

1 h 18... un feu d'artifice n'est jamais trop long. Les sensations seront les mêmes qu'à l'écoute d'un album de jazz, ce jazz rock à guitare des années 70 et 80 qui flirte clairement avec le free. Du jazz, oui, mais en plus froid, en plus méchant et en plus nerveux. Une affaire de technique et d'ambiance.

Si DeathCynic, Pestilence et Atheist y sont clairement pour quelque chose dans cette musique, l'album se rangera pas très loin de Vektor, Nocturnus et Archspire (en plus organique). Et après tout cela, pourquoi ne pas aller du côté de Blinker et Moses ?

Emeric Cloche.

Overspace & Supertime Cryptic Shift