eXistenZ, film dense

eXistenZ mélange diverses scènes de films de genre

Il me semble que le but du film de genre est de nous raconter une histoire qui nous prend par la main tout en faisant passer un message ou un point de vue sur la thématique traitée. Le contrat me paraît assez simple : il ne faut pas que le spectateur s'ennuie et il doit croiser quelques scènes dont il a l'habitude. Le genre c'est un peu comme une bonne paire de chaussons moelleux, tu y rentres pour être bien, eXistenZ remplit le contrat.


Un jeu
Jeu de rôle par le truchement de consoles à l'allure organique, ici l'univers du jeu n'est pas "réel" mais il "existe". La console de jeu (le game pod) est sensuelle. La façon de se connecter à l'aide d'un bioport sera l'occasion de quelques allusions érotiques, les éléments ont quelque chose d'animal, comme le revolver fait d'ossements. Nous ne sommes pas dans un univers de pixels ou de 3D.
Le jeu se déroule avec ce qu'il comporte de bugs, de flottements, de niveaux à passer et de scènes pré-établies... comme pour le cinéma. On peut alors se poser quelques questions : quelle est la latitude des personnages ? Leurs possibilités d'interactions avec le jeu ? Leurs possibilités de choisir ? Et une fois sorti du jeu, que se passe-t-il ?

Ce jeu remet en question les règles de la dramaturgie tout en jouant sur des rebondissements pré-établis (le film suit le cours du jeu). Le duo Jennifer Jason Leigh (qui connaît l'univers du jeu) et Jude Law (qui le découvre) fonctionne très bien. La photo du film est remarquable, elle ne cherche pas à faire "vrai" ou "crue" ; un érotisme  à peine voilé plane. Il en résulte une oeuvre dense.


eXistenZ, Davis Cronenberg, 1999, 96 minutes.

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