Vampires, vous avez dit vampires ?


Le bal des Vampires, Nosferatu, Une nuit en enfer ou encore le magnifique Morse, tous ont laissé une trace dans l’histoire du film de vampire (et je n’ai pas vu celui de John Carpenter), chacun avec leur style et leur originalité.

Les belges viennent d’ajouter une pierre au mythe avec Vampires, (Vincent Lannoo, 2010). Tourné façon documentaire, l’esprit « Strip Tease » n'est pas loin, il s’ouvre sur deux scènes caméra à l’épaule qui rappellent Blairwitch ou Rec. Heureusement le film nous épargne la caméra branlante comme crédo de réalisation, et la bande-son saturée. C’est une famille qui témoigne, avec Grace la fille en pleine crise d’ado, le fils Samson qui s’éclate avec son pote en s’amusant d’un handicapé comme d’autres se prennent leur cuite du samedi soir, une famille presque normale... menée par un père au physique entre mafioso et vampire. La famille se nourrit grâce à une ex-prostituée « garde manger » et loge dans sa cave un couple de voisins vampires à l’ancienne, qui ne peut pas avoir d'enfants. Le rapport humain/vampire est permanent, dans les liens entre les deux communautés : la police se fait pourvoyeuse de sans-papiers et le croque-mort fournisseur de cercueils est bien content de l'aubaine. Il y a aussi le petit ami qui rêve de devenir vampire, le directeur de l'école qui accueille les enfants le jour et les apprentis vampires la nuit, et la volonté de la fille de redevenir humaine.

Drôle et grinçant, le film n’emporte pas dans des éclats de rire permanents, il marque surtout par la finesse avec laquelle l’histoire a été pensée. Les rapports humains sont mis en avant, ceux de la famille mais surtout ceux de tout type de regroupement mené par un code contraignant et débile, on peut penser aux sectes comme à tout autre communauté (refermée sur elle-même). Vampires ne se contente donc pas d’user des clichés et de pratiquer l’humour, et il sait finir en émotion (la scène de "renaissance" de l'adolescente dans les rue de Montréal est une grosse réussite), porté par des acteurs parfaits dans leurs personnages. L’esprit Poelvoorde n'est pas loin, dur de ne pas penser à C’est arrivé près de chez vous, mais aussi à l'atmosphère des films de Delépine et Kervern.

Vampires, de Vincent Lannoo, 2010.

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