Richard Hawley aime bien la guitare


L'album Standing at the Sky's Edge est sorti le 7 mai 2012, soit le 128 ème jour de l'année. Ce jour était un Lundi et en France les unes des hebdomadaires se consacraient aux résultats de l'élection présidentielle. Vers la fin des 4 premières minutes de la première chanson Richard Hawley joue un solo psychédélique sur sa Fender Jaguar et je me suis dit que c'était OK. 

She Brings the Sunlight dure 7 minutes et 23 secondes et commence sur un ton clairement rock psychédélique avec renfort de cithare. La chanson parle d'une femme qui apporte le soleil, c'est une chanson romantique et sexuelle, une déclaration d'amour avec la belle voix monotone de Richard. Un effet doigts dans la prise tout en restant stoïque.

Le deuxième morceau, Standing at the Sky's Edge, qui donne son nom à ce septième album, est un petit polar. L'histoire de 3 personnes que le désespoir va plonger dans le crime. Une ballade plombée et nonchalante.

Le sentiment qui va suivre tient à la lecture répétée d'oeuvres tournant autour du mythe de Chtulhu - ou peut-être est-ce les heures passées à jouer à L'appel de Chtulhu ? - mais sachez que Time Will Bring You Winter peut faire penser au mythe et à son côté maritime. Ce n'est pas le première fois que Richard Hawley me fait penser au mythe et je conseille aux aficionados de jeter une oreille à The Ellan Vannin Tragedy (dans False Light From The Land Ep, Mute Records, 2010) ; même si le rapport n'est qu'une construction de ma part je peux en discuter avec qui veut autour d'une tasse de café dans une ville portuaire et grise.

Après la mer, la forêt. Richard Hawley nous emmène Down In The Wood sur un rythme rapide parmi les déflagrations de guitares. C'est un genre de gangue rock, une communion, un enfermement jouissif dans le binaire où le headbanging est possible.

Seek It, c'est la ballade-mid-tempo-chanson-d'amour aux paroles un petit peu étrange. Le genre de morceau que tu peux fredonner de temps en temps sans t'en rendre compte tout en conduisant au milieu de la campagne alors que soudain, sans trop savoir pourquoi, tu es heureux.

Don't stare at the Sun too Long... encore une promenade, une déambulation sous la voute céleste. Un père emmène son fils jouer au cerf volant, puis le père regarde les étoiles au téléscope le soir. Le solo de guitare pourtant peu démonstratif de cette chanson pourra être un des moments culminants du paysage sonore électrique, surtout en concert.

The Wood Collier's Grave est sûrement trop courte puisque nous avons à peine le temps de déambuler dans le cimetière qu'il faut laisser son corps derrière soit pour Leave Your Body Behind You une chanson sur la perte de quelqu'un que l'on pourra rapprocher de Quand on perd un ami de Gérard Manset.

Before clôt l'album parce qu'il faut bien refermer la porte. Et c'est bien de cela qu'il s'agit : de finir ce disque durant lequel Richard Hawley n'a eu de cesse de nous rappeler qu'il aimait la guitare.

Richard Hawley, Standing at the Sky's Edge, Parlophone, 2012.


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