Annihilator, Set the World on Fire, Roadrunner, 1993



Une des caractéristiques des chansons d'Annihilator (et de nombreux morceaux de Metal) est de soigner les introductions. Set The World on Fire commence presque comme un morceau de Jazz nonchalant.
Le chanteur Aaron Randall possède un bon groove punk (un zozotement ?), son chant est cependant produit de façon un peu FM (1). Étrangement, le style du groupe sur l'ensemble de l'album est plus hard rock années 80' que thrash (2). Il y a ici comme un mélange des Ramones en plus lent et de Skid Row. Les fans et critiques de l'époque ont dû être quelques peu désappointés (voire dégoutés) par ce changement. Si je rangeais les disques par affinités d'ambiances je mettrais Set The World on Fire entre le III Sides To Every Story d'Extreme et Use Your Illusions II des Guns n' Roses ; pas très loin d'un As Ugly As They Wanna Be d'Ugly Kid Joe (en plus sérieux).

Les prouesses guitaristiques de Jeff Waters sont ici atténuées par un jeu classique taillé pour les radios et la route. L'album propose de nombreux passages ballades (ou power ballad) métalliques. Le monde légèrement inquiétant de Waters transparait tout de même par ci par là (comme dans le clip ci-dessous avec l'arbre et ses branches). La photo au dos du disque (un pur régal d'époque) est dans le ton : le groupe de chevelus pose assis sur un canapé défoncé près d'une ligne à haute tension sous un ciel aux tons violets. Qu'on ne s'y trompe pas tout un pan de la musique d'Annihilator est bien là. Et il suffit de chausser ses patins à roulettes et descendre le boulevard avec son walkman dans le soleil couchant en chantant Sound Good To Me pour se sentir communier avec le monde. Un monde entre Stephen King, les X-Files et Twin Peaks.

Écouter Set The World on Fire ce peut-être comme parcourir un vieux magazine ou un zapping TV d'il y a un quart de siècle et le parfum des années 90 qui se penche sur les années 80 n'est pas désagréable en cette année 2016.



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(1) on pourra se demander si sur le refrain de Phoenix Rising le chanteur ne chante pas, en fait, Like a Penis rising.
(2) les deux premiers albums Alice in Hell et Never, nevererland étaient résolument thrash. 

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