Eric Clapton, (no reason to cry), Polydor, 1976


C'est par Sign Language que je suis venu à écouter (no reason to cry). Un routard du blues et du rock, qui m'avait déjà piégé avec la superbe valse dylanienne de New Morning, m'a demandé un jour : " Et de Dylan, tu connais Sign Language ?" Je lui ai dit que non, mais que Dylan il en avait fait des albums et que parfois... Il a tout de suite clarifié la situation en me disant que cette chanson de Dylan n'était pas sur un album de Dylan, mais sur un disque de Clapton sorti en 1976. C'est ça la belle vie, on en apprend tous les jours.

Sur la jaquette Clapton est assis devant diverses bouteilles d'alcool. Je suis reparti avec le disque à la maison. Il y a du beau monde là-dedans, les gars du Band, et Ron Wood aussi qui venait d'être engagé par les Stones. Si Sign Language est de loin le meilleur morceau de l'album et que parfois, comme dans la chanson Black Summer Rain, Clapton sucre un peu trop les arrangements, il reste que la galette est tout à fait écoutable, on pourra même faire tourner en boucle des titres comme Carnival sans se lasser. County Jail est aussi une belle réussite, même si la voix manque un peu de background par rapport au thème. Le duo de voix colle pile poil à All Our Past Time. Hello Old Friend avec son rythme qui semble venir des îles se tient pas loin de Sign Language. Je voudrais remixer Trouble Double en un peu plus épuré... oh trois fois rien, un peu moins de piano peut-être. Ca fait 33 ans que (no reason to cry) est dans les bacs et les rides qu'il a pris lui vont bien, il prend de l'âge, mieux que beaucoup de choses très lisses dont on nous bassine les oreilles en ce moment. Et très vite l'album devient un compagnon de route.

Eric Clapton, Sign Language




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