Glissement de terrain



D'après le Dictionnaire du français argotique (F. Caradec, Larousse), le polar est un terme d'argot qui se traduit par roman policier. Le roman policier désigne l'ensemble des littératures policières (roman noir, roman jeu/enquête, thriller (ou suspense), espionnage, polamour... souvent un roman policier peut se voir coller plusieurs de ces étiquettes). Sur le sujet je conseille la lecture de Boileau-Narcejac Le roman policier chez Quadrige/PUF. Boileau et Narcejac voient les littératures policières comme un pommier qui donne diverses pommes... Le roman noir (une certaine description du monde où la société industrielle est vue comme un échec et dont le roman noir décrit les maux) me semble bien en être une qui pousse dans la continuité du hard boiled américain (Cain, Chandler, Hammet...) et du néo polar à la française (Manchette, Amila, ADG...).

J'aimerais travailler à un état des lieux du polar en France. Je suis aussi en train d'essayer de mettre en place un petit questionnaire d'enquête avec quelques questions à poser aux gens qui lisent du polar et à ceux qui n'en lisent pas forcément. Ca va prendre du temps à mettre en place. Une de mes problématiques que j'expose par ailleurs c'est qu'il me semble que de plus en plus le polar = thriller dans la tête des lecteurs. La pomme thriller sur le pommier des littératures policières qui compte de nombreuses variétés est en train de prendre une grosse partie de la sève de l'arbre et du coup les autres pommes se rapetissent ou vont carrément aller voir ailleurs (et se faire publier en dehors de l'étiquette "polar"). De fait on assiste à un appauvrissement de la diversité du genre "littérature policière". Peut-être un peu comme la SF envahie par la fantasy...

Les estampilles "thriller" et "noir" (laissons pour l'instant de côté le « roman régional ») sont à la mode avec une forte prédominance pour le thriller. Cela fait beaucoup de livres qui ne resteront pas et qui noient des nouveautés intéressantes. Le genre pourrait bien se confiner de plus en plus dans des grandes lignes répétitives destinées à un lectorat qui désire retrouver les mêmes effets de livre en livre (voire à ce sujet les articles dans l’Indic « Tourner en rond dans le noir » et « Franck Thilliez fait son cinéma »). Si l’écriture à base de codes, de clichés et de poncifs colle aux littératures policières depuis le début (si l'on veut bien placer l'un des actes de naissance dans les romans feuilletons) on arrive tout de même à l’heure actuelle à un terrible appauvrissement du genre.

C’est inquiétant. Le "Thriller" ramené aux tueurs en série, aux pédophiles... et au dangereux criminel plus ou moins psychopathe (comprendre « monstre » et "grand méchant") écrit sous forme de scénario, quasiment sans style, n'est-il pas en train de phagocyter les littératures policières ? N'est-ce pas dangereux pour l'avenir du genre ? Y a-t-il une possibilité de renverser la vapeur, de rééquilibrer les parts du gâteau pour que les auteurs puissent vivre de leur plume et avoir le temps de produire de bons romans ? Parce qu'à part quelques locomotives qui s'en mettent pleins les poches avec (trop souvent) de mauvais romans éphémères que vont devenir les autres, ceux qui écrivent ou éditent pour quelques clopinettes, combien de temps vont-ils tenir ?

Il me semble qu’on assiste à un déplacement. Pour faire court : le roman à énigme est un roman qui met en avant la déduction, qui stimule l’esprit, la logique, un genre de victoire de l’intelligence, le triomphe du cerveau qui explique le crime et trouve le coupable. Tout un pan du roman noir avec son détective/chevalier peut être vu comme un combat contre les maux de la société industrielle et capitaliste, cette littérature met en avant les problèmes de notre société, le mal est là. Dans le thriller (dans sa production actuelle) un glissement s’est opéré : le mal est dans l’individu, généralement un psychopathe. Le combat est alors déplacé, le "mal" ne correspond plus à la même chose. Il y a évidemment une réflexion à mener sur le message politique du thriller : l’image du « monstre » et la chasse à l'homme qui s'en suit n’est pas neutre.

Si la production policière se résume de plus en plus au thriller, alors les pommes des littératures policières vont être remises en question. Peut-être tout un pan du pommier va disparaître (non pas dans le fond, mais dans le classement en genre) et être absorbé par les collections dites blanches. Où est le roman noir gothique à l'heure actuelle ? Le roman fantastique ? Il me semble bien qu'il existe toujours, mais pas rangé au même endroit. Le roman noir - ce que en France nous avons appelé le roman noir, un roman avec un angle de vision sur la société - n'est-t-il pas de plus en plus rangé dans la littérature blanche ? Tout cela n'est pas qu'une affaire d'étiquette c'est aussi une affaire de marchandise et de culture.

Le danger c'est l'appauvrissement d'un genre par la mise en place de produits, de marchandises, calibrées (industrie oblige) sur le même schéma formateur de goût et d'attente unidimensionnel. Un produit standard est plus facile à vendre... Le thriller lui-même qui est un genre assez flou mais qui peut se définir comme une littérature à suspense qui doit vous donner envie de tourner les pages grâce à un scénario à rebondissement, est en train de devenir synonyme de littérature sanglante relatant  les crimes et la traque d'un serial killer, ce qui est particulièrement réducteur.

Commentaires

  1. Excellente analyse, mon cher DJ ! La question de la catégorisation est récurrente dans notre genre préféré, et celle du vocabulaire qui va avec aussi. Policier ? Noir ? Polar ? Les branches de l'arbre ont été clairement identifiées par les historiens du genre, mais le lecteur, ce criminel, semble un peu s'en moquer, et en effet, le non-initié assimile facilement polar à thriller. C'est un constat en tous cas que je peux faire au sein de la médiathèque où je travaille. Je suis bien d'accord avec toi sur cet aspect réducteur que prend aussi le thriller dans l'esprit des lecteurs (faut qu'ça saaaaigne)et je préfère moi aussi le faire voisiner avec le suspense. Les thrillers d'Albin Michel - pour citer un poids lourd de la catégorie - ne sont-ils d'ailleurs sous emballage "Spécial supense" ? Ou ils le furent longtemps en tous cas.
    Bon courage pour ton enquête (bonne idée !), je te suggère de "t'adosser" avec une bibliothèque de ta région pour avoir un échantillon plus large de lecteurs et de lectrices.
    Salut !

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  2. Ça me fait penser à ce qui est arrivé, en musique, avec le hard rock, au départ simple sous-catégorie du rock, puis catégorie à part entière avec l'essor des groupes du style, puis à nouveau sous-catégorie mais, cette fois, du "métal", appellation qui a bouffé tout le spectre des musiques bastonnantes à grosses basses…
    Par ailleurs, si on en revient à ce que disent les mots, le "thriller" est censé faire peur, frissonner, dimension qui n'est pas forcément présente dans le polar, plutôt caractérisé (mais pas seulement) par un élément de suspense (l'énigme, comme dit ce cher Duclock). Enfin, s'il vous plaît, voudriez-vous bien répéter la question ?

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  3. Le thriller serait-il à la littérature policière ce que la musique militaire est à la musique ?

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  4. Tout ça ne serait-il pas qu'une histoire de $$$?

    J'attends ton questionnaire DJ!

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  5. Léo Mallet aimait pas le mot polar, il disait rompol.

    Y a eu un moment où le polar nourrissait le cinéma (sous-entendu : Y a eu un moment où le polar américain nourrissait le cinéma américain). Est-ce que ça ne serait pas exactement l'inverse maintenant ?
    Est-ce que c'est pas là qu'il faut chercher les causes d'un certain apauvrissement ?

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  6. C'est pas faux DJ. Mais à mon avis il y thriller et thriller? D'une part un thriller mercantile (Harlan Coben, M.H. Clark...) du genre j'ai pondu mon thriller, attaquons-nous tout de suite à celui de l'an prochain. D'autre part, un thriller plus réfléchi avec une évidente portée sociale, noire. Je pense à Marin Ledun, Eric Cherrière, Aurélien Molas, Jac Barron. Des gens qui écrivent avec style.
    Où donc classer les "gros" du thriller français (Grangé, Descosse, Thilliez, Chattam, Loevenbruck...) ? Là semble être la question.
    En ce qui me concerne, je lis du polar et du thriller et j'espère ne pas retrouver les mêmes effets de livre en livre.
    J'attends ton questionnaire avec impatience !
    Amicalement,
    Guillaume

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  7. un excellent sujet pour un prochain n° de l'indic en tout cas, et ton introduction fait bien la synthèse d'une situation actuelle, qui se rejoue toute fois sans cesse et dont une des tangente récurrente (et positive à mon sens) est l'apparition d'une culture de série B venant souvent faire la nique à la littérature stéréotypée de type soupe, nous n'en sommes pas là actuellement mais c'est peut-être ce qu'on pourrait espérer de mieux pour le renouvellement du genre, des produits de série B venant mettre quelques coups de pieds au cul d'une littérature qui traite le "subversif" en le réduisant à du politiquement correct, pour faire court,
    à + pour continuer le débat

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  8. Ah ben ça tombe bien ça, je suis en train d'écrire un truc de Série Z. Pour répondre à Anonyme et au sujet du cinéma qui est source d'inspiration pour le polar en bouquin il y a un article de Geof dans L'Indic n°8 qui est pile poil dans le sujet. Pour ce qui est de qui classer où, Laurent, je ne sais pas il faudrait se pencher sérieusement dessus, avoir le courage d'en lire plusieurs, de comparer et souvent le style fade et les clichées, les poncifs me bloquent dans les premières pages (tiens je vais commencer "Blaze" de Stephen King en VO dans les jours qui viennent, mais le King, c'est encore autre chose me semble-t-il, que les noms récurrents du "thriller français" il a toute une dimension de description sociale de la classe moyenne américaine)... Mais c'est vrai qu'il faudrait faire un dossier / une étude. Comme je le dis Geof c'est intéressé à Franck Thilliez et au cinéma, l'étude pourrait continuer dans le prochain Indic. Quand au dernier livre avec un "sérial killer" qui tenait la route (le livre, pas le serial killer), je garde un bon souvenir du bouquin de Sjöwall et whalhöö "L'homme au balcon"...

    Bon il faut que je mette au point mon questionnaire...

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  9. Bonne analyse, camarade Duclock.
    Que le terme thriller soit vendeur, nul n'en doute, reste à vérifier le contenu. Ce serait aussi vrai pour l'étiquette Roman noir. Ces formules, ces arguments, ne catégorisent pas si bien que ça les fictions en question. "Un thriller de Joyce Carol Oates" pour qualifier le dernier Lauren Kelly, roman psychologique, c'est assez absurde. "Roman noir" pour celui de Andrée A.Michaud "Lazy bird", ça ne colle pas trop non plus.
    Le coeur de la/ta question, c'est peut-être la différence entre un scénario, aussi bien construit soit-il, et un roman bien pensé bien écrit. Ce n'est pas faire offense à Pierre Lemaitre que de dire que son dernier titre est mieux écrit que les précédents, excellentes intrigues mais où le scénario "se sentait". Ce n'est qu'un exemple, ce serait vrai pour d'autres best-sellers.
    Quant aux histoires de serial killers, l'originalité consisterait à imiter Hannibal Lecter ? Rions en choeur. Les pédophiles et autres givrés offrent une source intarissable, mais aussi peu intéressante s'il s'agit juste d'afficher leur "monstruosité".

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  10. Etiquette quand tu nous tiens...Ceci étant, plusieurs choses me paraissent à souligner par rapport au sujet que tu soulèves:
    1) La classification s'impose mais ne doit pas être un carcan. Je pense par exemple aux fameuses "règles du roman policier" de Van Dine. Si on est dans le "trop bridé", cela n'a plus de sens et on tombe dans du prémâché, la redite.
    2) Où s'arrête le Noir? Où commence le thriller? N'y-a-t-il pas aussi des livres "transgenres"? Pour ce dernier cas, je pense à des auteurs comme Viel ou Ravey; dans un autre style, certains Chainas.
    3) Là, je ne pense pas te faire dire ce que tu ne dis pas. Oui avec le thriller "formaté", il semble qu'il n'y ait plus vraiment de prise ou d'emprise sur le monde, pris au sens de de société dans laquelle, que ça nous plaise ou non, on évolue.
    Peut-être que le Noir véritable est celui qui à la fois recherche la part du mal dans ce qu'elle a d'universel mais aussi de conjoncturel?
    Je ne sais pas. Je n'ai pas de réponse définitive. Je m'interroge. Comme toi...

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  11. Sur l'écriture elle-même (u peu en réaction à ce que dit Claude):
    C'est bien cela dont il s'agit: un roman bien écrit (après, on peut discuter de "bien écrire") mais avec des défauts de scénario me paraîtra toujours cent fois meilleur qu'un autre bien pensé mais qui manque de souffle au niveau de la prose.
    Là, effectivement, les thrillers de têtes de gondole auront un peu de mal...

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  12. Ah, "bien écrit"... voilà un autre vrai sujet qui fâche. Une autre enquête pour le DJ Duclock ?

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  13. Il serait peut-être opportun avant de lancer de telles idées de réfléchir à ce qu'est le thriller, encore une fois, ce n'est qu'un mode narratif qui s'est vite transformé en étiquette éditoriale. C'est une idée reçue que de croire qu'il n'y a que les thrillers qui se vendent, tout simplement parce que vous envisagez le lectorat comme un ensemble homogène et qu'à vous lire vous ne connaissez pas les chiffres de l'édition. Le lectorat de polar puisque c'est lui qui vous occupe se répartie en plusieurs catégories qui ne coexistent que rarement et ce pour des raisons simples: les lecteurs, vous, moi, n'avons par des milliers d'euro à dépenser, l'autre raison, c'est que vous êtes certes passionné par la littérature mais qu'il n'y a qu'une minorité de français qui partage cet engouement. Un thriller qui marche bien et à qui on attribue l'étiquette best-seller se vend à 10 000 exemplaire, nous sommes 2 millions de lecteurs potentiels en France sur une population de plus de 60 millions, faites les calculs.
    Un dernier point:la série B n'a jamais eu pour autre vocation que de faire du pognon en cherchant des moyens détournés pour exploiter le sexe et la violence (pas pour rien qu'on appelait ça cinéma d'exploitation). La série B ou Z n'a jamais été un porte-étendard de la contre culture, c'est une idée fausse et récente. La série est née juste après le film Freaks de Todd Browning lorsque la censure à Hollywood est apparue sous la forme du code Hays mis en pratique en 1934. Bref, c'est un peu paradoxal d'avancer que le thriller est une machine à faire du pognon au détriment du reste de la littérature noire et que la réponse possible pour contrecarrer ce phénomène est précisément la série B dont c'est la seule vocation...

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  14. Cher anonyme,
    Vous répondez à deux messages différents dans un seul. Du coup, c'est un peu confus. Je vous engage aussi à relire la chose, en ce qui concerne l'ouverture de ce que vous dites : "Il serait peut-être opportun avant de lancer de telles idées de réfléchir à ce qu'est le thriller..." il y a une définition de ce qui est le thriller vers la fin de l'article. En ce qui concerne la Série B et la Série Z je vais laisser Guillaume F répondre (à l'aide film comme Zombie de Romero, par exemple). Vous me semblez un peu trop catégorique.

    Sûrement, comme vous dite, que le lectorat de polar se divise en plusieurs catégories de lecteur. Dans les lecteurs que je connais les gens goûtent à toutes les pommes de littératures policières. Ils sont curieux. Je n'ai pas les chiffres de ventes, mais pour ce qui est du rayon polar, il me semble que je ne voie pas de publicité pour le dernier livre de Jérémie Guez alors que j'ai le souvenir d'avoir vu la gare de Lyon remplie d'affiches pour un des livre de Frank Thilliez (qui doit vendre à plus de 10 000 exemplaires, sinon il va être dur d'amortir le budget pub). La mise en place en librairie n'est pas la même non plus. Le thriller... une étiquette effectivement, je dirais même que c'est devenue un image... "l'image plutôt que le goût" voilà ce qu'il faut mettre en avant dans la production industrielle. C'est sur ces points que je voudrais attirer l'attention : la taille que prend (en représentation/image) la pomme "thriller" et ce qu'elle est en train de devenir en terme de "reproduction de clichés". Et de fait l'image qu'elle donne du genre "polar" en prenant beaucoup de place dans la production, dans la mise en place de marchandise et économiquement. Et que de fait il étouffe/cache un peu trop le reste de la la production.

    Mais notamment avec L'Indic (noir magazine), nous travaillons à mettre en avant autre chose. Et nous ne sommes pas les seuls.

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  15. Cher DJ Duclock,

    Si je me suis permis d’intervenir sur votre blog, c’est pour la simple et bonne raison que vous mélangez plusieurs arguments et que vous les alignez pour affirmer un propos qui n’est en réalité qu’un point de vue lacunaire et orienté, pour ne pas dire biaisé.
    Il en va de même pour vos exemples, je n’en citerai qu’un : la publicité concernant Thilliez et Guez. C’est absurde et inopportun, étant donné que comme toute entreprise, une maison d’édition a un budget alloué à la publicité, et même si j’apprécie beaucoup Frédéric Houdaille, je vois mal comment La Tengo pourrait rivaliser sur ce point là avec Fleuve Noir et Universpoche. Pour ce qui est de la mise en place, elle dépend des diffuseurs et des libraires uniquement. Seul le premier tirage est une décision qui revient à l’éditeur.
    Concernant la taille de la pomme thriller puisque vous semblez aimer cette métaphore : encore une fois, elle ne se fait pas au détriment d’autres romans malgré ce que vous semblez croire. Cette idée est réductrice et d’autant moins valable si l’on regarde attentivement la répartition du lectorat et les chiffres réels de l’édition, ne vous fiez pas à ce qui est écrit dans la presse étant donné que les chiffres annoncés sont faux.
    Quant à la définition que vous proposez du thriller, elle est archétypale et occulte toutes diversités et toutes subtilités au sein même du genre, ce qui est d’autant plus dommageable que vous reconnaissez vous-même ne pas en lire. Lorsqu’on avance un propos, la moindre des choses est d’avoir une rigueur et une intégrité dans sa réflexion, sinon celui-ci n’a guère de valeur.
    Pour finir et en revenir à la série B et Z, mon intention n’est pas d’être catégorique, seulement j’évoque une réalité connue si on s’intéresse un tant soit peu à l’histoire du cinéma, histoire que je connais un petit peu puisqu’il m’arrive de l’enseigner.
    Cependant et pour conclure, ne vous méprenez pas sur mon intervention, elle n’a pas pour objectif d’être polémique ou de vous contredire, vous personnellement, pour le simple plaisir (douteux si c’était le cas). Je suis juste fatigué de voir des idées reçues sur le thriller véhiculées de la sorte sous couvert de réflexion. Je trouve cette démarche vaine, peu honnête et contre-productive pour l’ensemble de la communauté du polar. D’autant qu’à vous lire, cette démarche s’appuie sur des notions bien trop vagues et un parti pris réducteur. Il y a de nombreux combats à mener pour la défense du polar (et il est louable que L'Indic en mène quelques uns), celui-ci, à mon sens, n’en est pas un surtout s'il revient à n'être au final qu'un dictat hasardeux sur la notion de bon goût.
    Cordialement

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  16. L'exemple cité dans le commentaire entre la différence de mise en place et de publicité que peuvent s'octroyer/sep payer certaines maisons d'éditions pour certains auteurs (mais cela marche aussi au sein même des maisons d'éditions, pourquoi Le Seuil ne met pas en avant "Chères Toxines" au moment de Médiator ? sur quels auteurs passe le budget communication de cette maison d'édition ?). L'exemple illustre bien le propos... c'est bien de partage de part du gâteau ou de taille de pommes qu'il s'agit.

    Je crains que vous n'ayez pas compris ce que dit l'article ci-dessus et que vous y collez un discours qu'il ne tient pas.

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  17. oui, soit j'ai définitivement du mal saisir l'objectif de votre exemple, soit vous n'êtes pas familier du fonctionnement d'une maison d'édition puisque vous mélangez, dans le cas du Seuil, le secteur publicité et celui de la communication auquel se rattache le service presse. Que tel auteur bénéficie de publicité se calcule selon le chiffre de vente de son précédent roman, de sa notoriété ou de la prise de risque d'un éditeur en fonction d'un ratio réalisé sur la base chiffres de vente passé/a-valoir versé à l'auteur/premier tirage si l'éditeur estime qu'il pourra se rembourser et que la publicité étendra le lectorat de l'auteur alors il mise.
    Quant à votre article, je l'ai lu très attentivement croyez-moi.
    "Le "Thriller" ramené aux tueurs en série, aux pédophiles... et au dangereux criminel plus ou moins psychopathe (comprendre « monstre » et "grand méchant") écrit sous forme de scénario, quasiment sans style, n'est-il pas en train de phagocyter les littératures policières ?"
    Sur ce: bonne continuation

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  18. Il y a toujours, à l’origine du renouvellement d’une forme de récit, d’esthétique, etc., une intention créatrice (inconsciente bien sûr, mais effective) liée à la nécessité de contourner des formes d’expression devenues à tel point stéréotypées qu’elles imposent d’elles mêmes l’explosion ou le renouvellement salvateur, parodique et/ou critique (intrinsèquement critique) de leurs clichés. Ces élans d’avant-garde (intellectuelle, ou populaire : série B) me réjouissent, personnellement, et échapperont toujours, d’une certaine manière, à toute forme de récupérations mercantiles (même lorsqu’ils en font l’objet, de manière plus ou moins maitrisée et maitrisable : série ZZZZZZZZZZZZ), dans la mesure où disparaissent avec eux, dans le formatage du système « soupe », les éléments de leur puissance subversive. Rien de tout cela ni dans Chattam, Thilliez, Bauwen, etc. Juste une soupe, plus ou moins bien écrite, peu importe, pas de mauvais gout en tout cas, tout juste un jeu de Lego dénué de qualités sulfureuses et pourtant censé nous faire entrapercevoir les couleurs du Mal…

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  19. Bon sang, Anonyme :

    -vous dites enseigner le cinéma, mais vous tenez des propos étranges sur la série B et la série Z.

    -Vous lisez attentivement, mais vous ne semblez pas comprendre ce qui ait dit. Le passage qui vous citez ne "dénigre" pas le thriller, mais parle de ce qu'il à tendance à devenir. Ma tentative de définition du thriller se trouve ailleurs dans le texte.

    Mais qui êtes vous ?
    Un auteur de thriller ?

    Le thriller (si on veut bien y voir là une pomme du pommier, souffre aussi cruellement de ce dont je parle). Par ailleurs dans un des articles de L'Indic "tournez en rond dans le noir" je reproche aussi le côté cliché que l"on trouve dans la pomme "roman noir"...).

    C'est un peu la peur que j'avais en publiant ce texte "Glissement de terrain", qu'il soit mal compris et que l'on tombe dans la caricature. Mais c'est le risque.

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  20. il n'y a rien d'étrange dans mes propos sur la série B ou Z, je vois pas en quoi le fait d'en donner la définition est sujet à l'étonnement. Puisque visiblement vous n'en connaissez ni l'origine, ni le pourquoi du comment, et c'est dommage parce que c'est passionnant, essayez de voir le très bon documentaire American Grindhouse réalisé par Elijah Drenner, ça vous donnera un bref aperçu de l'histoire de la série B et Z. Croyez-moi, je ne dénigre absolument pas ce cinéma, mais bon, je précise juste que croire que la série B ou Z avait une vocation autre que faire du pognon, à de rares (très rares) exceptions, est une idée reçue, fausse en vérité, une idée à la mode depuis que Rodriguez et Tarantino s'en sont faits les porte-paroles et dont le précédent commentaire se fait l'écho. La subversion dans la série B et Z n'est qu'une conséquence (et non pas une réponse) de la censure dans le système hollywoodien et un outil utilisé par des producteurs et des réalisateurs peu scrupuleux pour s'en mettre plein les poches. Faut juste savoir de quoi on parle.
    Quant à comprendre ce qui "est" dit, je relis pour la énième fois votre article et vos commentaires, et répète: ce que vous affirmez et le danger contre lequel vous vous alarmez n'existe pas dans les faits si on se penche attentivement sur la question et si on fait abstraction d'un jugement de valeur littéraire. J'ai pris soin de répondre à vos arguments, mais j'ai la vague impression de donner dans le dialogue de sourd.
    De fait je ne vais pas vous ennuyer plus longtemps, ni m'ennuyer par la même occasion.
    PS: forcément il ne peut y avoir qu'un auteur de thriller pour contester vos affirmations et souligner que vos arguments manquent d'un soupçon d'objectivité et de rigueur puisque c'est là finalement la raison de mon intervention.

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  21. Réduire l’histoire de la série B et plus encore son champ d’interprétations possibles (aux dimensions culturelles, esthétiques, épistémologiques et politiques complexes et nombreuses) à sa simple origine hollywoodienne me parait un peu… réducteur. Il me semble qu’on peut aller un peu plus loin. Dans les processus d’élaboration des « sous-cultures », « sous-genres », etc., dont le système d’exploitation sait faire choux gras, il y a incontestablement plus d’inventivité que dans le formatage culturel et esthétique propre à une certaine exploitation actuelle du filon « thriller ».

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  22. La notion relevée par Duclock et Guillaume, celle de Série Z, les agace peut-être (et à juste titre) car il semble y avoir une association/assimilation dans le propos d'Anonyme entre les films de seconde zone et les polars, admettant que le thriller serait un moyen terme acceptable (puisque bien vendu).
    Ma lecture de ces échanges a croisé le mot : archétypal.(Tilt/blizz/Yep/Boum, dans ma tête)
    Bien évidemment, n'importe quel roman écrit aujourd'hui, n'importe quel scénario ciné-télé, n'importe quelle pièce de théâtre, n'importe quel texte connu ou inconnu est basé sur des archétypes. Les élites et le peuple de l'Antiquité sont du même type que celles du Moyen-Âge, de la Renaissance, du siècle de Louis 14, du temps des Lumières, de l'Empire, ou de notre époque. Donc, sauf à différencier les moyens de la criminalité, on décrit des archétypes similaires/identiques/comparables. Qui prétend innover sur ce point ? Musso ou Houellebecq, Paul Auster, David Vann, Craig Johnson ou James Ellroy ?
    Pour revenir une seconde au questionnement de Duclock, descriptif socio-culturo-politique n'égale pas roman noir, si l'écriture ne s'inscrit pas dans une réalité concrète. On s'est moqué de ce bourgeois de Zola, mais il décrivit du vrai, observé sans doute. Au-delà des étiquettes (c'est ta demande), les auteurs doivent (c'est leur devoir, pas d'autre mot) être dans la réalité du moment/de leurs descrptions pour mériter un label - roman noir ou autre.
    Pour extrapoler, nos poltiques (tous camps confondus) ne savent plus qui vote pour eux. Ils croient s'adresser à... Ben non, ils se gourent trop souvent. Espérons qu'il n'en soit pas de même pour les polardeux.
    Amitiés.

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  23. Ici anonyme 1, différent de Anonyme.

    Duclock,
    Globalement, à la lecture de votre article, vous ramenez le "thriller" a une sous-catégorie du thriller, à savoir celle, comme vous dites, de ces "tueurs violeurs pédophiles", pour résumer. Joli cliché, pour quelqu'un qui traque les clichés. Dire cela, c'est exactement la même chose que de ramener le cinéma de genre à la série B.
    Shutter Island, sukkwan island ou un tueur sur la route utilisent les mécaniques du thriller. DOA, Caryl Ferey, Marin Ledun, JH Oppel, Antoine Chainas ou même JB Pouy (Train perdu Wagon mort par exemple), pour ne citer que les français, l'ont fait. Alors là aussi, "tueurs violeurs pédophiles" ? Relisez, tiens, le chien des Baskerville, qui est le mode d'emploi de "comment écrire un thriller", et critiquez Conan Doyle tant que vous le voulez. Quant à Hitchcock, qui n'avait pour principale vocation que celle de procurer du frisson, indépendamment des guerre, de la drogue, et de toute autre considération sociale, le pauvre doit se retourner dans sa tombe. Auriez-vous préféré qu'il n'ait jamais existé, peut-être ? Qui a-t-il du mal, bon sang, a procurer du plaisir à des gens par le biais de la littérature et, dans notre cas, celle du thriller ? Parlez de ce dont vous aimez, plutôt que de perdre du temps à systématiquement démonter le reste.

    Quelques remarques supplémentaires :
    - Joli amalgame que d'affirmer "thriller=livre qui se vend". Je vous épargne les exemples qui démontrent le contraire, par respect des auteurs concernés.
    - Le polar n'est pas mort, ne vous inquiétez pas. Millénium a dû atteindre le million d'exemplaires, probablement plus que les livres de l'ensemble des auteurs de thriller français. Camelia Lackberg semble avoir pris le relai haut et fort. Génial.
    - Si certains auteurs de "polar" ne peuvent pas vivre de leur plume, il en est de même pour la plupart des auteurs de thriller. Mais que croyez-vous donc ?

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  24. J'ai observé les échanges et je vais quand même la ramener un peu...
    Il ne me semble pas que Duclock ait dit que les thrillers étaient obligatoirement des livres qui se vendaient. Plutôt, il semble suggérer, et je crois qu'il a raison, que parmi les "romans policiers" (et j'emploie ce terme très vague volontairement) ceux qui se vendent le plus sont des thrillers. Cela ne veut aucunement dire que tout thriller se vend. Qui oserait d'ailleurs affirmer une telle chose?
    La question, et encore une fois je suis d'accord avec son papier, est de se demander si ce genre (je parle du thriller) n'occulte pas le reste, si, et ce serait plus grave selon moi, on n'en est pas à un point où tout doit être vu à travers ce prisme pour être considéré comme appartenant au genre policier ou si dans l'esprit des gens, noir=thriller.
    Pour Chainas ou DOA, ou de nombreux autres, la question n'est pas de savoir s'ils utilisent les "mécaniques du thriller" comme le dit anonyme mais plutôt de se demander s'ils en restent là ou voient plus loin que cette simple mécanique

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  25. Il me semble difficile (sans mauvaise foi) de ne pas reconnaître 2 choses : 1 que la bannière Thriller est actuellement « vendeuse » (ce qui ne veut pas dire que tous les livres estampés Thriller se vendent bien) ; 2 il existe aujourd’hui un certain formatage du genre thriller (en partie lié à 1) tout particulièrement chez les auteurs qui se sont spécialisés dans ce « sous-genre » et via des collections qui exploitent clairement le filon (ce qui ne veut pas dire que tous les thrillers sont formatés). Après, chacun ses gouts (mais il me semble que la problématique de Duclock dans son article n’est pas une question de gout, mais d’analyse, et de ce point de vue je trouve son analyse est assez juste et intéressante) ; niveau gout, je suis bien, moi-même, amateur de sous-genres influencés par une certaine esthétique et un certain état d’esprit « série B » (pour élargir le débat), je pense notamment au giallo italien, à un certain cinéma asiatique également, le néo western, et tant d’autres choses encore, bref). Après, je ne pense pas qu’il soit possible (dans une analyse, j’entends, non dans un commentaire de quelques lignes) de comparer la production d’auteurs comme Thilliez, Chattam (et les américains…) à Hitchcock (qui produisit lui-même sa propre série B, souvenons-nous…) pour ne reprendre que cet exemple de Anonyme 1. Je n’ai rien contre ces auteurs ni leurs lecteurs, je trouve seulement (et je ne parle qu’en mon nom) que leurs ficelles et leurs clichés manquent sérieusement de piment, et aussi, pour en revenir une dernière fois sur mon premier commentaire, d’un certain esprit « série B » qui pourrait au moins leur apporter les qualités de l’audace stylistique ou du mauvais gout provocateur…
    PS
    Moi aussi j'ai écrit un thriller, publié chez un petit éditeur, et qui est loin de s'être beaucoup vendu, et alors ?

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  26. bon dernière intervention parce que ça commence à réellement me fatiguer de lire des opinions qui ne s'appuient sur une aucune réalité. Les thrillers se vendent plus? Faux. 2010 meilleures ventes polars Ellroy et David Vahn, qui même s'ils empruntent par instant au mode narratif qu'est le thriller n'ont jamais été présentés comme tels. Ce n'est pas sérieux de balancer de telles phrases lorsqu'on ne prend même pas le temps de vérifier avant.

    Guillaume, si votre "thriller" ne s'est pas beaucoup vendu, il y a aussi une raison à ça. Et il est bien facile de se cacher derrière la série B et "le mauvais goût provocateur" pour masquer un manque de talent. Ce qui ne sont pas édités, ou comme vous à la frontière du compte d'auteur, peuvent avancer que c'est la faute au système, la faute aux faiseurs de soupe, plutôt que de se remettre en question et commencer à apprendre ce que c'est réellement que d'écrire un roman. A vous lire tailler en pièce certains auteurs, je vous assure que vous ratez votre cible: la littérature n'en sort pas grandie, le polar encore moins.

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  27. Ce que dit l'article :
    - Le roman policier qu'est ce que c'est ?
    - Le thriller prend de la place
    - Mode du noir et du thriller, appauvrissement du genre
    - Le thriller actuel tend vers le tueur et le manque de style
    - Le mal est dans l'individu, image pas neutre (personne ne rebondit sur cette problématique de fond)
    - Qu'est devenue la variété du genre ?
    - Tentative de définition du thriller, par rapport à ce qu'il est à l'heure actuelle

    "Le lectorat de polar se répartit en plusieurs catégories qui ne cohabitent que rarement" : j'en doute de plus en plus.

    La série B ou Z : personne n'a dit que dans son ensemble elle était subversive. La phrase de départ de Guillaume F. est "des produits de série B venant mettre quelques coups de pieds au cul d'une littérature". Comprendre donc, au sein d'une catégorie, certains romans (ou films) viennent bousculer les choses. C'est différent que de dire qu'elle a "vocation". Il s'agit d'exceptions.

    Concernant les maisons d'édition : les ventes se font grâce à la pub mise en place par l'éditeur (via son secteur marketing, peu importe). Matraquez une couverture, placez le roman sur les têtes de gondole, faites qu'il soit chroniqué dans toute la presse, il se peut qu'une fois sur 10 ça ne fonctionne pas, reste que la plupart du temps ça marche. Quant à distinguer le service commercial (attachées de presse) et publicité, ce n'est pas toujours correct, puisque ce sont les attachées de presse qui font aussi la pub en contactant les services "livres" des journaux.

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  28. (suite, puisque le nombre de caractères est limité !)

    L'article ci-dessus, pour répondre au deuxième anonyme, parle du thriller AUJOURD'HUI. Et la tentative de définition de cette catégorie est "une littérature à suspense qui doit vous donner envie de tourner les pages grâce à un scénario à rebondissement". Ce qui n'a rien de négatif. Alors pourquoi le pendre comme tel ?
    J'attends toujours de trouver un lieu de lecteurs de thriller qui le questionnent, le critiquent, réfléchissent sur son parcours et son évolution. Cet article, il me semble, ne nuit pas à la littérature (il faudrait être très puissant...) mais propose d'y réfléchir. Ce n'est pas si fréquent. Libre à chacun de croire qu'il s'agit de descendre le thriller, sans voir que le roman noir lui aussi est parfois remis en cause.

    Le roman de Guillaume F. pour ma part, je l'ai lu, je me sens donc autorisée à en parler. Et je me demande au nom de quoi l'Anonyme se permet de dire que si "Faux semblants" ne s'est pas vendu c'est qu'il est mal écrit, ou par manque de talent ?? Quoi ? Vous pensez vraiment qu'aucun mauvais roman n'est publié, c'est une blague ? Avez-vous lu "Faux semblants" ? Moi oui, il n'est pas parfait, mais il possède une force dans la mise en place de l'ambiance, et un glauque qui moi m'ont parus très intéressants. Un peu comme, je trouve, le roman de Molas, la Onzième plaie, qui lui justement n'était pas super bien écrit (dans la qualité des phrases et le choix du vocabulaire) mais fait de l'effet. Faut arrêter aussi de croire que critiquer le thriller c'est ne pas vouloir en lire. Il s'agit d'exigence. Bien sûr l'autre anonyme nous dira que mieux vaut parler de ce qu'on aime. Pas sûr que ça fasse avancer les choses pour se construire. Libre à lui. Qu'il aille donc dans des lieux où on ne dit que du bien. Il doit d'ailleurs ne pas bien connaître ce blog qui fonctionne 9 fois sur 10 sur ce critère qui lui tient à coeur : "dire du bien".

    Je finis sur les meilleures ventes 2010. Ellroy ? J'aimerais bien voir la source. Vahn je veux bien croire. Mais je pense qu'on doit pouvoir y inclure Jesse Kellerman, par exemple. De toute façon la question n'a jamais été de dire que SEULS les thrillers se vendent, mais que la part des ventes, et de l'image dans la tête des gens, qui ressort LE PLUS est le thriller. Ne supposez pas que ça ne repose sur rien, ni échange avec des libraires, des bibliothécaires, des lecteurs, des éditeurs... Ce n'est pas parce que vous, moi, lui, ont une connaissance globale du polar dans toute sa variété et son histoire, que c'est le cas de la plupart des lecteurs.

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  29. Je n'ai pas encore lu Molas, mais je l'ai sur ma pile et c'est prévu,
    Caroline, bien d'accord avec toi, mon bouquin n'est pas parfait, à décharge (et même si ce n'est pas la seule raison, je doute en effet, comme Anonyme, de mon talent) faut dire que mon éditeur n'a pas corrigé grand chose, à ce niveau, au moins, on peut dire qu'on baigne en pleine série B...

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  30. >>>> De toute façon la question n'a jamais été de dire que SEULS les thrillers se vendent, mais que la part des ventes, et de l'image dans la tête des gens, qui ressort LE PLUS est le thriller.

    Ah bon ? Moi j'aurais plutôt dit Mankell, Larsson, Lackberg, Ellory, Ellroy, Vargas, Lehane... Bon faut rajouter Coben, le seul vraiment qui ait l'étiquette de thriller, et encore... Mais le reste, c'est bel et bien du polar, non ?

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  31. @ Guillaume Fortin (zut, j'ai mis son nom) :
    Si tu avais bénéficié du même marketing que David Vann ou J.Ellroy, ton bouquin se serait mieux vendu. Ton éditeur fait certains efforts, mais ne peut rivaliser. Quant aux chiffres, ne confondons pas "mise en place" et "vente".
    @ Caroline : Ta remarque sur Aurelien Molas rejoint la mienne sur Pierre Lemaitre. Très bons scénarios, écriture à améliore (le second, ça progresse). Nous adoptons s'ils font mouche, tout simplement. Le dernier Chattam, dont je ne suis pas spécialement admirateur, est de ceux-là. Donc pas d'ambiguité.
    @ Anonyme : Rien... Ah si, lisez les romans et auteurs dont vous jetez les noms à la volée, ça vous occupera.
    @ tous : nous parlons ici de littérature populaire, s'adressant au plus large public. Ce qui veut dire, dans mon esprit, que c'est le POLAR lui-même, qui plait au plus grand nombre. Pas sûr, Duclock, qu'on t'aide à réfléhir à tout ça avec nos éventuels dérapages.
    Amitiés.

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  32. Tous cela éclaire plus ou moins. Il faut mettre en place cette enquête. Pour l'instant je planche sur le questionnaire. M'est avais qu'il va falloir que je retrouve quelques bouquins de sociologie pour faire un questionnaire que l'on puisse exploiter. (Caroline me parlait aussi du polar historique, il va falloir se pencher aussi sur le polar historique). Y a du boulot.

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  33. Ben si tu es éclairé avec ça, tant mieux...mais tu as quand même de la chance

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  34. Lackberg je n'ai jamais lu, je constate juste que je l'ai souvent vue présentée sous l'étiquette thriller, et lue par des amateurs de thriller. http://www.lalivrophile.net/le-predicateur-de-camilla-lackberg.html

    Bien sûr le reste c'est du polar, même si Ellory est plutôt vendu comme du thriller, et Millénium un peu aussi. Pour le reste, on est dans un autre poncif, le flic. Mais D'autres noms me viennent à l'esprit : Patrick Bauwen, Shane Stevens, Maxime Chattam, Henri Lovenbruck, Camut et Hug, Souvira, Donato Carrisi... Des hits parmi les lecteurs de polar, le public qui nous intéresse. Des références parmi les auteurs de thrillers qui veulent écrire du thriller (à côté de Grangé, Thilliez... ) Et que nous dit Edistat ? http://www.edistat.com/palmares.php
    Dan Brown, Jesse Kellerman ! Ça c'est pour la partie vente et image.

    On peut aussi retourner la question : est ce que le thriller sort grandi de ce qui se fait à l'heure actuelle dans le thriller, tant dans la politique éditoriale que dans ce qu'écrivent les auteurs ? Je ne suis pas sûre qu'à côté de ça Vargas et Mankell suffisent à construire une image précise de ce qu'est le polar.

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  35. En relation avec cet article :

    http://duclock.blogspot.com/2011/12/resistance-et-contre-attaque.html

    et

    http://duclock.blogspot.com/2011/12/lempire-contre-attaque.html

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  36. Bonjour, j'ai un peu l'impression, schématiquement, que le thriller tel qu'il est désiré en ce moment correspond aux contes d'enfants, avec monstres, ogres et sorcières, qu'on lisait avant de s'endormir et qui ne nous donnaient pas nécessairement de cauchemars, bien au contraire. Beaucoup de ces thrillers-là se lisent, se reposent et s'oublient, bref ils se consomment. L'analogie avec la musique qu'on télécharge, qu'on écoute d'une oreille distraite avant de passer à autre chose ne me paraît pas idiote !

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