Le Déchronologue de Stéphane Beauverger


Décidément quand il s’agirait de chercher querelle territoriale ou généreuse raison d‘empoigner son voisin, les mêmes alibis avariés seraient éternellement resservis. Si les couronnes d’Europe n’avaient pas tant brûlé d’envie de venir planter leurs dents dans la couenne caraïbe, le lynchage et l’exécution de quelques colons français mal débarqués en domaine anglais n’aurait jamais trouvé si vibrant écho. Les trônes ont ceci de commun avec les baquets d’aisance que leurs usagers les souillent dès qu’ils s’y posent.

Extrait de Stéphane Beauverger, Le Déchronologue, La Volte, 2009

Un siècle après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, les européens n’ont de cesse de guerroyer pour se partager le gâteau. Sauf que là le temps s’en mêle… Je ne vous en dis pas plus sur cet excellent roman de science-fiction pirato-caraïbe, nous en parlerons plus en détail dans le prochain numéro de L'Indic qui verra le jour en Novembre 2009. Mais sachez d'ores et déjà que les sauts chronologiques, en avant et en arrière du système de narration, permettent des ellipses prenantes ; que le personnage de Villon, capitaine de navire sans patrie ni frontière, blessé et imbibé de tafia, mais toujours debout, est particulièrement touchant. Et que, Christ Mort, c'est la première fois que je croise Nick Drake et Dylan dans un bouzin sur un galion. Alors puisque ni Revivre, ni Dans un jardin que je sais pas plus que Quand on perd un ami de Gérard Manset ne semblent être sur la toile, voici pour Henri Villon, Sévère, Main-d'or, Le Cierge, la Crevette, Arcadio, Le Baptiste, Alejandro Mendoza de Acosta et tous les autres...

John Dowland, Flow My tears chanté par Andreas Scholl



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