She's so fine she's in my mind (épisode 4)




Out Of The Week End, Sad Lisa, Cow Girl In The Sand, Walk On The Wild Side... 

En parallèle des quelques morceaux de hard rock que je découvre j'ai tous ces airs dans la tête. Dans la discothèque parentale mon goût se prononce clairement pour des morceaux issus de disques des années 60 et 70 : Simon & Garfunkel, Neil Young, Lou Reed, Cat Stevens, The Doors, Donovan, Leonard Cohen, les Rolling Stones, Janis Joplin, Tri Yann, Malicorne, J.J. Cale, Steve Miller Band, Jacques Higelin...
J'ai un faible pour la jaquette de la cassette Avalon de Roxy Music mais c'est une très grosse déception quand je la mets dans le poste. Leur musique manque cruellement de guitare électrique et les claviers sonnent pour moi comme de la musique en toc. Le son des années 80 qui est à des kilomètres de celui des 70' paraît beaucoup trop lisse.
Pourtant j'écoute aussi Marianne Faithfull, Broken The English qui devient très vite un des mes albums préférés. Je me passe aussi du Catherine Lara, du Renaud, du Véronique Sanson, du Gainsbourg, du Bernard Lavilliers et du Jane Birkin qui ont un son 80'. Mais pour ces artistes là (sauf Faithfull) les paroles priment sur la musique.

Dans un premier temps je ne traduis pas les paroles des chansons anglo-saxonnes et je colle un imaginaire derrière quelques mots  : Down the roaddeep insidedark sidegoing home... La voix est alors un instrument peu connoté en sens littéraire, elle est comme une guitare, un banjo ou un saxophone. Par contre quand les paroles sont compréhensibles, le message - le sens dégagé par le texte - devient prépondérant. L'écoute de chanson française et francophone ne se fait pas de la même façon. Les constructions imaginaires ne sont pas les mêmes, elles empruntent des chemins différents.

Gérard Manset & Pink Floyd

Quand A momentary's Lapse of reason sort en 1987, j'ai 11 ans. Je n'ai aucun souvenir de la première fois où j'ai entendu cette chanson mais j'ai vraiment l'impression de connaitre On the turning away depuis que je suis né. Tout m'est familier ici. C'est comme de rentrer dans un bain à température idéale. Comme de relire pour le centième fois une histoire que l'on connaît par coeur mais qui fonctionne toujours.



Pink Floyd m'accompagne désormais sans que je cherche à apprendre des choses sur eux ou leurs disques. Rien à voir avec ce qui se passera un peu plus tard pour Nirvana pour lesquels je serais à l'affût de la moindre information. Have et cigare et Wish you were here sur Welcome to machine retiennent mon attention. Il y a aussi le disque avec la vache ; j'aime bien un morceau au piano, mais comment voulez-vous qu'une vache m'intéresse autant qu'un type en feu qui serre la main à un autre gars ?

Dès qu'il n'y a personne à la maison j'en profite aussi pour écouter Gérard Manset, je me passe Prisonnier de l'inutile, Lumières et les 3 lp  du coffret Il voyage en solitaire / Royaume de Siam. Je reste debout devant la chaîne, ou devant la fenêtre à regarder les arbres qui descendent vers le fond de la vallée. C'est à peine si je me déplace un peu autour de la table du salon pour aller d'une fenêtre à l'autre. Quand je connais les paroles je peux les chanter en même temps, parfois je mime le batteur ou le guitariste ; je danse un peu. Chez Manset tout me parle, la voix, le rythme, l'orchestration et les paroles. Un jour, assis dans mon lit, j'écris une lettre à Gérard Manset pour le remercier et la poste à l'adresse d'EMI France, c'est la seule lettre de fan que je rédigerai ; dans la foulée je me souviens aussi avoir écrit à Éric Pétetin qui venait d'être incarcéré suite à des actions menées lors de la lutte contre le tunnel du Samport. Deux lettres malhabiles écrites à l'encre bleue.




Les autres épisodes de ma vie musicale sur Duclock :
Héritage & Industrie (épisode 1)
Boys Boys Boys (épisode 3)
Musiques et Images (épisode 5)
Premières munitions (épisode 6)
Fin des années 80 (épisode 7)
Place de ma mob (épisode 8)
Solitude et bande originale (épisode 9)
Ce que Nirvana me disait (épisode 10)

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