Blue Öyster Cult, Heaven Forbid


Cela faisait depuis un bon bout de temps - 10 ans si l'on exclut Cult Classic qui propose des réenregistrements de classiques pour la BO du film Stand - que le Blue Öyster Cult n'avait pas fait parler de lui. En règle générale les rappers deviennent inintéressants vers le troisième album, pour le hard rock les papys sont quelques-uns à continuer la route depuis la fin des années 80 avec plus ou moins de bonheur...

Heaven Forbid s'ouvre sur un morceau entre Motörhead (pour la voix) et Metallica (pour les riffs et la rythmique). Le deuxième morceau (Harvest Moon) renoue avec un rock FM plutôt moyen... on les a connus plus fringants dans ce genre d'exercice, mais le morceau a l'avantage d'avancer (même si on est pas sur les chevaux d'Astonomy) et on l'adoptera facilement au bout de deux ou trois écoutes. Les frères Bouchard ne sont plus là et la musique semble plus prévisible que d'habitude. Et l'album sonne plus début 90 que fin 90.

Alors quoi qu'est-ce qu'on fait ? On retourne écouter Imaginos comme s'il ne s'était rien passé ?
Bon... il y a un peu de fraîcheur tout de même et (toujours) des idées dans la construction et ça cravache pas mal côté métal (Hammer Back, See You In Black). Il y a quelques essais plus ou moins heureux : X-Ray Eyes sonne un peu fusion, mais dans l'ensemble certaines parties solos ont déjà vieilli (mais peut-être que ça reviendra à la mode ?). Quelques morceaux de bravoure peuvent rendre l'album attachant : Damaged vient en contrepoids à X-Ray Eyes (une fusion plus réussie avec les Red Hot Chili Peppers dans le bois). Real World est dans la même veine fusion rock funky. In Thee, chanson à guitare sèche façon feu de camp pour kids, fait mouche...

Il y a du changement chez le BÖC et ce n'est pas facilement acceptable pour les aficionados qui pourront tout de même se consoler avec Power Underneath Dispair, Cold Gray Light Of Dawn et Live For Me. Pour ma part je vais sûrement mettre quelques chansons sur mon disque dur et revendre l'album à 1 Euro sur un vide grenier... Mais entendons-nous, Heaven Forbid est un album tout à fait jouissable. Il peut devenir un compagnon de route (ou pas). Pour les textes, le BÖC continue dans la littérature : l'écrivain / scénariste John Shirley se trouve associé à la plupart des chansons.


Blue Öyster Cult, Heaven Forbid, Steamhammer, 1998

Blue Öyster Cult, Real World

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