Henri Duparc, Mélodies, Lenore, Aux étoiles, Danse lente


Qui n'a pas été entraîné au moins une fois par les vagues orchestrales et romantiques d'un Wagner ?

C'est tout un monde... ces vagues immenses, ces abîmes profondes, cette dérives des sentiments... et Wagner n'est pas le seul à pratiquer la chose. Mais quand on me dit Duparc, Henri Duparc, je pense piano, voix, mélodies, je ne pense pas musique orchestrale et pourtant... 

La soprano Françoise Pollet et Jérôme Kaltenbach directeur de l'orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy proposent l'intégrale des oeuvre d'orchestres (ou avec orchestre) d'Henri Duparc, soit une heure de musique. Une heure de mélancolie. Une heure de rêves légèrement cotonneux où l'oreille bien affutée peut partir loin, très loin.

Cette musique me connecte souvent avec des paysages littéraires d'écrivains comme Maupassant, Balzac, Zola, Baudelaire, Gérard de Nerval, Lovecraft ou encore certains passages de Faulkner. Je convoque des écrivains mais nous pourrions parler peinture... ou sculpture ou parc aux coeurs des villes. Le lyrisme musicale des mélodies et des poèmes symphoniques de l'époque (fin XIXème, début XXème) possède une forte capacité à transporter l'auditeur. Quoi qu'il en soit une heure de musique lyrique ce sont un peu les mêmes divagations qu'une longue promenade dans un décor romantique. 


Frédéric Bazille, Porte de la Reine à Aigues-Morte, 1867

Cette façon d'utiliser la voix pour la fondre entièrement dans la musique est moins habituelle à nos oreilles, surtout à notre époque où la chanson française, par exemple, ne chante plus vraiment. Il vaut peut-être mieux connaître les textes et leur propos avant d'écouter les mélodies. Et, dans un premier temps, se laisser porter par la voix sans chercher à déchiffrer les phrases.



Et si cela vous sied, je vous conseille vivement d'aller faire un tour du côté d'une nuit d'été de Berlioz.

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