Un été grec d'André Fortin


C'est l'été, certains partent en vacances d'autres non, et quelques journées ensoleillées fleurent bon l'envie de prendre son temps. André Fortin, dans Un été grec, place son personnage dans la même situation. Juste avant de partir en vacances, le juge assiste à l'autopsie du cadavre d'un adolescent dont le décès par noyade l'intrigue. Mais il faut bien partir en Grèce, sa femme Billie a presque soigneusement tout organisé.

Chaque chapitre alterne le présent du Juge, ses vacances et son enquête en cours. Car même à l'ombre d'un arbre à siroter un "frappé", il reste en contact avec Juston, le flic de terrain. Et André Fortin nous raconte la Grèce, son histoire depuis la deuxième guerre, le fascisme, la dictature, un peuple entre silence et révolte. Deux adolescents illustrent cette période, à travers leur rencontre et leurs prises de position. Bien sûr on voit très vite les connexions passé-présent se faire, car enfin on se doute bien que l'auteur va relier les deux périodes. Mais finalement, pris par ces personnages, la bonhomie du Juge avec ses problèmes domestiques, et ce séjour dans l'histoire de la Grèce, on ne s'ennuie pas et on se laisse prendre au déroulé de l'enquête. A l'image du juge face à la confession du vieil Apostolos.

Je n'aime pas trop l'idée d'un roman "de saison", mais force est de constater que celui-ci s'y prête très bien. Par sa météo ensoleillée, son dépaysement, mais surtout, par ce qu'il nous dit des dangers qui toujours guettent une démocratie et sa justice.

André Fortin, Un été grec, Editions Jigal, 2009, 17 euros, 272p.

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