La dette c'est l'esclavage



Le texte d'Ina Piperaki et Jean-Michel Reynaud appelle au changement, après avoir fait le constat d'une nette progression de "la crise" lors de la première décennie du nouveau millénaire. Le changement qu'ils proposent prend exemple dans le passé du côté de la situation politique et socio-économique d'Athènes au VIème siècle avant Jésus Christ.

L'exemple de Solon dans la Grèce antique

La solution que Solon propose en premier lieu est l'effacement des dettes privées et publiques. Mais malheureusement il ne s'agit pas ensuite de réaliser une réforme agraire et une répartition des richesses en vue de l'égalité. Le projet ne va pas jusque-là et préfère ménager les riches. Ce n'est pas de Révolution dont il s'agit mais plutôt d'éviter la révolution. Solon est un contemporain de Bouddha, Confucius et Lao Tseu... du coup cela change des références plus habituelles (marxisme, révolution américaine ou française...). La notion "axiocratique" qui me parait un peu holistique (chacun à sa place dans la société et dans une classe...) serait aussi à débattre (et peut-être à combattre?). Notons cependant que Solon propose de limiter le nombre d'hectares qu'un seul citoyen peut posséder (transposable à notre époque à un plafonnement des salaires ?).

Cesser de croire à l'Autorégulation des marchés

Au chapitre des solutions, le texte propose la nationalisation des agences de notation (Standard and Poor's et cie) qui sont à la fois juge et partie et qui n'ont pas vu venir la crise des "subprimes". Il propose aussi l'instauration d'une taxe Tobin et d'une TVA sur les activités financières et bancaires ; une régulation à tous les niveaux (sans vraiment expliquer de quoi il s'agit) ; un contrôle de l'État sur les délocalisations et le dumping social et la mise en place d'une gouvernance mondiale économique, financière et sociale.

Aller plus loin

Le livre délivre aussi des informations intéressantes : savez-vous par exemple qui est le principal souscripteur de la dette anglaise ? À la page 84 les auteurs expliquent que les mesures proposées sont mises en avant afin d'éviter une révolution. Nous avons quand même envie de répondre que l'effacement de la dette n'est qu'une étape et que puisque Solon, Ina Piperaki et Jean-Michel Reynaud parlent de Justice, de solidarité et d'égalité il faudrait penser aussi penser à mettre en place un partage des richesses, des terres et des moyens de production, mais nous étions prévenus : les auteurs, dans le sillage de Solon, s'intéressent plus à garder une cohésion sociale et sont "convaincus que les inégalités de fortune ne peuvent pas disparaître même dans les sociétés démocratiques et que la période de profonde crise que l'on traverse a accentué ce phénomène."

Ina Piperaki et Jean-Michel Reynaud, L'effacement des dettes, une solution à la crise mondiale. L'exemple de Solon dans la Grèce antique, café république / bruno leprince, 104 pages, 5 Euros.

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