Hunter Robertson, Interview

Hunter Robertson by Fereale Robertson

Hunter Robertson vient de sortir son deuxième album If you want go to Sleep, Go to Bed avec Casey Joe Abair chez Yodel-Ay-Hee. Une musique qui n'est pas sans rappeler un ragga indien par le côté obsessionnel qu'elle dégage... un genre de bourdon qui tourne. De la musique avec des instruments en bois et en fer qui sert aussi bien aux oreilles qu'à la cervelle et aux jambes. Restez à l'affut, nous parlerons prochainement plus en détail des albums Sings Songs For The Masses et If You want Go to Sleep, Go to Bed. Pour l'instant c'est l'interview et c'est déjà un beau morceau. Merci Hunter...

Hunter Robertson et les questions du Dj Duclock

Dj Duclock : Bonjour Hunter. On parle de plus en plus d'old time music, peux-tu nous raconter ce qu'est l'old time music pour toi ? Quelle est la différence entre la country et la old time ? La old time et le folk ?

Hunter Robertson : Oui, la old time est utilisée de bien des façons. Pour moi, ça représente la musique traditionnelle des Appalaches du sud-est - Kentucky, Caroline du Nord, Virginie, Virginie Occidentale, et ainsi de suite - telle qu'elle était ou semble avoir été à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Le terme est également beaucoup utilisé pour la musique des stringband enregistrée dans les années 20 et 30 - en fait la même musique traditionnelle mais avec une approche et une instrumentation plus "modernes". Difficile de définir exactement la différence, mais une des choses principales que je remarque, c'est une sensation qui joue plus sur les accords. Il semblerait que la country soit issue de cette musique traditionnelle stringband, avec du blues, de la guitare Hawaïenne et d'autres choses ajoutées dedans. Ajoutes-y la soif de l'argent et la commercialisation grossière et tu obtiens le sentimentalisme qui se joue à la radio aujourd'hui.
Le folk, et bien je continue d'y penser comme à de la "musique traditionnelle", mais actuellement en tant que genre de classement radio ça semble signifier chanteur-compositeur acoustique. Je suppose qu'il était plus simple de continue de qualifier Dylan de folk après qu'il ait commencé à sortir ses propres chansons, plutôt que de créer un nouveau terme.

Dj Duclock : Oui c'est vrai, le folk est devenu un mot fourre-tout, particulièrement à la radio et dans les magazines français... L'idée que la perception des chansons de Dylan par la presse et le public ait quelque chose à voir avec cette progression sémantique est intéressante...

Hunter Robertson : En fait je ne sais pas que c'était les affaires de Dylan qui ont été les premières appelées folk, plutôt que musique traditionnelle, mais c'est certainement la perception. Ils avaient certainement l'air d'aimer parler de lui !
Yeah, I don't actually know that it was Dylan's own stuff that was first called folk, other than traditional music, but that certainly is the perception. They certainly seemed to like talking about him!

Dj Duclock : Sur Sings Songs For The Masses et If you want to go to sleep, Go to Bed tu joues du banjo, peux-tu nous raconter ton premier contact avec cet instrument ?

Hunter Robertson : Mon père jouait du banjo, donc je n'ai pas eu à chercher bien loin ! Il venait d'Ecosse et il a du s'en emparer à la fin des années 50 ou au début des années 60 - il avait vu quelqu'un jouer d'un 5 cordes comme d'un plectrum-banjo (qui a la même longueur de manche mais seulement 4 cordes) et il a été intrigué par la clé de la cinquième corde inutilisée. Donc il a fait le tour des maisons, demandant si les gens avaient un vieux banjo au grenier qu'ils pourraient vendre, et finalement il a trouvé quelqu'un avec un vieux S.S. Stewart d'excellente qualité. Je ne sais pas trop comment il a appris à jouer - les disques et les livres de Pete Seeger probablement, et je sais qu'il a vu les New Lost City Ramblers jouer très tôt. Bref, j'ai commencé à jouer de la guitare quand j'étais ado et après environ un an je me suis intéressé à son banjo et il m'a montré comment en jouer. Maintenant, c'est mon instrument principal.

Dj Duclock : Ton premier album est un album solo, pour If you want to go to sleep, Go to Bed tu joues avec le fiddler Casey Joe Abair et parfois Fereale Robertson et Josh Neilson te rejoignent... Jouer de la musique en duo, qu'est ce que ça t'apporte, qu'est ce que ça change dans ta façon de jouer ?

Hunter Robertson : Quand tu joues avec quelqu'un d'autre, ta capacité à changer de temps est plus limitée, car tu dois maintenir une certaine structure, alors que lorsque si tu joues tout seul tu peux t'amuser avec : étirer le temps, racourcir les choses, répéter des parties et ainsi de suite pour aller avec ton humeur. Pour moi, c'est la principale différence avec le fait de jouer seul. Ce que tu as en échange le vaut pourtant bien. Parce qu'il n'est pas nécessaire de tenir le morceau en entier, tu as une marge de manoeuvre pour faire les choses que tu ne pourrais pas si tu étais seul. C'est aussi un peu comme une conversation, il y a un échange d'idées - un gars envoie quelque chose, l'autre l'attrape et le renvoie et ainsi de suite. Parfois ça ressemble à une conversation futile sur le banc d'un parc, d'autres fois à un débat passionné sur Dieu ! Et bien sûr, je ne peux pas chanter comme Féréale.

Dj Duclock : Que lis-tu en ce moment ?

Hunter Robertson : Un tas de trucs sur la réalisation pour le boulot (je commence à rassembler des vidéos de cours de banjo) et je relis La mala hora de Gabriel Garcia Marquez, pour le plaisir.

Dj Duclock : Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment ?

Hunter Robertson : Pas grand chose ! Ça fait un moment que je n'ai pas eu du temps pour écouter de la musique (je n'écoute pas beaucoup de musique quand je travaille, ça fait tapisserie) mais dernièrement il y a eu un truc de vieux enregistrements de fiddle : John Salyer, Edden Hammons, Tommy Jarrell, Hobart Smith et ainsi de suite. Oh, et aussi Blind Willie Johnson. Parmi les choses enregistrées durant les 30 dernières années, il y avait le nouvel album de Dylan, je trouve toujours du temps pour l'un d'entre eux.

Dj Duclock : Qu'est-ce qui vous a surpris dernièrement ? Quand avez-vous été surpris pour la dernière fois ?

Hunter Robertson : Et bien, je marchais dehors l'autre jour et toutes les feuilles étaient tombées des haies, elles gisaient sur le sol, recouvertes par le gel. D'où diable l'hiver est-il venu ?!

John Brown's Dream, Fiddle & Clawhammer Banjo par Casey Joe Abair & Hunter Robertson


Hunter Robertson has juste released his second album If you want go to Sleep, Go to Bed with Casey Joe Abair at Yodel-Ay-Hee. A music that reminds us of an indian ragga because of the obsessional side emerging from it... a kind of bumblebee turning. Music with wood and steel intruments which is used both for ears, brain and legs. Stay on the lookout, I will soon talk in details about Sings Songs For The Masses and If You want Go to Sleep, Go to Bed. For the time being, this is the interview and it is quite something ! Thanks Hunter...

Hunter Robertson & the Dj Duclock's questions

Dj Duclock : Hi Hunter, we talk more and more about "old time music", can you tell us what is "old time music" for you ? What's the difference between country and old time ? old time and Folk ?

Hunter Robertson : Yeah, "old time" gets used in a lot of different ways. For me, it means the traditional music of the southeastern Appalachians - Kentucky, North Carolina, Virginia, West Virginia and so on - as it was or seems to have been in the late 19th and early 20th centuries. The term also gets used a lot for the stringband music that was recorded in the 1920s and '30s - basically that same traditional music but with a more "modern" approach and instrumentation. Hard to define the difference exactly, but a more chordal feel to the music is one of the main things I notice. Country seems to have evolved out of that traditional and stringband music, with some blues, Hawaiian guitar and other stuff added in. Throw in some money-lust and crass commercialization and you get the schmaltz they play on the radio today!

Folk, well I still think of it as meaning "traditional music" but as a radio chart genre nowadays it seems to mean acoustic singer-songwriter stuff. I guess it was easier to continue calling Dylan "folk" after he started putting out his own songs than to come up with a new term.

Dj Duclock : Yes it's true folk has become a catch-all word, especially on the radio station and in the french magazines... The idea that the perception of Dylan's songs by the press and public has something to do with this semantic progression is interesting...

Hunter Robertson : Yeah, I don't actually know that it was Dylan's own stuff that was first called folk, other than traditional music, but that certainly is the perception. They certainly seemed to like talking about him!

Dj Duclock : On Sings Songs For The Masses and If you want to go to sleep, Go to Bed you play banjo, can you tell us your first contact with this instrument ?

Hunter Robertson : My father played banjo so I didn't have to go far! He was from Scotland and must have taken it up in the late '50s or early '60s - he saw someone playing a 5-string as a plectrum banjo (which has a similar length neck but only 4 strings) and was intrigued by the unused 5th string peg. So he went around people's houses asking if they might have an old banjo in the attic they'd like to sell and eventually found someone with an old fancy grade S.S. Stewart. I'm not sure how he learned to play - records and Pete Seeger's book probably, and I know he saw the New Lost City Ramblers play early on. Anyway, I started playing the guitar when I was a teenager and after a year or so of that I got interested in his banjo and he showed me how to play it. Nowadays it's my main instrument.

Dj Duclock : Your first album is a solo album, for "If you want to go to sleep, Go to Bed", you play with the fiddler Casey Joe Abair and sometimes Fereale Robertson and Josh Neilson comes with you... Playing music in duet, what does it bring to you, what does it change in the way you play ?

Hunter Robertson : When you're playing with someone else your ability to change time is more restricted as you have to keep a certain structure in place, whereas if you're playing on your own you can mess around with it : stretch time out, shorten things, repeat parts and so on to suit your mood. That's the main change from playing solo for me. What you get in exchange is well worth it though. Because you're not having to maintain the entire tune you get a little breathing room to do things you wouldn't be able to do if you were on your own. Also, it's a bit like a conversation, you get an interchange of ideas - one guy throws something out there, the other picks it up and tosses it back and so on. Sometimes it's like an idle conversation on a park bench, other times like a fiery argument about God! And of course, I can't sing like Féréale.

Dj Duclock : What are you reading now ?

Hunter Robertson : A bunch of stuff on filmmaking for work (I'm starting to put together some instructional videos on banjo playing) and I'm rereading In Evil Hour by Gabriel Garcia Marquez for pleasure.

Dj Duclock : What do you listen to these days ?

Hunter Robertson : Not much! It's been a little while since I had much time to listen to music (I don't listen to music much when I'm working, it's just turns into wallpaper) - but last was a bunch of old fiddle recordings: John Salyer, Edden Hammons, Tommy Jarrell, Hobart Smith and so on. Oh, and Blind Willie Johnson too. Of things recorded in the last 30 years, there was Dylan's new album, I always find some time for one of those.

Dj Duclock : What is your last surprise, the last time you were surprised by something ?

Hunter Robertson : Well, I walked outside the other day and all the leaves were gone from the hedges - they were all on the ground covered in frost. Where the hell did winter come from?!



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