Elle est chez qui la violence ?

À terre, Nantes, mai 2016


Hier nous avons été pris en étau devant l'hôtel Radisson (où se déroulait une réunion du Medef). Nous étions 20 ou 30 personnes à nous rendre à une manifestation (annulée) organisée par Culture en marche autour de Nantes. Je ne fais pas partie du collectif, j'y suis allé surtout pour voir comment cela se passait. Nous avons été encerclés par un grand nombre de policiers.

Ils ont contrôlé et relevé l'identité de tout le monde et pris en photo certaines personnes (dont moi, je dois avoir une belle tête avec mes cheveux fluffy). Ensuite ils ont frappé courageusement deux jeunes femmes (c'est l'une d'elle qui est à terre sur la photo) et ont dégainé les bombes de gaz (pas lacrymo, un autre truc qui fait mal mais pas pareil). C'est une petit anecdote, une parmi beaucoup d'autres, ce n'est pas la plus violente, loin de là ; elles s'accumulent.


"Des câlins, des bisous", la BAC charge des gens assis (Nantes, avril 2016).


J'ai fait beaucoup de manifestations et ce que je vois depuis quelques années est sans commune mesure dans la répression. À Nantes - outre les blessés (il existe maintenant une Assemblée des Blessés 44) - depuis le début des manifestations contre la loi travail il y a eu plus de 150 arrestations. Sur la photo ci-dessus on peut voir la BAC (Brigade Anti Criminalité) charger un groupe de gens assis par terre. Nous avons assisté à la scène, les personnes chantaient "des bisous des câlins". Les policiers de la BAC sont revenus avec deux personnes arrêtées, elles avaient l'air de ne pas très bien comprendre ce qui leur arrivait. Manifester devient de plus en plus dangereux et délictueux.


Deux policiers de la BAC visent le cortège alors qu'une dame passe (Nantes, avril 2016)


À Nantes la police vise les cortèges au LBD et elle tire (faut-il rappeler que trois personnes ont perdu un oeil un même après midi suite à des tirs de la police le 22 Février 2014). Un livre écrit par un nantais blessé par cette arme L'arme à l'oeil sort aujourd'hui en librairie aux éditions Bord de l'eau. La police lance aussi des grenades de désencerclement sur des personnes qui s'en vont en courant. De nombreuses photos de blessés attestent de la dangerosité de ces armes. Un recueil de témoignages est consultable en ligne ici même : Que fait la police ?

Cette violence, il faut la voir pour la croire. Je veux dire il faut y être pour s'en rendre compte. Que l'on soit pour ou contre la Loi Travail qui vient de passer avec l'article 49.3, il y a de sérieuses questions à se poser sur ce que fait la police en France pendant les opérations de maintient de l'ordre.

Malgré cela les manifestations nantaises possèdent aussi leur lot de moments beaux et drôles (mais ce n'était pas aujourd'hui notre propos).

Voici une autre photo d'hier ; devant le policier, on ne le voit pas sur la photo, il y a deux personnes qui marchent. Je pense l'intituler "machinalement"...


Machinalement, Nantes, mai 2016



Edit du 18 Mai : La doctrine de maintien de l’ordre a changé. L’objectif est maintenant de frapper les corps, un entretient de Reporterre en lien avec ce qui est dit ici.

Edit du 30 Mai : autre interview : Violences policières : "L'objectif n'est plus de repousser un groupe mais de blesser des individus", Les Inrocks.

Les violences policières en France vu par un journaliste Algérien.  Du texte au texte avec Adlène Meddi.

Edit du 2 Juin : Les techniques de répressions sont de plus en plus terribles. Cette vidéo de camions qui arrivent à fond et de policiers qui sortent en courant pour frapper les gens ressemble à des images d'un film de guerre : Rennes : des manifestants et des journalistes victimes de violences policières.

Des paliers sont franchis : Saint-Malo : onze enfants blessés après l'évacuation musclée du collège Surcouf.


Commentaires

  1. Salutaire travail de recensement; et tu n'en vois, par nature, qu'une partie !

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  2. merci l'ami
    ce serait bien de réfléchir au pourquoi de ce surcroît de répression. crainte de l'insurrection qui vient? Ils seraient bien les seuls dans la population à y croire. C'est ça qu'est dommage.

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