Le vent du boulet, Fabrice Nicolino


Fabrice Nicolino n’est pas un auteur connu dans le paysage du polar. La 4e du couv' nous apprend qu'il en a commis un voilà 22 ans, Jours sang (Fleuve Noir). Plus récemment, il s'est frotté à l'industrie de la viande avec Bidoche (Les liens qui libèrent), et avant aux Pesticides (Fayard). On retrouve plein d'informations sur le site de ce journaliste.

Avec Le vent du boulet, Fabrice Nicolino signe un roman d’enquête aux bases classiques. Un journaliste, un avocat, un flic et une femme (presque fatale) se retrouvent autour d’une affaire : l’explosion d’un immeuble qui a fait quelques morts et blessés. L’auteur évite l’écueil de la banalité qui touche assez souvent les polars de ce genre. Tout d’abord, le héros n’existe pas. Ses personnages sont des êtres somme toute assez faibles, des hommes et des femmes qui tentent de respecter des principes sans que leurs actes suivent. Nicolino réussit à rendre son histoire touchante, à l’aide d’un style familier, parfois lourd et trop fleuri, mais qui d’autres fois passe les bonnes émotions.

L’environnement politique de l’enquête, porté par Napas – journaliste plutôt de droite et nationaliste "n'oublie jamais que les nationaux dans mon genre préfèrent encore des Arabes debout à des Américains vautrés dans leur bouse et leur Coca"-, Frédéric - l’ex anarchiste de 48 ans - et Hartmann le commissaire garant de la justice "Avez-vous jamais pensé à ce que devient une organisation sociale gagnée par le tragique désordre auquel vos petits amis aspirent tant ?", donne lieu à des conversations intéressantes. On navigue dans le monde des truands, des militaires et de la politique, pas loin de ce qui ressemble à un complot. Et le journaliste en quête de vérité va mesurer s’il est véritablement prêt à aller au bout de ses convictions. Un roman qui répond bien à la question de savoir si le polar est optimiste. Un roman sincère, à lire.

Fabrice Nicolino, Le vent du boulet, Fayard Noir, 2009, 18,90 euros, 411p.

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