Paradis : amour (Ulrich Siedl, 2013)



Paradis : amour est le premier volet d'une trilogie d'Ulrich Seidl consacré à la thématique de la recherche du bonheur. Les actrices de haute volée, les acteurs jouant leur propre rôle pour les beachboys, couplés à une mise en scène riche donnent un film plutôt fin et sans pitié.

Hakuna Matata, « Pas de problème » 
L'action se déroule dans un centre de vacances pour européens au Kenya, ici beaucoup d'européens sont des européennes qui viennent d'Autriche. Dès les premières images du film un apartheid se dessine entre les touristes et les habitants. Les préjugés raciaux et l'exotisme font bon ménage : Renifler la peau d'un nègre, le tourisme sexuel... voilà l'exotisme et derrière ce voyage et ses rencontres : la recherche immédiate du bonheur. 

Désir, sexe et solitude
Téresa (Margarethe Tieselarrive dans ce décor et rencontre trois autres femmes venues chercher du bonheur. Le sexe devient très vite l'axe principal du désir et le but principal des sorties de Téresa. Elle rencontre des hommes et son rapport de possession va augmenter au fur et à mesure ; elle semble grimper petit à petit dans l'arrogance au fur et à mesure qu'elle échoue à trouver ce qu'elle cherche. Les scènes où elle donne des ordres pour une relation sexuelle comme elle l'entend sont assez symptomatiques de cette recherche. Mais ce qui surnage et noie Térésa c'est la solitude.

Corps, des femmes et des homme, la lutte des classes
Impossible de ne pas voir le thème de la lutte des classes (riche / pauvre) car si Térésa ne fait pas partie des riches dans son pays (elle travaille dans le social et vit avec sa fille dans un appartement), au Kenya elle passe soudain de l'autre côté de la barrière et peu exploiter des gens. Le rapport au corps est constant jusque dans la scène finale qui est sans appel. Ici les riches sont des femmes, elles sont plutôt enveloppées, voire grosses et se comportent - surtout quand elles sont ensemble - comme dans un clip de gangsta rap pour ce qui est des rapports homme / femme ; la femme envisage ouvertement l'homme comme un objet dont on peut disposer (grâce à l'argent) pour obtenir ce que l'on veut. Le rôle dominant de l'homme qui achète les filles est ici tenu par des femmes qui achètent des jeunes hommes, les mécanismes restent les mêmes. Il s'agit au final de la domination d'une classe sur une autre. Il est pour toi, tout pour toi. De la tête à la queue.

Ces thématiques n'empêchent pas de rire ou de mettre en scène l'actrice Margarethe Tiesel (Térésa) dans quelques belles scènes qui s'approchent d'un tableau classique...


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