Dana Fuchs, Bliss Avenue


Les enseignes au néon avaient commencé à surgir sur la droite où, avec les pompes à essence, elles constituaient les seuls signes de vie. Sans elles, on aurait pu croire que la grand-route était suspendue dans l'infini et qu'au-delà n'existaient que la nuit et le silence. Les villes, les villages étaient tapis plus loin, invisibles, et ce n'était que rarement qu'un vague halo rougeâtre dans le ciel laissait deviner leur existence.
La seule réalité proche, c'étaient les restaurants, les bars qui jaillissaient du noir tous les cinq ou dix miles, avec, en lettres rouges, vertes ou bleues, le nom d'une bière ou d'un whisky.
Georges Simenon, Feux rouges, Presse de la cité, 1953

Dana Fuchs est née en Floride. Sixième et dernier enfant d'une famille rurale, elle jouait du rock dans son garage et écoutait Ray Charles et Hank Williams sur la platine de ses parents. Bliss Avenue est son troisième album de blues rock mâtiné de soul. Le disque est, comme d'habitude, co-écrit avec son guitariste Jon Diamond qui possède un jeu parfois lourd, parfois discret mais toujours intéressant. Et pour prendre la route Glen Patscha (qui a enregistré deux album solos) est à l'orgue Hammond, Jack Daley (que l'on retrouve notamment aux côtés de Lenny Kravitz) est à la basse et le batteur Shawn Pelton balise l'avancée du convoi à la batterie. Tabitha Fair et Nicki Richards posent ce qu'il faut de choeurs pour que l'ambiance rappelle les diners et les motels au bord de la route. La voix de Dana Fuchs fait le reste, il n'y a plus qu'à se laisser balader.


Dana Fuchs, Bliss Avenue, Ruf Records, 2013

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