Awol One & Factor, Owl Hours, Fake Four Inc, 2009


Le hip hop est bouffé par les bodybuildés et les nibards siliconés ; les paroles sont aux ras des pâquerettes et la musique enfile cliché sur cliché ; il est de plus en plus difficile de trouver des morceaux qui sortent du lot. Tout ça semble sortir de l'industrie du porno et en copie les codes robotatifs. Je me souviens au début le son de cloche était "le rap ne tiendra pas la route, c'est pas de la musique c'est une mode qui va passer". La mode - tellement moche qu'il faut la changer tous les 6 mois comme disait l'autre - remodèle le hip hop, en faisant un produit industriel - facile à reproduire - pour les gamins. Comme le dit si bien Nik Cohn dans Triskta : L'économie du hip-hop que l'on prétendait être le son de la noirceur, était depuis longtemps guidée par le dollar blanc. Et avec le style gangsta, elle avait trouvé la plus riche des mines d'or. L'appétit des jeunes américains blancs jouissant d'un pouvoir d'achat pour le gore déchainé était insatiable. Ajoutez-y la puissance du mot nigga. Enfin ils avaient trouvé quelque chose qui allait faire craquer les plus endurants des parents. Nigganigganiggafuckthisfuckthat bitchbitchbitch suckmydick. Suffit de le crier fort.

Heureusement quelques artistes, de plus en plus difficiles à extirper de la production massive, sortent du lot : les premiers Lil Wayne pour la rage, K'naan, The Streets (tout au moins les premiers), Dj Shadow, Dj Rupture, The Dirtball, Josh Martinez, Tricky, Lyrics Born, Cypress Hill, Jonah, Buraka Som Sistema, DJ Logic, le dernier Public Enemy... dont nous avons déjà parlé par ici (suffit de taper leurs noms dans le module de recherche). Et puis il y a ce Owl Hours de Awol One & Factor tombé dans la boîte à lettres cet été. Un album qui se tient à l'écart des stéréotypes tout en ayant les mains dans la culture hip hop. Même que plusieurs personnes m'ont dit comme ça, c'est pas du rap ! M'est avis que si ; c'est du hip hop avec un flow moins aggressif, une évolution salvatrice pour ne pas tourner en rond.

Awol One & Factor, Destination




Commentaires

  1. mais je reconnais les bouteilles derrière ce cd !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! quelle belle foto...

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  2. Le hip hop souffre de la merde commerciale comme tous autres styles musicaux...
    Awol One est dans le hip hop "underground" depuis 1995 et il est pas le seul a donner des lettres de noblesse à quelque chose qui est plus qu'un style mais une CULTURE a part entière. Deja ses compères du crew Shape shifters relèvent le niveau sans parler de bon nombre d'autres groupes sur des labels tels que Anticon, Rhymesayers, Mush records...

    Les artistes hip hop loins des stéréotypes qu'on nous sert dans les média, il y en a pléthore! et les moyens de les découvrir pas si difficiles d'accès si on s'en donne les moyens!
    Des sites comme myspace ouvrent une fenêtre directe sur ce que le hip hop fait de mieux... c'est comme tout, question d'exigeance!

    Jihane.

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