Claudio Milano, l'interview



Claudio Milano est de ceux qui se fabriquent leur genre et leur style ; il aborde la musique, le théâtre et le cinéma... son principal instrument est la voix, une voix lyrique et il possède aussi une grande connaissance de l'histoire de la musique. Vous pouvez écouter et voir des extraits de ses projets musicaux sur son Myspace. Nous espérons voir et entendre Nichelodeon du côté de Nantes, l'interview que vous allez lire à été réalisé par échange de mails.


Dj Duclock : Bonjour Claudio, ta voix est ton instrument, peux-tu nous raconter ta première rencontre avec le chant ? Le premier son dont tu te souviennes ? La première chanson que tu as chantée ?

Claudio Milano : J'ai commencé à chanter quand j'étais enfant, puis j'ai fait des vocalises plus tard, quand j'avais treize ans. Je ne me rappelle franchement pas la première chanson que j'ai chanté, je suppose que ça a été quelque chose d'épouvantable. Le seul souvenir que je veux garder c'est moi, à l'âge de quatre ans, montant sur scène pour chanter Heroes de David Bowie ; l'avantage d'avoir des grands frères c'est que vous avez la chance d'avoir de la bonne musique à la maison.

Si tu devais décrire en 10 chansons ton approche de la musique, lesquelles choisirais-tu et pourquoi ?

Velvet Underground, Venus in furs : sinueux et sournois comme un serpent, ça empoisonne doucement.

Nico, Mütterlein : une écriture suspendue dans le temps, entre l'ancien et le moderne. Une inflexion mouvante sur une base harmonique faite de polyphonie dissonante.

Tim Buckley, Lorca : le développement des phrases musicales jusqu'à la douleur, presque la dissolution, dnas les profondeurs. Le chant de l'âme.

Peter Hammill, A louse is not a home : théâtralisation vocale et hystérie instrumentale ; le sentiment de claustrophobie et la déconstruction dans la notation musicale. L'attention obsessionnelle au timbre de voix.

Léo Ferré, Avec le temps : savoir comment écrire un texte qui soit à la fois d'un réalisme cru et une métaphore qui vole haut. Le soin pour les images profondes et sophistiquées, immédiatement marquantes.

Dead Can Dance, Mesmerism : un sens du contemporain, tribalisme sabbatique.

Diamanda Galas, Wild women with steak-knives : liberté d'exécution dans l'utilisation de la voix comme d'un instrument ; la déconstruction du mot, l'infection de l'électronique.

Scott Walker, Hand me up : un son contemporain, l'attention à l'environnement sonore, l'obsession rythmique et les suspensions.

King Crimson, Starless : la douceur mélodique et l'obsession pour les formes.

Nina Simone, Wild is the wind : l'intensité de l'expression d'un but, le sentiment de perfection formelle.






Hey, sacré concert ! je ne connais pas Peter Hammill... Je trouverai sa musique. Claudio, tu travailles avec la musique, le théêtre et la vidéo, peux-tu nous dire quelques mots de Nichelodeon ?

Nichelodeon est un atelier multimédia ouvert aux expériences artistiques de tous genres réunis par un simple lien : la musique. Jusqu'ici des comédiens, des réalisateurs, des peintres, des sculpteurs, des graphistes et des photographes ont participé à nos spectacles et nos productions, chacun d'eux avec sa contribution en partant d'une idée maîtresse : leur expression ne doit pas être didactique en ce qui concerne le son. Tout le monde va dans sa propre direction à partir d'un thème, une impression commune, et puis nous nous rencontrons en cours de route en participant à des performances qui sont ouvertes à plusieurs interprétations. Les Nichelodeon en tant que musiciens sont sept enfants dans une chambre, laissés seuls pour casser leur instrument avec un professeur, la Musique, que nous nous plaisons à imaginer volontiers résignée.

Ça a l'air bon ! J'espère qu'on pourra vous voir en France un de ces jours ! Qu'est ce que tu écoutes en ce moment ?

J'espère que je pourrai bientôt jouer en France, c'est le pays qui a fait le mieux reçu la musique du Nichelodeon, avec l'Allemagne.
Voici les choses que j'ai écouté avec le plus de plaisir dans les 7 derniers jours : Real de Davide Riccio, Defeated songs par The Mantra of ATSMM, Memorie disperse de Karma in auge, My father will guide me up a rope to the sky par les Swans, la production de l'artiste italien Franco Battiato et son Factory (de Capo Nord par Alice et Energie par Giuni Russo, au dernier, Non conosco nessun Patrizio ! par Milva), Swanlights d'Antony and the Johnsons, Cattive abitudini de Massimo Volume, La macarena su Roma de Iosonouncane, L’abito de Alessandro Grazian, le travail choral de Penderecki, des chansons italiennes des années 50 et 60.

Que lis-tu en ce moment ?

Je ne lis jamais un seul livre à la fois, mais plutôt plusieurs livres en même temps. Tout de suite je me régale avec La mort à crédit de Céline, Songs of Chaos d'Antonio Moresco, Les bienveillantes de Jonathan Littell, le Lotus Sutra et pour la cinquième fois je lis Una particolare forma di anestesia chiamata morte de Matteo Galiazzo.

Quelle est ta dernière surprise ? La dernière fois que tu as été surpris ?

Me rendre compte que, si je le veux vraiment, je peux m'approprier n'importe quelle chanson en l'interprétant comme je la ressens, sans parti pris et en y prenant plaisir. Pendant des années je n'ai chanté que ma musique, mais pendant ces derniers mois j'ai aussi recommencé à chanter pour le plaisir, en acceptant des collaborations et aussi en me consacrant à des chansons "faciles", en faisant des reprises, comme quand j'étais enfant, sans aucune gêne. Le plaisir d'étudier, l'intérêt pour les genres musicaux inexplorés et la musique comme un jeu sont revenus, et aussi le plaisir de chanter avec le sourire et pas juste donner la parole à mon obscurité intérieure. Peut-être que cette nouvelle expérience ouvrira de nouvelles pistes à mon écriture et amènera ma musique et le Nichelodeon vers d'autres gens...

Nichelodeon, CINEMANEMICO DVD (Video demo), 1ère partie.


L'Interview de Claudio Milano en VO


Dj Duclock : Hi Claudio, your voice is your instrument, can you tell us your first meeting with vocal ? The first vocalise you remember ? The first song you have sang ?

I started performing when I was a child, then I first vocalized later on, when I was thirteen. I honestly dont’t remember the first song I sang, I guess it must have been something terrible. The only memory I wanted to keep is that of me, aged four, going on stage to sing “Heroes” by David Bowie; the benefit of having older sibilngs is that if you are lucky there’s good music around the house.

If you had to describe in 10 songs your approach of music, which one would you chose and why ?

Velvet Underground: “Venus in furs”: Sinuous and sneaky as a snake, it poisons gently.

Nico: “Mütterlein”: A writing suspended in time, between the ancient and the modern. An unstable singsong on an harmonic foundation made of dissonant polyphony.

Tim Buckley: “Lorca”: the expansion of the musical phrases up in agony, almost to dissolution, in the depths. The song of the soul.

Peter Hammill: “A louse is not a home”: Vocal theatricalism and instrumental hysteria; the sense of claustrophobia and the deconstruction in music notation. The obsessive attention to the timbre of the voice.

Léo Ferré: “Avec le temps”: knowing how to write a text that is both raw realism and metaphor that flies high. The attention to deep and sophisticated images, immediately impressive.

Dead Can Dance: “Mesmerism”: A sense of contemporary, sabbatical tribalism.

Diamanda Galas: “Wild women with steak-knives”: performative freedom in the use of voice as an instrument; the deconstruction of the word, the contamination with electronics.

Scott Walker: “Hand me up”: the sound of contemporary, the attention to sound environment, the rhythmic obsession and the suspensions.

King Crimson: “Starless”: the melodic sweetness and the obsession for the geometries.

Nina Simone: “Wild is the wind”: The intensity of expression as a purpose, the sense of formal perfection.




Hey, great gig ! I don't known Peter Hammil... I gonna find some music about him. Claudio, you work with music, theatre and film, can you tell us a few words about Nichelodeon ?

Claudio Milano : Nichelodeon is a multimedia workshop open to artistic experiences of all kinds linked by a single bond: music. Up to know players, video makers, painters, sculptors, graphic designers and photographers have participated to our shows and our productions, each of them with their contribution and starting with a key assumption: their expression must not act didactic in relation to sound. Everyone is moving in his own direction starting from a theme, a common impression, then we meet along the way contributing to performances that are open to different interpretations. The Nichelodeon as musicians are seven children in one room, left alone to smash their instruments with a teacher, Music, that we like to imagine happily resigned.

Sound Good I hope that we can see you in France one of this time ! What do you listen to this days ?

I hope I will soon be able to play in France, it’s the nation which has best greeted the music of Nichelodeon, together with Germany.
These are the things that I have listened to with more pleasure in the last 7 days: "Real" by Davide Riccio, "Defeated songs" by The Mantra of ATSMM, "Memorie disperse" by the Karma in auge, "My father will guide me up a rope to the sky"by the Swans, the production of the Italian artist Franco Battiato and his"Factory"(from"Capo Nord" by Alice and " Energie" by Giuni Russo, to the latest,"Non conosco nessun Patrizio!" by Milva),"Swanlights" by Antony,"Cattive abitudini" by Massimo Volume, "La macarena su Roma" by Iosonouncane,"L’abito" by Alessandro Grazian, the choral works of Penderecki, Italian songs of the 50 and 60.

What are you reading now ?

I never read a single book at a time, but more books at once. Right now I'm going in for "Death on credit" by Céline, the "Songs of Chaos" by Antonio Moresco, in "The Kindly Ones" by Jonathan Littel, the "Lotus Sutra" and for the fifth time I'm reading "A small form of anesthesia called death " by Matteo Galiazzo.

What is your last surprise, the last time you were surprised by something ?

Finding that, if I really want to, I can make any song my own by interpreting it as I feel it, without bias and taking delight in it. For years, I've been singing only my own music, but in the last months I also restarted to sing for its own sake, accepting collaborations and also dedicating myself to "easy" songs, singing cover to cover, like when I was a kid and without any embarrassment.
The pleasure to study, the attention to unexplored music genres and to music as a game are born again, and also the love for singing with a smile and not just to give voice to my inner darkness.
Maybe this new experience will open new ways for my writing and wil bring my music and that of Nichelodeon to other people...

Nichelodeon, CINEMANEMICO DVD (Video demo), 2ème partie.


Photo Claudio Milano et Nichelodeon : Service de Presse

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