Articles

Affichage des articles du décembre, 2009

2009

Image
Le 31 Décembre, c'est l'heure des comptes, des bilans de l'année, etc. Je n'aime pas trop ce genre de truc surtout que l'on retrouve souvent les même disques ou les même livres d'un blog à l'autre. Mais tout de même je vous livre 15 albums millésimés 2009 qui m'ont marqué et/ou qui ont pas mal tourné. Je me rends compte qu'il n'y a pas d'album de chanson française et francophone (à part les duos d'Alexandre Tharaud avec Juliette et Jean Delescluse dans le Satie), mais ceux qui habitent Nantes où qui étaient dans les Pyrénées cet été ont pu découvrir Corentin en concert. Aufgang, Aufgang Erik Satie par Alexandre Tharaud, Avant dernière pensées Koudlam, Goodbye The Dead Weather, Horehound Bob Dylan, Together Through Life Etienne Jaumet, Night Music Alexandre Saada, Panic Circus Sticking Lizavetta, Sacrifice and Bliss Reigns, The House on the causeway Ludovico Einaudi, Nightbook Sweetback, The Lost and Found Republic The Bitter Tears, Jam T...

Pete Seeger, American industrial Ballads, Smithsonian Folkways, 1956 réédité en 1992

Image
Le son du banjo, surtout le Earl Scrugg's style, me fait souvent penser à la cadence d'une machine ou au film Les temps modernes de Charlie Chaplin. Dans la compilation American Industrial Ballads , Smithonian Folkways nous propose des morceaux collectés et joués par Pete Seeger l'infatigable collecteur de folk américain... C'était une époque où les chansons servaient à raconter ce qui se passait dans le monde. Il y avait une grève à la mine, on faisait une chanson, un syndicaliste avait été tué par une milice patronale, on faisait une chanson, l'eau était passée par dessus la digue, on faisait une chanson, le Titanic coule... on fait une chanson. C'était un peu comme le journal télévisé, sauf que les moyens de production étaient encore accessibles. Je parle bien sûr des moyens de production d'une chanson, ici un banjo, une guitare, un fiddle, une voix et c'est parti ; par contre d'autres moyens de productions venaient de s'industrialiser et c...

Love Buzz

Et voici l'original du premier single du premier album de Nirvana. C'est un fait, dans l'exercice difficile de la reprise Kurt Cobain, Krist Novoselic et Dave Grohl savaient dénicher des perles. The Shacking Blue , Love Buzz

Des fringales

Il m'arrive parfois d'avoir des fringales de Simenon, de Jean Amila, de Shakespeare ou de Charles Williams et ça me fait pareil avec le rock des années 90, le rap, le baroque, le hard rock, le be-bop ou le West Coast Jazz... Quand c'est le West Coast Jazz, je cours m'écouter un Shelly Manne. Shelly Manne , Speak Low

Everybody Need A Compilation, Face E / Face F

Image
Parfois sur une même compilation, le même groupe revient plusieurs fois. Il suffit que le compilateur soit dans une certaine ambiance et voilà le travail, trois Meat Puppets en 60 minutes. Everybody Need A Compilation, Face E / Face F Lost / Meat Puppets Shot by Both Sides / Magazine Bust A Move / Young MC The Crying Game / Boy George The Whistling Song /Meat Puppets I Shall Be Released / The Band The Blind Fiddler / Jody Stecher and Friends It's Alright / Guns N' Roses Furniture / Final Fantasy Victim To The Tomb / Old And Gray Backwater / Meat Puppets 80's Life / The Good, The Bad & The Queen North Of The Sunset / Tommy Flanagan On Green Dolphin Street / Tony Rice Unit Metal Heart / Cat Power Cowboys & Indians / The Nits Prairie Rose / Roxy Music The Meat Puppets , We Don't Exist

Kit de Survie du jour

Image
"Je ne veux pas que ma musique soit "interprétée". L'exécutant... doit assumer son rôle depuis le début. Je le vois comme un acteur à la recherche du rôle "juste" avec leqeuel il se sent en affinité." Morton Feldman cité dans Écrits & Paroles , les presses du réel. The Pogues & Kirsty McColl , Fairytale Of New York (Christmass song)

Considération n°16

Image
Corentin en concert au TNT Sur Duclock, on essaie de rendre la vie plus intéressante et c'est pas tous les jours faciles dans l'incroyable flot d'informations auquel on a accès. Je vous raconte pas le nombre de mail squi me proposent d'aller écouter des mp3 de qualité très moyenne pour que j'en cause ici-même. Heureusement il y a aussi des labels qui font leur boulot et qui envoient du matériel en "dur" pour oreilles sensibles. Il faut savoir trier et il me semble bien que le Dj old school (celui qui faisait découvrir la musique en passant des titres à la radio, comme il en reste sur certaines) va redevenir - après avoir été flingué par les radios dites libres qui matraquent le même titre toute les 30 minutes - dans les années à venir un élément essentiel pour s'y retrouver. Il faut avoir lu King Kong Théorie de Virginie Despentes et être en train de lire La Fortune des Rougon pour faire cette association d'idée, mais il y a là un pont entre les...

Jean Louis Murat, Lilith, Virgin, 2003

Image
Envoûtant est le mot pour les productions de Jean Louis Murat. Dès les premières notes, les premières paroles d es jours du Jaguar il pose son manteau sur l'endroit d'où on l'écoute. C'est sûrement aussi - laissons de côté la voix - dans les rythmiques et le réglage des guitares que Murat obtient cette impression de cocon qui caractérise sa production : Rondeur de la guitare solo, aigu et nonchalance de la guitare rythmique ; le Fender Rhodes, l'orgue les cuivres, la batterie en retrait alors qu'on l'entend parfaitement tout cela sûrement longuement paufiné participe grandement à l'effet. Lilith est un double album. Le premier disque est plutôt rock - on retrouve avec Le mou du chat l'ambiance des chanson fleuve de Vénus - le deuxième cd s'ouvre sur les cordes (avec un vrai orchestre en dur) de Se mettre aux anges . Le cocon s'épaissit. Sur Quelle est cette fille Murat casse un peu sa voix en montant, à la manière de Gérard Manset (1). ...

The Modern Jazz Quartet, Pyramid, Atlantic, 1959

Image
Dans l'album Pyramid du Modern Jazz Quartet on trouve la composition Romaine du guitariste Jim Hall et il faut entendre comment Milt Jackson (le vibraphoniste) arrive à capter l'ambiance avec ses lames et ses baguettes, le piano feutré de John Lewis, les coups de cymbale - très doux - de Connie Kay. Et Percy Health qui joue de l'archet sur sa contrebasse dans How High The Moon , un vrai régal, un peu décalé comme les pages des contes d'Howard Phillip Lovecraft quand la trouille la met un peu en veilleuse. Mais ce ne sont pas les seulse surprises du programme. On croisera aussi un tube de Duke Elligton It don't mean a thing (if it ain't got that swing) et puis il y a Pyramid cette étrange construction nonchalante de dix minutes, un genre de rêverie jazz. Cet album, c'est comme si le Modern Jazz Quartet essayait de porter en douceur quelques coups aux étoiles pour nous les décrocher. Modern Jazz Quartet , It don't mean a thing (if it ain't got t...

En attendant la neige

Vivement que le camion blanc des Felice Brothers passe dans le coin... Trouble Been Hard , The Felice Brothers

Alexandre Tharaud, Chopin, Journal Intime, Virgin Classics, 2009

Image
Pour compiler Journal Intime , le pianiste Alexandre Tharaud dit s'être retourné sur les événements de sa vie qui ont été en rapport avec tel ou tel opus de Chopin. Le Largo en do mineur c'est à l'enterrement d'un proche. Une Mazurka pourra être Varsovie, une autre Munich. C'est un fait... dans Chopin on peut y glisser ce que l'on veut, chacun son souvenir, et s'il n'y a pas de souvenir là-dedans, ce sera chacun sa contemplation. Je me souviens très bien avoir écouté Rubinstein qui jouait des Mazurkas et des Valses de Chopin quelques après midi de suite, un enregistrement sur cassette audio dans un coffret vert, c'était sur un vieux poste Philips noir et j'avais les yeux sur la campagne. Cet après midi d'hiver j'aime écouter Chopin en regardant les toits de Nantes par la fenêtre. Et je me dis qu'il faut que je lise La musique romantique d'Alfred Einstein traduit par Jacques Delalande chez Gallimard. Je me dis que je n'avais ...

Kit de Survie n°3

Juste un j'ton dans la machine à musique. La ballade de Johnny Jane , Serge Gainsbourg en concert au Casino de Paris en 1986

Eric Clapton, One more car, one more riders, Reprise, 2002

Image
Ce double live sonne très propre, un peu comme le rêve américain traité par Hollywood. On pourra lui trouver le charme de certains films des années 80. Ce goût sucré de Noël qui s'approche avec sa hotte de mensonges et de désillusions. Des morceaux comme Bell Bottom Blues sont chiants à mourir. En ouverture du premier CD Key To The Highway et Reptile s'en sortent pas trop mal, Change the World sonne comme une grand messe pour stades endormis. Tears In Heaven a une bonne mélodie, un truc accrocheur, mais c'est quand même assez soporifique et redondant, gonflé comme de la chantilly... et que dire de ce solo foireux qui s'étire abominablement sur My Father Eyes . Quelque chose surnage à la surface de River Of Tears et tout à coup on se sent pas trop mal, on se dit que ça pourrait être possible, convenu mais possible. Mais il reste ces solos qui n'avancent pas et cette progression archi ressassée, le morceau tombe dans la musique au kilomètre et on pense à ces bar...

Jean-Louis Murat, Le moujik et sa femme, Labels, 2002

Image
J'ai longtemps cherché du blues francophone, je veux dire quelque chose qui se raccroche au blues américain, mais en français. C'est parfois chez Murat que j'en croise, dans des titres comme Vaison-La-Romaine . Pas dans le ton - quoi que les parties d'harmonica de l'album Le Moujik et sa femme soient bien trempées dans le blues -, mais dans l'écriture branchée sur la chanson française et quelque chose de triste et salvateur. Du blues avec une solide culture française derrière, disons une lecture qui partirait des poètes de la Renaissance. Il me semble que le blues français est plus ici que disons chez Paul Personne ou Bill Deraime qui ont un ton blues "à l'américaine". Notons au passage qu'Hubert Felix Thiéfaine a commis quelques albums de blues rock qui tiennent très bien la route, mais je ne les écoute plus depuis bien longtemps déjà. C'était d'ailleurs une époque ou Murat me laissait froid.

In a Landscape

"Comment se fait-il que les gens aient l'idée qu'un mi bémol dans le médium sonne comme un mi bémol une octave au dessus ? D'où cela est-il venu ? Je sais beaucoup de choses, mais je ne sais toujours pas d'où cela est venu." Morton Feldman cité dans Middelburg Lecture "Entretien avec Joe Leussink" Musik-Konzepte, n°48-49, mai 1986 John Cage , In A Landscape (1948) interprété par Stephen Drury

Alexandre Dumas, Pauline (1838)

Image
Joseph Vernet, Littoral , 1776, Oil on copper, 62 x 85 cm Pauline est un des premiers romans d'Alexandre Dumas. Chose rare chez le maître du feuilleton populaire, l'action se situe vers 1834, c'est à dire du temps de l'auteur. On retrouve ici les ambiances gothiques du Frankenstein de Marie Shelley avec chaînes, châteaux, cave, claire de lune, bord de mer, voyages en Europe (notamment en Ecosse sur les traces de l'écrivain Walter Scott, le créateur du roman historique). De nombreux peintres sont évoqués : Jardin, Vernet, Giotto... Côté musique on croise entre autre Bellini, Meyerber, Rossini, Lizst, Schubert, Mozart et le pianiste Thalberg, plus loin, Liszt qui joue L'invitation à la Valse de Weber. L'art répond à l'art. Alexandre Dumas nous propose de suivre les aventures d'Alfred de Neval, dandy, héros inadapté issu d'une noblesse oisive dont le rôle politique a été relégué à l'arrière plan. Invitation à la valse de Weber joué par Yvon...

Reigns, the house on the causeway, monotreme records, 2009

Image
J'ai pris le temps pour vous causer de the house on the causeway du duo Reigns . Je veux dire il y a des disques dont je ne sais pas trop comment vous causer, je manque d'angles d'attaque. Le disque est sorti il y a quelques mois déjà. Les chansons de l'album tournent autour d'une maison, sûrement celle que l'on voit sur la pochette. L'exploration de lieux étranges semble devenir une des marques de fabrique du groupe puisque Styne Vallis (Jonson family, 2006), le précédent album, parlait d'un village enfoui sous les eaux d'un barrage. C'est calme et fantomatique, on pourra aussi penser bourdonnant, dramatique et flippant. Un rock apaisé avec des remontées de grunge. Le côté récité / psalmodié donne une touche littéraire, un conte musical particulièrement réussi. Reigns , everything beyond these wall has been razed

Miles Davis, In a silent way, Columbia, 1969

Image
" Nous étions à l'hôtel. Les enfants étaient sortis avec mes parents. Ma femme dormait. Depuis la fenêtre, je voyais tomber la neige sur le parc. J'ai pris un bout de papier et j'ai commencé à composer. " (propos tiré de Weather Report, Une histoire du Jazz électrique de Christophe Delbrouck aux éditions Le mot et le reste.) Voilà comment Joe Zawinul, qui vient juste de terminer l'enregistrement de The Rise And Fall Of The Third Stream , cause de ce jour de repos avec sa famille à Vienne où il compose ce qui va devenir un des éléments clefs de l'album In a Silent Way . Le batteur Tony Williams est là pour la dernière fois, il a décidé de faire sa route tout seul et de quitter Miles ; John McLaughling n'a que 20 ans ; Wayne Shorter est au saxophone ; Chick Corea et Herbie Hancock sont au piano electrique ; Dave Holland est à la basse, Miles Davis à la trompette et Joe Zawinul derrière son Fender Rhodes. Les prises seront toutes effectuées le 18 Février...

Remington de Joseph Incardona

Image
Le sens des mots, on le considère souvent comme acquis ; une variante passe à la trappe et l'imagination s'en trouve restreinte. Démonstration par Joseph Incardona. Matteo Greco, un nom chantant pour un jeune homme de 28 ans, ancien étudiant en cinéma, actuel chômeur. Une vie au dernier étage sous mansarde avec un chat, Basile, et un petit boulot dans une boîte de sécurité. Projet de vie : romancier. Méthode : écrire des nouvelles à base de faits divers, atelier d’écriture, footing, boxe et jus d’orange. « J’ai vu la vaisselle sur l’égouttoir, la gazinière, le chèque de la comtesse aimanté sur le frigo, mon chat couché sur la chaise du petit balcon, et moi qui le regardais. Un instant, comme ça, je me suis dit que tout allait très bien ensemble. Une jolie nature morte qui ne menait nulle part. » Voilà un peu la vie de Matteo. Jeune, grave et déterminé plutôt qu’insouciant. Un homme dans une société pas très accueillante. Une solitude. Une réflexion sur l’écriture et le monde l...

Kit de Survie n°2

Image
Il n'y a plus qu'à cliquer... (attention sur certains bouzins le lecteur peut mettre du temps à arriver, mais il doit finir par arriver, sinon rechargez la page)

Facebook, une carte postale.

Il y a peu le mode de conversation écrit, la lettre, était réservé à une certaine longueur. Une lettre - mais il faudrait analyser les correspondances - ne se résumait pas à " Nom de statut est fatigué" avec pour réponse possible "J'aime ça" et un nombre de caractères restreints (environ 350). Il me semble que pour communiquer avec un ami lointain : 1. On composait des messages plus complexes et 2. lors de la lecture de ces messages plus complexes on pouvait s'immerger dans le texte le temps de quelques pages. Avec Facebook l'écriture est conditionnée à la phrase, tout au plus à trois ou quatre. C'est un nouveau mode de conversation, proche du SMS. Qui à l'heure d'Internet écrit encore de longues lettres ou de longs messages ne serait-ce qu'une fois dans le mois pour converser avec ses amis ? Une foule de questions me hante depuis que Duclock est sur Facebook... Quel est l'effet de Facebook sur nos habitudes de lecture ? D...

Treat Me Like Your Mother

L'album des Dead Mother est sorti cet été et je me suis rendu compte de rien. Et personne ne m'a rien dit. Mais il n'est jamais trop tard... The Dead Weather , Treat Me Like Your Mother

The Police, Reunion Concert 1986, The Swingin Pig

Image
Reunion Concert a été enregistré en concert pour une radio au Giants Stadium, East Rutherford, New Jersey, USA le 15 Juin 1986. Les cris du public couvrent parfois un peu certains passages des chansons, mais le son reste bon... un peu comme si vous écoutiez la chose sur une vieille radio. Dès l'ouverture Message In a Bottle on sent que les gaziers vont cravacher, mais King of Pain est un peu longuette tout de même... idem pour Driven To Tears dont le solo de guitare est un peu agaçant, les brisures reggae de la rythmique et le clavier ajoutent quelque chose, le chant de Sting prend parfois des accents dylanien. Le tube Every Breath You Take où Sting est un chouïa bancal est tubesque au 3/4 ensuite la sauce ne prend plus elle devient trop répétitive. Roxanne est égale à elle-même. Ce qui semble avoir déterminé la sortie du bootleg est le Invisible Sun avec Bono au chant avec grand renfort de synthétiseur, ça fonctionne assez bien et c'est sûrement avec la version de Messa...

Giacinto Scelsi, The Orchestral Works 2, mode, 2006

Image
The Orchestral Works 2 est un disque flippant. D'ailleurs, Uaxuctum - The Legend of the Mayan City wich they themselves destroyed for religious reasons (1966) est un titre flippant, le morceau est comment dire... Pire. Dans Quattro Pezzi (su una nota sola) ils sont 25 musiciens pour assurer la partition de Scelsi. Pour détruire la ville Maya, ils sont plus de 30... Il y a des cuivres profonds qui résonnent comme des cavernes, des voix qui hululent comme des fantômes et des cordes de film d'horreur (sans le côté tape à l'oeil de la plupart des BO dédiées au genre). C'est bien sûr une musique à s'écouter tranquillement, mais je ne mettrais pas ma main au feu que vous irez vous coucher serein après ça. Il y a des stridences qui font mal par où elles passent, alors pourquoi écouter ça ? C'est qu'il doit y avoir, comme pour le hard rock, une part de cinéma intérieur qui s'enclenche et qui fonctionne... une catharsis, un défoulement, pas mal de curiosité ...

tension/détente

Image
Marc Rothko, Yellow Band , 1956 "Il serait à mon sens, inexact de voir, dans les changements qu'opère Feldman dans sa manière de noter, des revirements, voire des ruptures car ce qui parait fondamental, c'est le registre général de sa musique, qui ne cesse de l'orienter vers une quête de la pureté, de la sérénité, loin des effets psychologiques et du couple tension/détente qui s'est imposé à la musique savante occidentale depuis plusieurs siècles." tiré de la monographie de Jean-Yves Bosseur in Morton Feldman, Écrits & paroles , les presses du réel, 2008 Morton Feldman , un extrait de The Rothko Chapel (1971)

L'aiguille dans la botte de foin, Ernesto Mallo

Image
« Leurs lointains descendants ont fait fortune en s’appropriant les terres vacantes prenant la campagne du désert du général Roca. Aujourd’hui comme hier, les forces armées sont là pour garantir un principe inamovible : défendre le bien, c’est défendre les biens. » Et dans les années 70 en Argentine, l’armée ne fait pas que défendre la propriété... Dans ce roman le contexte politique est une toile de fond, Mallo n’attaque pas de front. Son personnage de flic veuf, Lascano, surnommé El Perro, est un de ces acharnés du boulot, droit dans ses bottes qui ne claquent pas aux ordres. Pendant que l’armée zigouille, lui tente de mener ses enquêtes jusqu’au bout, quelle que soit la personne qui s’y trouve. Encore une fois c’est la qualité de l’écriture qui fait toute la saveur du roman. Toute la différence avec des platitudes mille fois lues. Mallo utilise le présent, instille la force et la vie, et puis ses dialogues bien dosés sont mis en valeur par un choix formel : aucun tiret, tout en ital...

Fractures de Franck Thilliez

Image
Après L’anneau de Moebius paru en octobre 2008, revoici Franck Thilliez avec son nouveau roman, Fractures . D’entrée de jeu, je me demande si on ne lui presse pas trop le citron, à Franck Thilliez, à lui faire sortir un roman tous les ans. Attention à la saturation, et au vite fait... Car autant L’anneau de Moebius m’avait semblé mal écrit, mais au moins bénéficiait d’une histoire prenante, autant Fractures arrache des grimaces sur pas mal de phrases, et affiche un scénario prévisible. Il est très probable que La chambre des morts et L’anneau de Moebius , les deux romans de Thilliez qui m’ont plu, soient finalement tout aussi mauvais que Fractures en terme de construction scénaristique. J'ai parfois vite fait de me laisser prendre à une histoire dès lors qu’elle use de mécanismes faciles pour capturer le lecteur : courts chapitres, un peu de suspens à la fin de chacun, des personnages aux traits grossiers, des sensations fortes (hémoglobine, violence, sexe, enfance...) Une foi...