Syr Daria, le temps passe

J'ai mis l'album de Syr Daria sur la petite enceinte bluetooth bleue qui crache moins de basses que la grosse enceinte noire. Cela aurait été mieux sur la chaîne, mais je prépare à manger dans la cuisine et pendant que Guillaume Hesse chante la ballade Legacy je regarde les feuilles du grand arbre tombées à terre. Parmi les feuilles la chienne des voisins du bas. Elle est vieille et a du mal à marcher, elle est assise. Elle regarde le vent passer dodelinant parfois de la tête, peu stable sur son popotin. Legacy est la quatrième chansons de Dark Carousel le quatrième album de Syr Daria. Times always wins est la dernière sentence de la chanson, voilà qui va bien avec l'automne finissant, la fin de l'année et la chienne. 

Et c'est ce qui se passe pour chacune des chansons de l'album, ça va bien, ça va bien avec le fait de mettre les patates dans l'eau bouillante et les quenelles de brochet au four. Ça va bien avec les souvenirs du début des années 90. Le Black Album de Metallica en résonance (de manière plus brute qu'avec Dream Theater et Train of Thought). Ça va bien avec moi. Il y a a une chanson qui s'appelle Pogo, pas Wall of Death ou Circle Pit, non, Pogo. À l'ancienne pourrais-t-on dire. Et plus loin, un morceau chanté à la manière de la fusion des années 90 (Fate). Il y a aussi des moments épiques (sans rien de power metal, on est plus dans Iron Maiden) avec des refrains (Marie Celeste) à chanter en choeur en serrant le poing.

Je songe à Tsar, ce groupe nantais qui officie dans un metal plus moderne ; le metal français se porte bien. Les patates sont cuites. Reste à écouter les précédents albums : Circus of life (2011), Voices (2015) et Tears of a clown (2019)... avant que le temps finisse par gagner la partie.

Emeric Cloche.