Watain, The Wild Hunt (Century Media Records, 2013)


Hellfest, 21 h 50, Vendredi, il n'est pas trop tard pour prendre une petite dose de Black Metal. Tridents de feu, décor macabre (est-ce des morceaux de cadavres en décomposition sur les grilles derrière le groupe ?) et gangue incantatoire. Cette musique est une transe, une transe remplie de changement de rythmes et de quelques bonnes surprises. Le groupe sort des sentiers battues avec quelques passages en chant presque clair, quelques riffs et solos de guitares qui lorgnent vers un hard rock plus ancien... Le 666 au-dessus de la scène du Temple rentre parfaitement dans le décor. Eric Danielsson (le chanteur) semble possédé. La cérémonie est suivie par un public acquis.

La sortie de l'album The Wild Hunt a valu au groupe une levée de bouclier. Watain a trahit la cause black metal (trahison déjà entamé sur l'album précédent). Ils ont fait un album trop long, avec des parties en chant clair, une balade (comme le Nothing else matter de Metallica sur le Black Album) et des solos très marqués heavy metal... Bref, Watain a fait un disque où tous les morceaux ne rentrent pas dans la catégorie black metal. Le problème (si problème il y a) c'est que le groupe vient d'un genre très codé qui mélange à la fois style de vie, musique, idéologie, discours et satanisme. Écouter Watain s'était s'habiller Watain, penser Watain, parler Watain. C'est toujours la vieille même histoire : Le rock c'est plus que de la musique c'est un mode de vie ; c'est sérieux quoi. Du coup quand la ligne bouge... 

... Et Watain, comme Paradise Lost ou Immortal avant eux penchent vers un metal plus heavy où certains solos, certaines ambiances vont parfois du côté de Pink Floyd. Le sentier étant moins balisé - ou tout au moins plus large - le rassemblement pour la messe est de facto moins facile. Mais l'odeur de souffre est toujours là. L'écoute du disque n'est pas anodine, il se dégage un fumet de violence et de décomposition putride. Faisant allégeance à Satan et cie tout en réclamant la liberté ; Watain s'avance, sûrement un peu malhabile, parmi les débris de son ancienne gangue musicale. Le discours, lui, semble être toujours le même. Et la communion ? Est-elle plus grande maintenant ?


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