Raoul Vaneigem, l'État n'est plus rien, soyons tout, rue des cascades, 2010


Pour répondre à une invitation du Mouvement antiautoritaire pour une démocratie directe venu de Grèce, Raoul Vaneigem écrit un texte parce que "dans le texte écrit, le lecteur garde sa conscience et sa liberté de choix. Il peut relire, être d'accord ou non, il a le temps de réfléchir."


"Le consumérisme a vulgarisé une démocratie de supermarché où le citoyen dispose de la plus grande liberté de choix à la condition expresse d'en acquitter le prix à la sortie"

Le texte fait le constat que sous la pression des multinationales et de la mafia financière l'État ne garantie plus la survie, et que sa dernière fonction va vers la répression policière. Le texte propose que les personnes s'organisent elle-mêmes afin d'enfin devenir des être humains.

"Et devenir être humain signifie se nier comme esclave du travail et du pouvoir pour affirmer son droit de créer à la fois sa propre destinée et des situations favorables au bonheur de tous."

Le texte fait le pont entre La Boétie et les Zapatistes du Chiapas en passant par l'expérience des communautés de quartier à Oaxaca (Mexique). En citant Roger de Bussy-Rabutin "Dieu est toujours du côté des gros bataillons" il propose "Ni guerrier, ni martyr"... et de jouer sur des terrains où on ne nous attend pas.

"De quel recours disposeront-ils à l'encontre d'un mouvement collectif qui décréterait la gratuité des transports en commun, qui refuserait de payer taxes et impôts à l'État-escroc pour les investir, au bénéfice de tous, en dotant une région d'énergies renouvelables, en rétablissant la qualité des soins de santé, de l'enseignement, de l'alimentation, de l’environnement ?"

La vie s'écoule, Raoul Vaneigem


Le texte est accompagné de six questions/réponses à Raoul Vaneigem rédigées par Javier Urdanibia.

Raoul Vaneigem, l'État n'est plus rien, soyons tout, rue des cascades, 2010, 47 pages, 6 euros.

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