In the Minds of Evil, je fais de la scotomisation avec Deicide




Deicide sert toujours le même death, rageur, brutal, envoutant et technique.

Avec Hervé on reste allongés sur le plumard dans la chambre et on écoute Cannibal Corpse, Morbid Angel ou Deicide et je me dis que je ne pourrais jamais fumer une cigarette en écoutant cette musique. Il y a à la fois une espèce de radicalité qui m'attire et des thématiques particulièrement morbides qui me laissent plutôt froid. Restera des ambiances envoutantes, des images en forme de maelström et des groupes comme Morbid Angel, Death, Sepultura ou Obituary...

Cannibal Corpse, Deicide, Obituary et Morbid Angel... je me souviens de ces noms et du nom de la ville de Tampa en Floride (enfin je me souviens de ce nom sur la pochette de disque). Nous étions au début des années 90' et quelque chose de nouveau arrivait dans le métal (à l'époque nous disions Hard Rock ou Heavy). Je n'avais pas écouté Deicide depuis Legion (1992), 21 ans plus tard je passe une partie de l'après-midi avec In the Minds of Evil.

Faut-il vraiment se pencher sur les paroles ou simplement se laisser bercer par le chant à la fois guttural et aigu de Glen Benton ? Est-il utile de partager les vues satanistes du groupe pour jouir de l'écoute de l'album ? 

Depuis longtemps déjà j'ai répondu à ces questions : j'écoute du Death comme je regarde un film d'horreur. Il est pour moi question d'ambiance, de climat, de défoulement. Je rentre dans cette catégorie d'auditeurs décrit par Fabien Hein dans son ouvrage Hard rock, Heavy Metal, Heavy, histoire, cultures et pratiquants paru aux édition Seteun en 2004 : Ce qui semble se jouer tient à ce que l'attention de certains amateurs se focalise prioritairement sur la musique d'un groupe, au climat musical qui s'installe. Autrement dit à ce qui se "dégage" d'un disque ou d'une prestation scénique (...). La thématique est alors perçue par l'amateur dans son ensemble et non selon la spécificité propre à l'artiste. L'amateur procède donc soit à l'élimination d'une réalité du champ de sa conscience - opération que la psychanalyse désigne sous le nom de scotomisation - soit, il opère une traduction personnelle de ce qui lui est proposé, par négligence délibéré de la thématique et des textes, à moins qu'il ne s'agisse, plus prosaïquement, d'une incapacité à en fournir une interprétation adéquate.

Les onze chansons de In the Minds of Evil forment un bloc compact de riff, de solo et de rythme mid tempo et speed. Le tout groove à sa manière (le batteur maîtrise parfaitement son engin), la guitare presque cristaline sur certains titres perce la gangue pour quelques solos bien torchés qui ne plombent pas l'ambiance générale. La voix de Glen Benton avance comme un navire porté par la tempête. Vingt et un ans après, pour moi, Deicide n'a pas bougé pas d'un poil. Je ne fume plus de cigarettes et l'album va tourner une à deux fois par jours par période de crise métallique.


Commentaires

  1. "Deicide n'a pas bougé pas d'un poil"
    Sur la forme c'est certain, par contre ça fait belle lurette qu'ils n'avaient pas enregistré un album aussi inspiré et carré ! Merci au nouveau guitariste d'avoir su insuffler un nouveau souffle à un groupe dont on attendait vraiment plus rien !

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire