Carl Rütti, Requiem, Naxos, 2009


La mort, on en conviendra, ce n'est pas rien et comme elle nous taraude plus ou moins les arts en causent, la religion aussi. Le Requiem est une messe donnée à la mémoire des morts et cela semble un passage quasi obligé pour les compositeurs de musique, on compte ainsi plusieurs milliers de Requiem dont certains sont particulièrement célèbres. Le Requiem de Rütti prévu à la demande du commanditaire (le Bach Choir) pour une orchestration identique au Requiem de Fauré (solistes, chœurs, cordes, harpe et orgue, à savoir une petite formation instrumentale) commence par une voix seule (ici, pour Naxos, c'est la Soprano Olivia Robinson qui s'y colle) et se termine sur une voix seule... la boucle est comme qui dirait bouclée et entre temps on aura cheminé entre colère, peur, questionnement et apaisement. Le Kyrie (la prière pour la pitié) est mené par des cordes qui martèlent un rythme urgent sur deux temps pendant que les voix se déchainent sur trois temps. On retrouve cette urgence vers le milieu de L'Offertium avec des attaques de cordes sur quelques notes qui ne sont pas sans rappeler les staccato de Kirk Hammet au sein de Metallica, à la fin de ce mouvement l'orgue (Jane Watts) prend un solo. Pour le Communio plutôt apaisant le livret nous informe que Carl Rütti aurait été inspiré par la célèbre peinture de l'Île des morts d'Arnold Böcklin (1827 - 1901), le peintre avait déjà inspiré Reger et Rachmaninov...


l'Île des morts d'Arnold Böcklin (1827 - 1901)

Le final In Paradisum s'étire sur plus de dix minutes et donne un peu l'impression d'une procession qui monte en puissance pour ensuite redescendre et se terminer sur la voix seule de l'Introitus. Voilà - même si on est pas dans la même cour que le Requiem de Fauré qui rappelons-le possède la même orchestration - une façon de parler de la mort en beauté.

Le directeur du Bach Choir's, David Hill interviewe Carl Rutti à la fin du dernier jour de l'enregistrement du Requiem.


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