Jean Marc Flahaut se souvient de cet air

Frédéric Blasco par Ken Kavanagh



Jean Marc Flahaut est poète, une dizaine de recueils sont disponibles chez divers éditeurs (Carnets du Dessert de Lune, Petit Véhicule, A plus d'un titre, Etats Civils, Gros Textes, Le Pédalo Ivre) ; les lecteurs de L'Indic et de Duclock ont déjà croisé ce nom pour le livre Shopping ! Bang Bang ! (écrit avec Daniel Labedan). En ce Lundi de Novembre il se souvient de cet air...


21 avril 2001. Un show case à la FNAC de Lille. Le groupe s’appelait The Blasco Ballroom.
Sa musique allait m’envoûter pour des siècles.
Produit par Michael Hearst, l’album sobrement intitulé film avait été enregistré quelques mois plus tôt dans un studio à Richmond, Virginie. Sur le disque, figuraient également Paul Watson et le bassiste Scott Fitzsimmons, compagnons de route de Sparklehorse. Derrière la caméra, un certain Frédéric Blasco, un frenchy exilé sur la côte Est des Etats-Unis qui semblait avoir vécu mille vies. Revenu de nulle part - comme le Travis de Paris, Texas - avec dix chansons dans sa besace, aussi fiévreuses que mélancoliques.
Tout un programme.
Je l’ignorais encore mais cet album serait le seul opus du groupe. Ce film ne connaîtrait jamais de suite. Il resterait comme un moment de grâce suspendu. Un peu comme La nuit du chasseur de Charles Laughton. Il viendrait réparer les blessures et repartirait sur la pointe des pieds.
De lents accords de guitare. Quelques notes jouées au piano mécanique. Un chant déchirant.
Le chant du cygne noir.

Post-scriptum. Des années plus tard, je retrouvai la trace de Blasco. Entre-temps, The Blasco Ballroom était devenu Malhombre. Revenu pour mieux repartir ?
Ceci est une autre histoire.




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