17f, tree of them & interview de Frederic Merk


tree of them fait partie de ces albums qui forment un tout et qu'il fait bon s'écouter tranquillement, comme on regarde un film. La construction des morceaux balance entre jazz, électro, exotisme et musiques expérimentales avec en fil rouge un certain souffle de locomotive étrange et une ambiance planante. Les nombreuses invitations qui jalonnent les morceaux ne nuisent en rien à la continuité du tout. Quelque chose de Peter Gabriel plane sur for a while et la chanson fleuve aiga II.

Vous pouvez aussi écouter des extrait de l'album Tree of Them sur le myspace de 17f.

Photo : Fusion lors des Montreux prog-night


Frederic Merk, interview.

Frederic Merk le musicien qui est à l'origine de 17f a répondu aux questions du Dj Duclock via internet.

Il y a beaucoup de musiciens qui t'accompagnent sur tree of them, comment as-tu rencontré tous ces gens ?

Il s'agit pour la plupart d'amis, ou d'amis d'amis. Vevey (et Lausanne) est une toute petite ville très active musicalement, on se connaît donc tous... Et concernant Kudsi Erguner je l'ai contacté en tentant ma chance et il a répondu très positivement du premier coup.

La musique que tu proposes dans tree of them a plusieurs facettes : jazz, expérimentale, électro... avec une touche de "world music". Il y a une scène en Suisse pour ce genre de mariage ?

On retrouve en Suisse un peu tous ces styles. Pour ma part j'avais la volonté de faire ce que j'ai envie sans me fixer de limites ou contraintes, et j'ai l'impression d'avoir produit un album un peu en dehors des sentiers battus du point de vue stylistique. Je n'ai rien inventé du tout : dans les années 70 les artistes fonctionnaient de la même manière, et des albums hybrides émergeaient de toutes parts.

Aujourd'hui les contraintes radiophoniques et stylistiques sont très importantes avec des quotas sur la durée des morceaux, la durée d'un refrain, un style pour un album... C'est probablement pour ça que bien des personnes sont empruntées face à mon album car difficile à centrer. Ce n'est pas une volonté de brouiller les pistes, mais comme pour de la peinture : une vraie envie de mélanger de l'abstrait et du figuratif sur des toiles de tailles variables.

Si je devais faire des comparaisons avec d'autres artistes je serais tenté de citer Peter Gabriel, est-ce que tu peux nous parler de tes influences ?

Peter Gabriel est sans conteste l'une de mes influences majeures. Je citerais aussi David Bowie, Radiohead, The Cure, Pink Floyd, Riuchi Sakmoto, David Sylvian,... J'ai un pied clairement dans le passé et je pense avoir malgré tout un son très actuel. Il y a trois albums desquels je me suis clairement inspiré pour tree of them : "17 Seconds" des Cure, "Low" de David Bowie et "Animal" de Pink Floyd. Les trois ont en commun une ambiance mélancolique, de l'espace pour s'envoler, et une grande puissance émotionnelle.

Et les concerts ? Tu penses faire une tournée pour accompagner la sortie de l'album ?

Avec quelques amis musiciens nous allons tenter de monter un live mais il s'agit avant tout d'un album de studio. Je vais également me produire seul avec une guitare acoustique à quelques reprises sur le thème de l'album. Mais pour l'instant il n'y a aucune dates.

Que lis tu en ce moment ?

Jim Harrison Les jeux de la nuit.

Quel est l'album qui tourne sur la platine ces dernier temps ?

Jason Molina and Will Johnson.
Album exceptionnel!

Peux tu nous raconter ta dernière surprise ? La dernière fois que tu as été surpris ?

Je pense que cela se rapporte à mon album. J'avais envoyé un mail a Kudsi Erguner (qui a notamment collaboré avec Peter Gabriel) pour qu'il participe à mon projet et pendant des mois je n'ai pas eu de réponse. J'avais presque oublié cet email et, alors que je venais d'envoyer mon cd pour le mastering, il m'a répondu extrêmement gentiment et très simplement qu'il était intéressé à collaborer sur un de mes morceaux. Après l'enregistrement dans un quartier de Paris, il m'a en plus remercié car près de l'endroit où nous avons enregistré il y a une boucherie turque et que sans moi il ne s'y serait pas rendu... le monde à l'envers. Comme quoi les plus grands le sont à la base.



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