Babylon le 5 ème opus du groupe britannique Ten fait partie de ces disques envoutants qui n'envoutent pas grand monde. La magie tient à un fil. Qu'est-ce qu'il y a de magique là-dedans ? Est-ce la production éthérée ? La façon de chanter de Gary Hugues à la fois nonchalante et séductrice ? La pulsation musicale qui peut finir par lasser ?
Sorti en l'an 2 000 le disque plonge ses racines dans les années 80 mélangeant pop, hard, synth pop dans une production lisse et moderne. Écouter Babylon c'est comme regarder un film de série B ou se prélasser dans un bain moussant. Il n' y a pas forcément de chanson phare (quoi que The Stranger, Love became the law ou Timeless pourraient faire des singles). Babylon est un continuum musical un peu mièvre et guimauve, mais roboratif.
L'album narre avec ambition et grandiloquence une histoire d'amour ; une superproduction dramatique se déroulant en l'an 2999 avec Don Airey (Black Sabbath, Jethro Tull, Judas Priest, Deep Purple, Whitesnake...) aux claviers. En parlant de clavier et avec cette jaquette signée Luis Royo, j'ai toujours une pensée pour la B.O. de Blade Runner (Vangelis) quand je pose le disque sur la platine.
On ne doit pas être nombreux à écouter cette longue échappée hard rock bleue et vaporeuse. Pour tout vous dire c'est le seul album de Ten qu'il me reste, je ne veux pas m'en séparer... il y a toujours un moment dans l'année où j'ai envie de Babylon.
Emeric Cloche.
