Au nom du fils, de Vincent Lannoo




Dans son précédent film, VampiresVincent Lannoo avait déjà évoqué la façon dont le groupe joue sur l'individu. Il récidive avec Au nom du fils. Le titre, et l'affiche avec la Vierge à l'enfant, permettent de bien identifier le sujet et de quel groupe de personnes il traite.





Une mère de famille voit son univers s'écrouler. Les platitudes bibliques qu'elle répète dans son émission de radio se fissurent à l'épreuve des événements. Hébétée sur son canapé, elle découvre son mari et son fils dans le camp d'entraînement des "Croisés de Pie XII", où un Ben Laden en carton se fait dégommer par des excités. Dès l'ouverture Vincent Lannoo filme deux prêtres qui en appellent au bénévolat, aux dons, pour le béton, le fuel et l'hébergement. Les abus, matériels, psychologiques comme de langage, ne cesseront pas. Le réalisateur montre son aisance à passer du drame sensible au déjanté hilarant, prouvant que le rire n'étouffe ni la gravité ni la subtilité.

Au nom du fils perdu, jusqu'où aller ? Peine de mort et justice individuelle, mais aussi foi et doute, ces sujets que certains imagineraient réservé à un film formellement sérieux et grave, sont très bien traités dans des explosions de violence toutes maîtrisées. Ce qui place Au nom du fils bien loin de certaines comparaisons au Tarantino de Kill Bill.

Il faut féliciter L'Absurde Séance Festival, qui a permis cette sortie en grande avant-première à Nantes au cinéma le Katorza, puisque le film ne sortira en France qu'en avril 2014.

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