Hubert Félix Thiéfaine, Meteo für Nada, Sony, 1986


L'oeuvre d'Hubert Félix Thiéfaine résiste assez bien au marquage dans le temps. Si les albums sont parfois un peu datés années 80, ce n'est pas au niveau des paroles : il y a une constante métaphorique tout au long de la carrière. Et les paroles, les métaphores fonctionnent toujours dix ou vingt ans après. Ce qui sonne un peu marqué sur Meteo für Nada c'est la production, pas dans les instruments, mais dans le grain aigu et acide des années 80. Mais comme on l'a remarqué précédemment il vaut mieux ce grain un peu aigu que l'absence de grain et le lisse de certaines productions actuelles, et Meteo für Nada reste un missile rock joyeux et nostalgique où tout se tient, en équilibre, à coup de mélodies bien placées. Le petit polar (Dies Ole Sparadrap Joey), le tube (Sweet Amanite Phalloïde Queen), le rock (Zone Chaude Môme), le rock'n'roll (Bipède à station verticale), les cascades de clavecin mélancolique (Affaire Rimbaud), le train de nuit (Diogène 87)... Tout est là, à écouter en boucle les soir où ça ouine.

Hubert Félix Thiéfaine, Sweet Amanite Phalloïde Queen


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