Thierry Marignac se souvient de cet air

Nous avons déjà parlé de Thierry Marignac sur Duclock pour ses romans Fasciste et Renegade Boxing Club. Et ça risque fort de continuer. Il est aussi au programme du numéro 3 de L'Indic, notre numéro de l'été particulièrement désaltérant. Laissons-nous entraîner dans un rade de Paris... avec Alan Vega et son hymne au rythme binaire.

Le juke-box était dans un coin du bar et tous les disques d'Iglésias étaient rayés. Quand une fan de l'étoile ibère mettait un de ses morceaux, le plus proche de l'engin lui mettait un coup de pompe.
L'air qu'on aimait démarrait mine de rien la nausée des matins où on commandait une bière - libres pour la journée. Le son grêle d'une guitare, bientôt hypnotique, soutenue d'une boîte à rythme. La voix était un hoquet gueule de bois sur des sonorités rauques - rares éclairs de la veille - dérapant vers la dissonance, brisée, entre la chute en vrille et le pas cadencé. Aussitôt recouverte par le ressac du son artificiel.
Dents de scie.
Plus tard, dans les premières flambées d'alcool, tout devenait mirifique, l'air connu prenait un autre sens, aussi obsédant : danse et possession de la silhouette guettée avec fièvre au coin du bar, roulement de hanches sur une volte chancelante :

Juke box babe, juke box babe, hum, hum hum.


Nom et Âge : Thierry Marignac, 51 ans
Titre de la chanson et interprète : Juke Boxe Babe, Alan Vega
Lieu et année du souvenir : Paris, Le soleil de la butte, 1980

Alan Vega, Juke Box Babe


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