Une semaine de vacances, Christine Angot


Les scènes de sexe s'enchaînent dans un style froid, quasi clinique et derrière ces scènes se dessine le portrait du père : un personnage assez abject, à la fois infantile, cultivé et imbus... La fille, elle, est plutôt lointaine, presque absente.


"Elle hésite. Relit la carte. Demande ce qu'ils appellent des asperges à la Watteau. Elle prononce Vateau. La femme repart, une fois la commande notée. Il l'informe alors qu'on prononce Ouatteau, qu'en français le W se prononce oueu, sauf pour les mots d'origine allemande, que le commun des mortels, qui ne réfléchit pas plus loin que le bout de son nez, emporté par la prononciation du mot wagon, qui est le mot français le plus fréquent à commencer par un W, se trompe sur la prononciation de tous les W de la langue française, parce que le mot wagon, qui est d'origine allemande, Wagen, ne correspond pas à la règle de la prononciation du W en français, et fait justement partie de exceptions. Il a écrit à ce propos, pour une revue qui s'appelle Vie et Langage, un article qu'il lui fera lire, il en a plusieurs exemplaires dans le coffre de la voiture. Il détaille l'origine, la provenance, l'évolution de plusieurs mots français commençant par un W, puis prend le journal plié en quatre sur sa serviette de table, le déplie, entièrement, et disparaît derrière le paravent formé par la une et la dernière au-dessus de la nappe. Le général Franco est mort barre toute la première page, d'un bord à l'autre, en énorme."

Le livre donne à voir, précisément. Après la lecture, tu te poses des questions, tu as aussi des réponses sur l'inceste, sur le viol, sur l'autorité. Parmi les questions que peut soulever l'ouvrage il y a celle du genre et de ce qu'il permet, parce que Une semaine de vacances peut-être vu comme une nouvelle de genre, de genre pornographique, mais ce n'est pas une nouvelle excitante ; c'est un sentiment étrange. Christine Angot dit ce qu'elle a à dire et c'est une réussite littéraire.

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