Hoel se souvient de cet air...



Hoel est bibliothécaire, il pratique la lutte bretonne et anime les sites Hannibal le lecteur et Polars Pourpres sur la toile. Aujourd'hui il se souvient de Moby en concert...


Mes souvenirs musicaux ne manquent pas mais si je devais n'en choisir qu'un, ce serait le concert de Moby aux Vieilles Charrues, en 2009.

Moby est un des artistes que je préfère et ses CD ont énormément tourné sur mes platines, surtout Play (1999), qui doit être l'album que j'ai le plus écouté de ma vie.

Nous sommes donc aux Vieilles Charrues le dimanche 19 juillet 2009. Le festival s'était déjà bien déroulé, avec un super concert du « Boss » le jeudi, suivi de belles surprises comme Metronomy, Cocoon ou Micronologie, des passages réussis d'artistes confirmés comme Lenny Kravitz ou Alela Diane ou encore un combo Frères Morvan/Tambours du Bronx aussi détonnant que réussi.

Voici venu le dimanche soir et Moby a la lourde tâche de clôturer le festival. Sur le terrain mythique de Kerampuilh les festivaliers sont crevés et ne savent pas trop à quoi s'attendre. Ils appréhendent un peu, moi le premier. Le mec est un bidouilleur de génie et produit des merveilles d'albums mais que vaut-il en live, surtout sur la scène Glenmor, devant 50 000 personnes ? Va -t-il se contenter de pianoter sur son Mac ? Va-t-il jouer essentiellement des morceaux peu connus issus de son dernier album (Wait for me) qui vient de sortir ?

Moby entre en scène et met rapidement tout le monde d'accord. En plus d'être un bon compositeur, c'est aussi un musicien talentueux, un vrai artiste polyvalent. Durant le set il aura tout fait : chant bien sûr, mais aussi guitare, claviers, et même batterie. Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il se débrouille le bougre. Tous les tubes étaient au rendez-vous. Un grand moment de communion.
On a sauté comme des fous sur Lift Me Up, adoré Natural Blues, presque pleuré sur Why Does My Heart Feel So Bad, eu envie de serrer quelqu'un dans ses bras sur Porcelain, goûté une étonnante reprise de Walk on the Wild Side...

Et puis In This World est arrivé. Quasiment a capella (Moby caresse quelques cordes, histoire de...), Joy Malcolm, la chanteuse qui accompagne le divin chauve sur cette tournée, commence à lâcher quelques vocalises, puis entame tranquillement la chanson, les paroles étant reprises en cœur par la foule. On l'a déjà entendue à l'oeuvre pendant le set et on sait qu'elle en a encore sous le coude, ou plutôt sous la luette. Les instruments vont crescendo et la voix de Joy suit le mouvement. Avec son timbre de diva soul et sa gestuelle, elle en impose sur scène (oui, Moby sait aussi bien s'entourer). Le morceau dure, s'intensifie, et puis arrive le grand moment. Le morceau atteint son apogée et Joy Malcolm sort une note monstrueuse, qu'elle va tenir pendant un moment qui paraît durer une éternité. Ô temps, suspends ton vol... Plus un mot à Carhaix, la diva a cloué le bec des 50 000 festivaliers, qui se regardent, ébahis, se disant sans doute qu'ils sont en train d'assister à un moment unique, mémorable. Cette version d'In This World restera à jamais gravé dans ma mémoire (si je chope pas Alzheimer). Rien que de la réécouter, j'en ai la chair de poule...

In this world, de Moby feat. Joy Malcolm
Vieilles Charrues (Carhaix, Finistère), Dimanche 19 juillet 2009
Hoel, 25 ans


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