Margin Call, Tensions & Discours



Tensions

J'étais parti voir un film de femmes en tailleur et d'hommes en costard avec des vues aériennes de New York. J'ai vu un film d'hommes en costard et de femmes en tailleur avec des vues aériennes de New York et il y avait aussi un chien. Il ne se passe pas grand chose dans Margin Call et pourtant il y a du suspense. La musique joue énormément dans le côté quelque peu oppressant du film qui avance de manière inquiétante vers une fin que l'on connait dès le début. Cette avance scénaristique que le spectateur a sur les protagonistes du film est un des ingrédients du thriller : le spectateur sait que la bombe est là, reste à savoir comment les personnages vont se comporter. Et même si l'on ne comprend pas tout techniquement (le film n'a pas pour but d'expliquer tous les mécanismes de la crise de 2008), la tension est là, enfermée dans une tour de métal, de béton et de verre où le compte à rebours de la fin d'un monde est annoncé.




Discours

Demi Moore, Paul Betany, Kevin Spacey, Penn Badgley, Zachari Quinto et Jeremy Irons, la palette d'acteurs est de haut vol et chacun incarne un personnage de la firme avec le discours et les questions qui vont avec sa place dans la hiérarchie. Les dialogues et la manière de filmer donnent aussi un petit côté plaidoirie et dénonciation (pas trop appuyé) d'un système où ce ne sont pas la parole et les arguments qui font pencher la balance mais l'argent. J. C. Chandor écrit et réalise un premier film prenant avec beaucoup de scènes réussies ; le final n'est pas sans rappeler la photo de Gregory Crewdson.



Sur la bourse et les traders, mais sur un tout autre ton rendez vous sur Fondu Au Noir pour le film Le Loup de Wall Street.

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