Facebook, une carte postale.

Il y a peu le mode de conversation écrit, la lettre, était réservé à une certaine longueur. Une lettre - mais il faudrait analyser les correspondances - ne se résumait pas à "Nom de statut est fatigué" avec pour réponse possible "J'aime ça" et un nombre de caractères restreints (environ 350).

Il me semble que pour communiquer avec un ami lointain :
1. On composait des messages plus complexes et
2. lors de la lecture de ces messages plus complexes on pouvait s'immerger dans le texte le temps de quelques pages. Avec Facebook l'écriture est conditionnée à la phrase, tout au plus à trois ou quatre. C'est un nouveau mode de conversation, proche du SMS.

Qui à l'heure d'Internet écrit encore de longues lettres ou de longs messages ne serait-ce qu'une fois dans le mois pour converser avec ses amis ? Une foule de questions me hante depuis que Duclock est sur Facebook... Quel est l'effet de Facebook sur nos habitudes de lecture ? D'écriture ? Sur nos constructions mentales ? La concentration ? Comment développer un argumentaire en 3 ou 4 phrases ? Quel impact sur l'imaginaire ? Est-ce que la maison brûle ? Qu'est-ce qu'on mange à midi ? Que crée-t-on avec Facebook ?

Facebook tient plus d'un genre de conversation tronqué. Son utilisation massive oriente et conditionne la conversation. Il faut l'utiliser d'une certaine manière pour qu'il soit intéressant. Il peut par exemple être une source d'orientation vers des éléments plus consistants (forums, blogs, sites, vidéos, articles...), mais il est souvent plus tentant de céder au zapping frénétique et à l'échange de phrase courtes qui ne demande pas plus que de surfer à la surface du langage et de l'émotion sans plonger, en profondeur, dans le texte long. Heureusement, Facebook n'est pas notre seul moyen de converser avec le monde. Il y en a encore parmi nous qui envoient, de temps en temps, une longue lettre à un ami lointain. Non ?


De mes nouvelles (La Lettre) réalisé par Caroline et Emeric ce petit film à reçu le prix du roti (mieux ficelé) au festival Ziquecinéchoui de 2007.



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Commentaires

  1. On pourrait rajouter que les groupes à la con pullulent sur Facebook, pétitions vite signées vite oubliées soulagent la conscience. Et en même temps ces rencontres que le Net m'a permis...

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  2. Ha ben oui-da, comme outil le net c'est quelque chose, c'est quand l'outil nous échappe ou plutôt qu'il devient un genre de maître que ça commence à craindre.

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  3. Twitter, c'est mieux.

    Ahem...
    (me fait penser que j'ai écrit une nouvelle là-dessus)

    Amilanar

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