Macbeth de Shakespeare, le remord rend fou

En prévision de l'étude et de l'écoute attentive du Macbeth de Verdi (et sûrement, plus tard des version d'Ernst Bloch puis Emile Goué) lisons donc le Macbeth de Shakespeare dans la traduction de Pierre Jean Jouve aux éditions Flammarion (quoi qu'Yves Bonnefoy en a aussi fait une éditée en poche). Les dialogues de la pièce de théatre, écrite à la fin du XVIème ou tout début du XVIIème siècle, sont particulièrement évocateurs et une ambiance très forte s'en dégage. Le thème du remord destructeur, du Mal - oui avec un grand M - qui ronge ceux qui s'y sont adonné est particulièrement bien rendu. Macbeth et Lady Macbeth s'épaulent et s'enfoncent dans un bourbier qui leur tape sérieusement sur le système nerveux.


Johann Heinrich Füssli, Lady Macbeth somnambule, 1781-84 (221X160cm)

La tragédie de Shakespeare aborde des thèmes qui semblent intemporels, malgré les personnages étranges des sorcières. On a ici le remord, la folie, le suicide, le tout pimenté de quelques massacres et rebondissements pas piqués des hannetons. On se prend, à la lecture de quelques vers, à faire défiler tout un paysage dans sa caboche. On pose le livre après une tirade et on imagine toute une histoire. La concision de la pièce laisse libre cours à de longues interprétations.

Et avant de se pencher plus en détail sur Macbeth de Verdi écoutons un instant Zeljko Lucic (Macbeth) et Maria Guleghina (Lady Macbeth) dans l'Acte I Scène 2 où une fois le meurtre commis, Macbeth arrive le poignard sanglant à la main... pour un superbe duo avec Lady Macbeth.



Notons au passage qu'au cinéma la pièce de Shakespeare a donné lieu en 1948 au Macbeth d'Orson Welles ; en 1957 Akira Kurosawa s'empare du thème pour Le Chateau de l'araignée et en 1971 c'est Roman Polanski qui porte Macbeth à l'écran. On n'a pas finit d'en causer...

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