Force Of Evil, Abraham Polonsky



I'm a big girl now, with a police record, thanks to you, and I know it's not wicked to give and want nothing back.

Joe Morse (John Garfield) a un but : gagner de l'argent et pour y parvenir il est prêt à tout. Son talon d'Achille est son frère ainé. Il l'aime, ce qui ne l'empêche pas de s'en servir. Et il entraîne tout le monde avec lui dans la corruption, tout en étant lui-même le rouage d'un homme plus puissant. Le scénario du film, imprévisible sur plusieurs points, et le choix des scènes pour raconter cette histoire sont surprenants. Une poésie plane sur les dialogues et sur certaines scènes (Joe Morse seul dans Wall Street, Joe et Doris Lowry (Beatrice Pearson) dans une voiture, Joe Morse qui descend sur la rive du fleuve...). La richesse des dialogues donne parfois l'impression un peu étrange d'être dans une pièce de théâtre.

Le parallèle avec tout un pan de la société américaine, son fonctionnement et la recherche frénétique de l'argent qui fait fi de toute morale est clair (corruption / mafia / capitalisme). Tous les personnages du film sont plus ou moins impliqués. Même ceux qui espèrent vivre honnêtement se fourvoient puisqu'ils travaillent pour le crime. La fin du film - qui arrive sûrement trop vite - est sans appel. 

Le film, sorti en 1948 aux USA, n'arrive qu'en 1967 en France (notez au passage que les commentaires de Bertrand Tavernier sur le bonus du DVD Wild Side valent le coup d'oeil). Abraham Polonsky, plus connu pour pour être le scénariste Body and Soul (1947), fit partie des cinéastes inscrits sur la liste noire lors du Maccarthysme. Force Of Evil est son premier film en temps que réalisateur. George Barnes, le directeur de la photographie, occupait cette place 8 ans plus tôt pour le Rebecca d'Alfred Hitchcock.

Force of Evil (1947), Abraham Polonsky, 78 min, MGM, Wild Side Film.

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